DES FORMATIONS AU COEUR DU METIER<BR>Des années de formACtion

Publié le mardi 6 février 2007

Article

Depuis le début des années 90, les formations du CIR puis de l’irma ont accueilli des milliers de stagiaires. Pionnier et défricheur des formations sur les métiers de la musique, notre centre d’information et de ressources collabore avec des dizaines de formateurs dont beaucoup de professionnels en exercice.
Un credo : la mutualisation du compagnonnage, la connaissance des règles communes, et la nourriture du face à face pédagogique. Une manière de rester en prise avec les réalités du secteur.

L’inscription des formations dans le projet global de l’Irma est un élément fort du développement et de l’image de la structure auprès des acteurs du secteur, qu’ils soient professionnels ou amateurs. Cette dimension, un peu particulière pour un Centre d’Information, a permis d’instaurer avec son public une relation de proximité, en prise avec les réalités concrètes de l’action et les contraintes du fonctionnement économique de ce domaine artistique.
En retour, la place centrale qu’occupe l’Irma dans le domaine des formations sur le secteur des musiques actuelles n’est plus à démontrer. Son rôle historique dans la construction et la diffusion de modules liés à l’environnement administratif, juridique, économique de l’artiste, ou aux développements de cursus longs et qualifiants, lui donne une réelle légitimité sur ce champ. Sa confrontation avec un nombre important de stagiaires ou de candidats, sa relation aux nombreux intervenants lancés sur le terrain de la pédagogie et pour la plupart recrutés dans le monde professionnel, son travail partenarial avec de nombreux organismes du secteur lui confèrent une expérience et une expertise unique et singulière.

La parallèle de l’outil

Dès la création du CIR en 1986, la question de la formation s’impose comme une évidence pour répondre à une demande pas toujours formulée. Il s’agit également de donner à la diffusion de l’information une dimension différente de celle proposée par l’édition et la publication d’ouvrages spécialisés. En travaillant ce vecteur de diffusion, le CIR puis l’Irma se dotent d’un outil parallèle et complémentaire à la puissance de l’écrit : le face à face pédagogique.
Un des points remarquables du dispositif est la synergie avec la politique éditoriale du CIR. Au-delà de son annuaire, il commence à publier des guides thématiques sur les métiers de la musique, qui seront simultanément le concept d’entrée de la collection et des formations sous le titre de « Profession … ».

Bertrand Mougin (responsable des formations à l’Irma) : Les trois modules de départ ont vraiment été « Profession Manager », « Profession Artiste » et « Profession Organisateur » correspondant aux trois premiers guides pratiques publiés dès 1989. C’est l’installation d’un modèle (modules courts), sa diffusion, le défrichage puis le développement et la reprise par d’autres à partir du milieu des années 90…

Ces ouvrages sont les supports de cours et, dans un premier temps, fournis avec le stage. Ce lien étroit ne perdure pas, mais la relation entre les formations et les publications garde toute sa pertinence dans le rapport à la structure.

Pour comprendre la genèse de cet engagement dans la formation, la problématique du « management » d’artistes reste essentielle. En effet, de façon très exacerbée à l’époque, l’activité du manager apparaît fondamentale dans le développement d’une carrière artistique, mais incertaine comme « métier » et sa définition semble poser quelques problèmes.

Bertrand Mougin : C’est vraiment la question du management qui a tout enclenché, que ce soit pour notre partenariat avec Bertrand Ledoux et l’Inirep qui lançaient la formation longue d’Issoudun (Manager du Monde de la Musique) ou nos premiers stages courts (très rapidement diffusés en régions). Nous étions totalement pionniers.

Aujourd’hui encore, cette question reste au cœur de l’offre de formation, directement avec un module qui ne désemplit pas, indirectement à travers un partenariat entamé avec MMF France (syndicat français des managers) qui permet de renforcer cette offre en différenciant les approches.

