Les chiffres s’en mêlent

Documents associés

A côté des statistiques que vient de publier le CNV, d’autres ressources chiffrées sont disponibles sur le spectacle en musiques actuelles. Elles permettent de confronter les approches et les données sur le secteur.


À l’origine, la demande des professionnels de disposer de chiffres sur le spectacle musical avait trouvé écho auprès de la Concertation nationale sur les musiques actuelles [1] . Une enquête statistique nationale, commanditée par le Gemap [2] dans le cadre de la Concertation, a été réalisée en octobre 2005 par Gérôme Guibert [3] :

"Economie et emploi des structures de musiques actuelles et populaires dans le secteur du spectacle vivant"

Avec l’annonce au ForuMa [4] de la création d’un Conseil supérieur des musiques actuelles (CSMA) [5] reprenant les missions menées par la Concertation jusqu’alors, seules les « premières données » issues de cette enquête ont été publiées. Les chiffres du CNV s’inscrivent dans le prolongement de cette enquête, le CSMA ayant été sollicité pour piloter les prochaines études à réaliser par le CNV.


Face au peu de données disponibles sur son secteur, La Fédurok [6] a développé depuis 5 ans des outils de connaissance approfondie des réalités de ses adhérents. Elle a ainsi publié en avril dernier un document qui fait le point :

"L’observation participative : une méthode proposée par La Fédurok"

Ce texte rappelle les enjeux de l’observation (maîtrise de l’information, économie d’échelle, connaissance et structuration collectives, évaluation...). Il explique la méthode proposée, qui s’est constituée sur celle de l’opération « Tour de France » qui, dès 1999, a permis de mettre en place un système d’information en réseau interactif et permanent entre les membres de la fédération. Aujourd’hui, l’observation participative s’appuie sur des outils informatiques spécifiques comme CooPalis (logiciel d’enquête), et des modules complémentaires, notamment cartographiques comme Localis.
De cette manière, la Fédurok propose de produire collectivement, et de manière indépendante, des outils statistiques prenant en compte l’activité des petits lieux et organisateurs de spectacles.


D’autres documents sont également des sources utiles. Par le biais d’une entrée spécifique (acoustique, billetterie, licence), ils délivrent des renseignements complémentaires aux chiffres du Gemap et du CNV.

Suite au décret « Lieux musicaux » [7] de 1998, la Mission Bruit du Ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement a commandé à l’Irma une étude réalisée par Olivier Bais et Gilles Castagnac :

"Acoustique & environnement des salles de spectacles en France"

À travers un questionnaire envoyé aux salles répertoriées dans la base de données de l’Irma, la typologie des salles fut interrogée. Au-delà de ce qui touchait directement à l’environnement sonore des lieux, les types de programmations, de contrats, de financements... furent renseignés. Depuis cet "Etat des Lieux 1999", les choses ont évolué. Le décret de 1998 est en cours de révision, et l’association Agi-Son (Agir pour une bonne gestion des nuisances sonores) s’apprête à lancer une nouvelle étude afin d’analyser le comportement des salles face à la gestion actuelle de ces risques.


Le Ministère de la culture et de la communication a aussi publié des chiffres, en commençant par les « Chiffres-clés de la culture » [8] édités chaque année.
Deux documents, se rapportant au spectacle vivant dans son ensemble, peuvent aussi être mis en confrontation/adéquation avec celui publié par le CNV :

"L’économie de la billetterie du spectacle vivant"

(octobre 2004)
L’étude confiée par le DEP au cabinet Ithaque repère les pratiques et les stratégies des lieux de diffusion en matière de réservation et de vente de billets. Elle s’intéresse plus particulièrement aux choix de canaux de diffusion et aux recours éventuels à des opérateurs spécialisés.

"Analyse du dispositif de délivrance des licences d’entrepreneurs de spectacles"

(mars 2005)
Ce rapport de S.Kancel et de D.Chavigny (Inspection générale de l’administration des affaires culturelles) revient sur la procédure d’attribution des licences, tente d’évaluer le dispositif et formule des pistes afin d’améliorer la procédure.


Pour envisager le poids économique du secteur des musiques actuelles dans sa globalité, les chiffres du spectacle musical sont aussi à coupler avec ceux produits par le Snep/Ifpi [9] ou par l’Observatoire de la Musique [10] en matière de musique enregistrée (disques, tous supports, musique en ligne).
Si les interconnections entre les outils de développement « scènes et disques » sont constantes dans une démarche de création artistique, ce n’est pas encore le cas dans une approche chiffrée globale du secteur musiques actuelles...


[1La Concertation Nationale pour les musiques actuelles réunissait représentants des professionnels du secteur, associations d’élus (ARF - Association des Régions de France et FNCC - Fédération des Collectivités Territoriales pour la culture notamment) et DMDTS (Ministère de la culture).

[2Le Gemap rassemble la Fédurok, la FAMDT, Zone Franche, l’Afijma, la FSJ, Technopol, le Prodiss, le Synapss, MMFF, le Syndeac et la Fneijma.

[3Docteur en sociologie, Gérôme GUIBERT effectue ses recherches dans le champ des pratiques culturelles et plus particulièrement des "musiques actuelles ".

[4Premier Forum national des musiques actuelles, qui s’est tenu à Nancy les 5, 6 et 7 octobre 2005. http://www.foruma.fr/

[5Le CSMA est "institué auprès du ministre chargé de la culture" et sa composition reprend largement celle de la Concertation nationale : ministère de la Culture, CNV, Irma, collectivités territoriales (AMF, ADF, ARF, AMGVF, FNCC, Andac), syndicats (FNSAC-CGT, Prodiss, Syndeac, Synapss, Snep, Upfi, CSDEM, MMFF) et fédérations (Afijma, FAMDT, Fédurok, Férarock, Fneij-ma, FSJMI, Réseau Chaînon, Technopol, Zone Franche).

[6Fédération nationale de lieux de musiques amplifiées/actuelles

[9Le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) publie chaque année "L’actualité du disque" ; La Fédération internationale de l’industrie phonographique (Ifpi) publie quant à elle chaque année un rapport sur le marché de la musique en ligne

[10Retrouvez ces documents sur le site de l’Observatoire de la Musique en cliquant ici


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