JAZZ EN FRANCE
Jazz en chiffres

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A l’occasion de la parution de Jazz de France, nous souhaitons donner un coup de projecteur sur le jazz aujourd’hui dans notre pays. La publication de cette base de données (6 000 fiches et plus de 10 000 contacts) permet un "focus" en chiffres sur la situation exacte, secteur par secteur, des musiques improvisées, mais aussi des musiques cousines (blues, gospel) ou voisines (salsa) dans l’Hexagone en 2006.

Les Musiciens

Alors qu’ils n’étaient que 500 en 1986, Jazz de France recense en 2006 près de 3 000 artistes (en grande majorité masculins, mais ça bouge avec l’arrivée de nombreuses jeunes femmes dans ce bastion du machisme) mais aussi groupes et grands orchestres.
Sachant qu’un certain nombre de musiciens ont pu échapper aux mailles de notre filet et qu’un groupe comprend plusieurs improvisateurs, on peut extrapoler et ainsi estimer raisonnablement la population des musiciens de jazz autour de 5 000 individus. Combien vivent de leur art ? Combien sont intermittents ? Il est très difficile de répondre à ces questions. Le cachet moyen dans les clubs parisiens étaient il y 20 ans de 500 francs (76 €). Il est aujourd’hui de ...100 €. C’est dire que la situation s’est plutôt aggravée qu’améliorée. Le cachet moyen d’un musicien de jazz pour un concert (hors tête d’affiche) se situe dans une fourchette entre 300 et 750 €.
Il n« existe en France que 1 500 musiciens salariés permanents. Ils appartiennent quasi exclusivement à la famille de la musique classique, symphonique et contemporaine.
Une donnée géographique intéressante et révélatrice de la force attractive de la Capitale : 1 400 musiciens de jazz sur 3 000, soit près de la moitié, sont domiciliées en Ile-de-France.
Autre donnée, plus anecdotique : on recense sur le territoire de Montreuil une bonne soixantaine de jazzmen. Un record pour une ville de la périphérie de Paris

L’aide de l’Etat en faveur du jazz

« Toutes les musiques sont égales en dignité et nous avons à leurs égards une égalité de devoir » déclarait en 1982 Maurice Fleuret, directeur de la Musique du premier ministère Jack Lang.
Conséquence : enfin l’Etat consentit à aider le jazz mais aussi la chanson, le rock et les
musiques traditionnelles.
Évolution du budget annuel en faveur des musiques improvisées :
JAZZ EN FRANCE Jazz en chiffres En 1982 : 2 300 000 francs (350 632 €)
- En 1992 : 17 600 000 francs (2 683 102 €)
- En 1997 : 23 700 000 francs (3 613 041 €)
- En 2005 : plus de 4 millions d’euros dont près d’1, 1 million en crédits centraux et 800 000 au seul Orchestre National de Jazz (ONJ). Les quelques 3 millions restants sont des crédits déconcentrés affectés aux conservatoires, écoles associatives, résidences et aides aux grands ensembles et collectifs.

L’enseignement du jazz

L’explosion la plus spectaculaire des vingt dernières années est sans conteste l’enseignement du jazz dans les conservatoires. Quelques chiffres le prouvent : au début des années 80, il n’existe qu’une unique classe de jazz dans un Conservatoire National de Région (CNR), celle créée à Marseille en ...1964 par le pionnier Guy Longnon, et deux en Ecoles Nationales de musique (ENM), celle de Didier Levallet à Angoulême et celle d’André Jaume en Avignon.
C’est tout.
En 1982 le Centre National d’Action Musicale (CENAM) publie une première enquête exhaustive : sur 160 établissements publics, 48 proposent des « activités » autour du jazz dont 34 classes de jazz proprement dites.
En 1990, on constate un bond en avant impressionnant. Sur un total de 3 300 conservatoires, on dénombre 18 classes de jazz en CNR, 65 en ENM et 100 en Ecoles Municipales de Musique (EMM), soit un total de 183.
En 2002, suite à une enquête des publics au sein de la DMDTS, on apprend que le jazz est enseigné dans 252 établissements publics. Cela signifie que trois écoles sur quatre (72 %) déclarent offrir un enseignement jazz ou des activités d’ensembles constitués. Le jazz est désormais présent, sous une forme variable, dans 80 % des ENM. Qui eut cru un tel chiffre en 1985 ?
Même si les élèves de jazz ne constituent que 3 % des inscrits dans les conservatoires, ils représentent près de 10 000 élèves et mobilisent plus de 600 professeurs de jazz dans le seul domaine public, dont plus d’un tiers possède le Diplôme d’Etat (DE) de jazz.

La diffusion

Jazz de France recense 1 665 lieux de diffusion.
Soit : 460 salles de moins de 400 places, 360 salles de plus de 400 places, 370 associations et services culturels et ...470 festivals de jazz, blues et musiques improvisées et cousines.
Gros plan sur le phénomène festivalier : en 1975, la France ne comptait que 5 festivals de jazz. On peut les nommer : Antibes, Nice, Nancy, Châteauvallon et Paris.
En 1980, on n’en dénombre à peine 25. En 1985, premier bond en avant, on passe la barre des 100 ! Dix ans plus tard, on en compte 210 ; en l’an 2000, 285 ; en 2002, 340 ; en 2004 près de 400, et en 2006 ...470 manifestations autoproclamées « festivals de jazz ». Le chiffre de 500 n’est pas loin, chaque ville, grande ou moyenne, souhaitant avoir « son » festival.

Des chiffres en vrac

Jazz de France recense : 50 collectifs, 22 concours et tremplins, 175 agents, tourneurs et promoteurs, 115 journalistes « de » jazz, 35 revues spécialisées dont 6 exclusivement jazz, 140 labels, 25 distributeurs, 60 photographes et illustrateurs, 30 attachés de presse spécialisés, 80 radios locales privées dont trois 100% jazz (TSF, Swing FM et Fréquence jazz), plus de 5 000 emails dont 2 500 d’artistes, et 3 500 sites web, etc.

Pascal Anquetil


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