« Nos formations participent de la structuration du secteur »

Interview de Gilles Castagnac, directeur de l’irma

Question : Comment se positionne la formation à l’irma ?
Gilles Castagnac : La formation est un des fondements de l’irma, ou plus exactement du CIR puisque c’est là que tout a commencé. L’idée de départ, c’était de faire gagner du temps aux gens. à ?à s’est donc aussi bien traduit par la construction et la mise à disposition d’un annuaire de la profession « L’Officiel (et aujourd’hui le woffi) « que par cette capacité des « métiers » à « s’expliquer sur eux-mêmes » .

Question : C’est-à -dire ?
Gilles Castagnac : Pour l’anecdote, le premier Officiel « qui a formalisé une nomenclature de « métiers » [1] « ouvrait ses chapitres par une rapide interview d’un des professionnels référencés. Des lecteurs, très intéressés, nous ont demandé d’organiser des rencontres avec ces professionnels. Nous n’avons fait qu’organiser et développer la réponse à ce besoin qu’exprimaient les acteurs du monde musical.
Plus globalement, il faut bien comprendre que tous les professionnels sont constamment sollicités pour transmettre leur savoir-faire. Comme ce sont des passionnés, ils le font avec plaisir, mais n’ont pas vraiment le temps et ces occasions sont rares y compris au sein de leur entreprise.
Pour autant, c’est une forme de compagnonnage qui participe de la dynamique, de la mémoire, de la solidarité et de la diversité de ce secteur. C’est cette logique que nous essayons de préserver.

Question : Mais une formation ne se limite pas à raconter un métier !
Gilles Castagnac : Évidemment non, nos formations s’appuient sur les réglementations, les textes, le droit et les droits, les compréhensions de marché, l’étude contractuelle et des rapports entre les acteurs, etc. Mais tout cela ne peut être désincarné. C’est pour cela qu’il y a beaucoup de professionnels en exercice qui interviennent sur nos formations. Et ceux qui le font régulièrement sont ceux qui se sont pris au jeu en acquérant une assurance pédagogique et en construisant avec nous un « cours » parfaitement défini. La motivation est forte, notamment parce que ce sont des expériences humainement très riches, mais aussi très exigeantes [2].

Nous ne faisons pas de la formation pour le principe de faire de la formation, mais parce que c’est un élément de structuration du secteur. Aujourd’hui encore, il s’agit toujours d’organiser une rencontre entre ceux qui sont en recherche et ceux qui peuvent les aider à trouver des réponses ou leur permettre une meilleure compréhension de la filière et de ses composantes.
Et c’est bien de la formation professionnelle, car il s’agit de donner des clés à des gens qui ont déjà une pratique. En fait, nous assurons un accompagnement sectoriel d’ensemble, même s’il se découpe « ou peut-être justement à cause de ça « en une multitude de petits modules thématiques facilement accessibles.

(...) La suite plus bas

La création d’un département des formations

Si la question de la formation est présente dès l’origine, l’existence et l’autonomie d’un véritable département a mis un certain temps à voir le jour. Les conditions matérielles et financières pour le mettre en place ont nécessité un certain nombre de démarches et d’arbitrages.
Dès le démarrage, le choix du cadre de la formation professionnelle paraît évident pour assurer le fonctionnement, bien qu’une partie du public de ces modules ne puisse en bénéficier. Ce cadre fixe ainsi des règles et des contraintes administratives qu’il faut assimiler, et l’organisation des formations prend son vrai départ au début des années 90.

Bertrand Mougin : Quand je suis arrivé au CIR en 1991, l’activité de formation était déjà lancée (la notification de la déclaration d’existence de la Formation Professionnelle date de 1990 ), mais elle était rattachée à la direction et ne disposait pas de personnel dédié. J’en ai donc été le premier responsable en titre et mon recrutement correspond à une montée en charge de l’activité, en particulier dans notre partenariat avec l’Inirep puisqu’il était nécessaire de se déplacer régulièrement à Issoudun.
En résumé on peut dire que les idées ont été agitées dès 88/89, construites et installées en 90, puis développées à partir de 91 …

Dès 90 le service met en œuvre sa communication pour commercialiser ses propositions. Le retour est immédiat et permet un lancement rapide.
Aujourd’hui, le département garde une dimension modeste. Il occupe deux personnes à plein temps (Bertrand Mougin et Marie-Laure Charmet), s’appuie aussi sur les capacités d’intervention d’autres personnes en interne (Marie-José Sallaber, Gilles Castagnac, Jean-Noà« l Bigotti...) et bénéficie des services généraux de la structure (facturation, administration sociale, communication, veille juridique et professionnelle…).

La construction d’une offre de formation

Très rapidement, la proposition s’est structurée autour de trois axes de travail. On les retrouve encore aujourd’hui avec une substantielle évolution quantitative de l’offre et qualitative de la démarche pédagogique. La modélisation du départ se trouve reproduite avec des écarts importants dans la nature des propositions. Ainsi, en 2007, l’offre de formation s’organise ainsi :

1. Modules courts : cycle modulaire organisé trois fois par an, en interne, dans le Centre de formation de Paris.
Chaque module a une durée comprise entre un et cinq jours et peut-être suivi isolément ou regroupé avec d’autres. En 2006, 26 actions (92 jours) ont été montées.
Ce cycle a profondément évolué depuis sa création pour aboutir, en 2007, à une proposition de 17 modules (44 jours de formation), particulièrement développée dans le domaine de l’administration du spectacle vivant.
Ce développement de l’offre a donné lieu à la mise en œuvre de nombreux partenariats avec des organismes professionnels (Sacem, Prodiss, MMF France, …) ou d’autres centres de ressources (Domaine Musiques, Sopref, Fcma, …). De nouvelles orientations sont à l’étude avec, en particulier, la question de l’exploitation numérique de la musique, pour laquelle des formules ont déjà été expérimentées. (Cf nouveaux modules ci-après).

Les formations proposées en cycles courts

- Profession entrepreneur de spectacles
-  La billetterie (avec le Prodiss)
-  Réseaux, diffusion, prospection
-  Travailler avec le Québec (avec la Sopref)
-  Les financements publics et professionnels (avec Domaine Musiques)
-  Traitement des salaires (approfondissement)
-  La réalisation artistique
-  Manager d’artistes (avec MMFFrance)
-  La diffusion internationale du spectacle
-  La gestion d’une association dans le secteur musical
-  La prévision budgétaire
-  La fiscalité des artistes et des auteurs
-  Les droits d’auteur et l’édition musicale
-  Formation à la sécurité pour l’obtention de la licence d’exploitant de lieux de spectacles (avec le Prodiss)
-  Profession producteur
-  Les assurances du spectacle
-  Profession manager
-  La création d’entreprise
-  Le statut de l’artiste

Plus d’informations sur les stages courts de l’Irma

2. Formations en partenariats : des partenariats avec des structures travaillant sur des missions similaires ou proches (Fcma, Cira, Domaine Musiques, Trempolino, Technopol, …).
Cette relation partenariale consiste à mettre à disposition de ces structures une ingénierie de formation sur la base du travail pédagogique effectué en interne. Travaillant sur un contenu adapté à la demande, l’Irma apporte aussi sa compétence en termes de prestation pédagogique (intervenants, logistique). Aucun de ces exemples ne s’est construit dans une démarche identique, et, ici, c’est la notion de "co-construction" que l’on peut avancer.
Depuis quelques années, ce savoir-faire est aussi recherché par les universités pour des enseignements sur des Masters ou par les Écoles de commerce dans des spécialisations culturelles (Audencia).
En dehors de ces partenariats suivis, l’Irma fournit aussi des prestations pour d’autres organismes de formation ( CNFPT, Mopa…) ou encore pour des entreprises (Intra).
L’ensemble de ces actions a totalisé 46 opérations (dont 20 conférences) pour 96 jours de formation en 2006.

Les formations proposées en partenariats extérieurs (en cours)

-  Le FAIR : Gestion de carrières
-  ACP La manufacture chanson de Paris : Professionnalisation Chanson
-  Adam 24 (Dordogne) : Management
-  Clefs pour les musiques actuelles : Conférences musicales
-  Domaine Musiques (Nord Pas-de-Calais) : Les financements ; Entrepreneur de spectacle
-  FCMA (Suisse) : L’exploitation numérique de la musique
-  Jardin Moderne (Bretagne) : Les financements professionnels
-  La Laiterie à Strasbourg : Manager
-  ODAC (Lot et Garonne) : Les contrats de la musique
-  SOPREF (Québec) : Travailler avec le Québec : outils et stratégies
-  Technopol : Organisation soirées musiques électroniques
-  Trempolino (Pays de Loire) : Développer un projet de production dans les musiques actuelles
-  Wallonie Bruxelles Musique (Belgique) : Manager : les métiers de l’industrie musicale

Plus d’informations sur les formations en partenariats

3. Formation longue : la coordination pédagogique d’une formation diplômante en partenariat avec le Centre d’Éducation Permanente (CEP) de l’Université Paris 10 Nanterre, « Économie et gestion de projets musicaux ».
Avec six éditions à son actif, ce stage s’est peu à peu installé comme une des formations sectorielles de référence, ouvert uniquement à la formation continue et accueillant un public adulte soucieux de se professionnaliser, de se réorienter ou encore de valider ses connaissances et ses acquis. Une sélection et un effectif de 22 stagiaires par an permettent d’accomplir un travail de formation plus complet en intégrant approche théorique et interventions pratiques, acquisition de connaissances et savoir-faire. Un stage pratique de trois mois fournit l’occasion d’une mise à l’épreuve, mais peut aussi se présenter, pour certains, comme une première phase d’intégration professionnelle. L’exigence et la rédaction d’un mémoire viennent clore et valider l’année.
En 2007, ce cursus a bénéficié du soutien de la région Ile-de-France.
Plus d’informations sur cette formation sur le site de l’Irma ou celui de Paris 10 Nanterre
Cette formation fait suite à la longue collaboration inaugurale de l’Irma avec les formations d’Issoudun (1989 « 2000).

Ces trois pôles d’activité constituent l’architecture du département et la cohérence de son activité.
Les grandes orientations de l’évolution du département reposent sur quelques facteurs :

- Identification des besoins et réflexion pédagogique
Un effort particulier est apporté pour la conception et la mise en place de nouveaux modules, dans la perspective de conforter l’offre et de répondre aux nouveaux besoins émergeant avec l’évolution du secteur. L’identification des besoins est analysée à partir de la demande du public, des besoins identifiés des entreprises mais aussi des travaux et observations d’organismes œuvrant sur l’emploi et la formation comme la CPNEFSV ou l’Afdas.

Bertrand Mougin : La première phase de construction s’est traduite, dans l’urgence, par la construction des modules de base liés aux principaux métiers. Ensuite, nous avons développé des modules complémentaires pour étayer chaque thématiques. Et depuis quelques années, nous avons replacé tout cela dans une cohérence d’ensemble qui permet de construire un parcours adapté à chaque demande.
Mais tout cela est en perpétuel mouvement et, par exemple, nous avons ces derniers temps considérablement étoffé l’offre liée au spectacle vivant. Nous pensons maintenant construire une offre liée aux nouvelles technologies.

Une réflexion est aussi menée sur la dimension pédagogique d’un travail qui cherche toujours ses équilibres entre apports théoriques et pratiques professionnelles.

- Des formations sectorielles et les relations avec les entreprises
L’inscription dans le champ des musiques actuelles est essentielle dans la conduite des actions de formation. La dimension sectorielle, valorisée par la connaissance des entreprises et des réseaux, fait partie intégrante de la transmission.

Bertrand Mougin : Nous sommes en relation avec les entreprises pour la recherche de stages pratiques des formations longues, mais aussi parce que nous faisons intervenir des professionnels et qu’à travers ces échanges nous construisons un tissu relationnel conséquent. Nous nous devons de cultiver un réseau pour fournir aux stagiaires un certain nombre de clés de compréhension du secteur. Notre position liée à l’intérêt général et non à des intérêts particuliers nous permet de rentrer dans le quotidien de la profession, d’être au courant de projets sans pour cela s’immiscer dans les affaires de chacun.

- Information et formation
Les deux notions sont intimement mêlées à l’Irma où la mission essentielle est celle d’un Centre de Ressources. La formation y est vécue comme vecteur de distribution de l’information impliquant une approche pédagogique originale.

Bertrand Mougin : L’offre de formation de l’Irma ne s’arrête pas au simple moment du stage. Elle est complétée par l’apport des autres services (une sorte de SAV) qui permettent au stagiaire d’approfondir et de préciser ses connaissances, de revenir pour consulter les conseillers, construire son projet ou poursuivre son but. Nous avons avec les stagiaires une forme de relation sur le long terme qui est très spécifique à notre positionnement.

- L’insertion professionnelle
Attentif à cette donnée essentielle, le département prend aussi en compte toutes les dimensions de la loi sur la formation professionnelle (formation tout au long de la vie, validation des acquis, enrichissement personnel, …).

Les formations "Backstage"

En créant "Backstage, les Coulisses d’un Festival", Trempolino et l’Irma ont construit, sur cette action, un partenariat qui a duré 10 ans. Mais ce montage singulier a bien sûr exigé la participation des festivals et des équipes qui ont accueilli ce stage. C’est donc une relation partenariale à trois qui s’est organisée, développant, à travers son principe d’immersion dans le Festival et son organisation, une dimension pédagogique originale.

Béatrice Macé
Directrice des Rencontres Transmusicales de Rennes

J’aime bien la formule (qui porte pas mal son nom d’ailleurs) car elle associe dans le même temps parole sur un sujet et immersion dans la pratique de ce sujet et elle rassemble certains éléments de notre quotidien : réflexion / observation / immersion / action…
Les personnes ont la possibilité de décoder tout de suite, de voir si le discours est en cohérence avec l’action
Les élèves semblent de plus en plus en situation de pratique et d’expérience et les questions se précisent
Ils sont devenus initiés !

Nouvelles orientations, nouveaux modules

Aujourd’hui, le développement de l’offre se concentre autour de deux orientations principales : l’encadrement et l’administration du spectacle vivant et les nouveaux modes d’exploitation de la musique.

Trois modules concrétisent particulièrement cette réflexion :

- Sécurité des lieux de spectacle agréé par le ministère de la Culture (arrêté du 26/11/2006) pour l’obtention de la licence d’exploitant (licence 1).
Programme en partenariat avec le Prodiss.
La gestion de la sécurité et la prévention des risques sont devenus des contraintes incontournables de l’organisation d’évènements. En investissant ces domaines, l’Irma assure la cohérence de sa mission d’intérêt général.

Formation à la sécurité pour l’obtention de la licence d’exploitant de lieux de spectacles

Risques et responsabilités ; Réglementation incendie ; Effets spéciaux ; Niveaux sonores ; Management de la sécurité

Durée : 5 jours

Conçu par Eric Joly (techninomades - Staff)

Intervenant : Patrice Morel (CFPTS, STAFF)

Plus d’informations sur cette formation

- Diffusion, prospection, réseaux
La maîtrise des réseaux de diffusion et les techniques de prospection et de commercialisation sont deux atouts majeurs pour imposer un artiste.
Quelques fondamentaux en communication et une bonne assimilation des cycles de programmation donnent à ce module une approche pragmatique du sujet.

Diffusion, prospection, réseaux

Structures et métiers de la diffusion ; Typologies des lieux de diffusion ; Diffusion et stratégie ; Diffusion et prospection (booking)

Durée : 2 jours

Intervenant : Jean-Luc Mirebeau (Bob Booking)

Plus d’informations sur cette formation

- Les exploitations numériques de la musique en partenariat avec le FCMA (Suisse)
L’évolution rapide du secteur exige de bien comprendre les enjeux de la nouvelle économie et d’être particulièrement réactif aux mutations du marché. Ce module propose quelques analyses permettant d’aborder le domaine avec prudence et circonspection.
Sur ces matières, une autre réflexion est entamée pour travailler la conception et l’accompagnement pédagogique d’un nouveau diplôme universitaire.

Les exploitations numériques de la musique

Economie de l’exploitation numérique de la musique ; Cadre juridique et situation des ayants droit ; Distribution numérique de la musique ; Pratiques culturelles et pratiques numériques

Durée : 2 jours

Intervenants : Aymeric Pichevin, Eric Mermod, Pascal Bittard, Olivier de Simone, Marc Benaïche, Xavier Filliol…

Les partenariats

La relation partenariale est essentielle dans la démarche de l’Irma, particulièrement au niveau du département des formations.
Historiquement, si le premier partenariat est établi avec l’Inirep dans la mise en place et le développement du stage « Manager du Monde de la Musique » à Issoudun, l’Irma n’a eu de cesse de multiplier ce type de liens pour déployer son activité. Cette caractéristique trouve sa justification dans le positionnement de l’Irma comme outil au service de la structuration du secteur. Les différentes constructions partenariales reflètent cet engagement d’ouverture à de multiples collaborations. N’ayant pas vocation à se développer comme organisme de formation, l’Irma, organisme de ressources, est un partenaire pour diffuser du contenu par l’intermédiaire d’un face à face pédagogique.

L’activité à l’international

Le Département des Formations a aussi développé une action internationale, naturellement orientée sur la Francophonie.
D « abord l’espace frontalier avec WBM en Belgique et le FCMA en Suisse puis, plus loin, avec la Sopref au Québec et le SNA en Acadie ou encore, plus au sud, avec DT 21 d’El Jem en Tunisie, Africafête au Sénégal, Acte 7 au Mali ou Musiques Nomades en Mauritanie.

L’accompagnement et l’orientation professionnelle

Plus récemment, le département a été habilité par l’ANPE pour travailler l’accompagnement des demandeurs d’emploi (artistes et techniciens du spectacle) à travers les dispositifs « Objectif Projet » et « Objectif Emploi ».
Prolongement naturel de son travail quotidien, l’Irma développe ici des compétences nouvelles qui lui permettent d’être au plus près des projets individuels.
Dans le même ordre d’idée, le travail avec les ACP La Manufacture Chanson (formation « Professionnalisation Chanson », agréée par le conseil régional d’Ile de France) marque une nouvelle direction de son activité, transférant son savoir-faire sur l’accompagnement d’artistes.

Les intervenants

Sur ce terrain, tout était à inventer. L’Irma a engagé, avec l’Inirep à Issoudun, un véritable travail de défrichage développant un cadre pour la formation de formateurs et fonctionnant comme un laboratoire dans la construction des contenus.

Bertrand Mougin : On commence à travers les premières expériences par « lancer » des formateurs qui sont des professionnels du secteur (Patrick Delamarre, Stéphane Le Sagère, Philippe Gaillard, Pascal Chevereau,…) tout en se faisant accompagner par des professionnels de la formation (Jean-Luc Charlot, François Boitard,…) pour installer la dimension pédagogique.

Liste (non exhaustive) des intervenants actuels dans les formations de l’irma

Philippe Audubert (resp. des formations à Trempolino) – Marc Benaïche (directeur de Mondomix) – Jean-François Bert (directeur de Tokata) – Jean-Noà« l Bigotti (resp. du CRD de l’irma) – Gaby Bizien (resp. Pôle régional musiques actuelles à Domaine Musiques) – Eric Boistard (directeur de l’Olympic) – François Boitard (formateur) – Christian Bordarier (directeur artistique chez Wagram) – Pierre-Marie Bouvery (avocat cabinet Orsay) – Emmanuel Braconnier (directeur de l’Aeronef) – Alain Brosseau (administrateur du Festi’Val de Marne) – Pascal Bussy (resp. de labels à Harmonia Mundi) – Luc Daniel (directeur de production) – Patrick Delamarre (directeur technique) – Julien Doyen (directeur technique) – Nicolas Dufournet (consultant marketing) – Jean-Pierre Gégauff (directeur technique) – Geneviève Girard (directrice d’Azimuth) – Frédéric Goldsmith (directeur juridique du Snep) – Sophie Harnay (maître de conférence en économie) – Ingrid-Méry Haziot (avocate) – Jean-Pierre Heintz (Dac de La Rochelle) – Thomas Jamois (resp. de Naïve éditions) – Eric Joly (formateur sécurité) – Claude Kargès (consultante) – Jean-Claude Karsenti (consultant) – Alain Laurenson (manager Makhno) – Gwenolas Le Bris (resp. communication des Transmusicales de Rennes) – Christiane Louis (resp. service d’informations musicales de la Cité de la Musique) – Béatrice Macé (directrice des Transmusicales de Rennes) – Yann Métayer (formateur sécurité) – Alexis Monier (directeur financier de Wagram) – Patrice Morel (directeur technique) – Jérôme Paul-Hazard (directeur de Nola Musique) – Gilles Rettel (directeur de Msaï) – Cendryne Roé (directrice de Nomades Kultur) – François Rouet (ingénieur de recherche au Deps) – Marie-José Sallaber (directrice-adjointe de l’Irma) – Christophe Soulard (consultant business management Mexican stand off) – Adriana Spinella (directrice du Dpt spectacle chez Dufaud assureur) – Philippe Teillet (maître de conférence) – Benoît Thiebergien (directeur des 38e Rugissants) – Marie-Hélène Vignes (avocate) – Alain Weber (directeur des Orientales) – Emmanuel Wallon (maître de conférence),…

Aujourd’hui, une grande partie des intervenants de ce secteur provient du terrain expérimental qu’a été Issoudun. Des intervenants s’y sont révélés (voir les interviews des intervenants ), d’autres n’ont fait qu’un passage éclair et sans lendemain.
Le recrutement des intervenants reste une étape essentielle dans la conduite du département. Sans personnel fixe et dédié, le service fait appel à des intervenants occasionnels, la plupart du temps, professionnels consacrant un temps à la transmission. Cette caractéristique pose le problème de la disponibilité des intervenants et, par conséquent, de la nécessité d’entretenir plusieurs équipes sur des thèmes similaires. Cette difficulté particulière est d’autant plus cruciale, que la stabilité des équipes pédagogiques est un gage de qualité puisqu’elle permet d’approfondir les contenus et leurs modes de transmission.
Les ressources internes peuvent fournir un apport ponctuel, mais restent insuffisantes pour couvrir l’ensemble des besoins, même si les récentes sollicitations provenant des Universités les ont largement développées.

Bertrand Mougin : S’il n’y a pas de règles pour choisir un intervenant, il y a, malgré tout, quelques principes. Mais, en général, cela commence par une demande spontanée du professionnel qui vient vers nous. C’est important, car le désir du face à face pédagogique est une motivation indispensable. On ne peut pas forcer quelqu’un à intervenir (en tout cas en situation de « formateur » ) et la compétence professionnelle n’implique pas nécessairement la capacité à transmettre. À partir de là , nous engageons une réflexion sur les domaines d’interventions. Je propose un cahier des charges à partir duquel il développe son déroulé d’intervention. Ensuite, il faut construire (ou confirmer) la capacité pédagogique, mais, pour les professionnels, cela ne peut se faire qu’en situation, sur le terrain… Pour nous, l’intérêt est d’avoir une relation stable et continue avec les intervenants afin d’améliorer sans cesse ce face à face pédagogique et pouvoir revenir sur la construction des contenus. Nous cherchons à instaurer un rapport de travail sur la durée.
Les bilans et les évaluations des stagiaires donnent aussi des indications précieuses sur cette matière à travailler.

La réflexion pédagogique est donc constante, tant sur la qualité des contenus et la capacité à les transmettre que sur l’organisation et l’ordre des différentes interventions sur un module. La construction du plan de formation et la progression pédagogique qu’il sous-tend sont des maillons importants dans le fonctionnement de la transmission.
Un autre point essentiel consiste à trouver les bons équilibres entre apports théoriques et pratiques professionnelles, mais aussi entre acquisitions de connaissances et acquisitions de savoirs faire. Cette tension permanente, qui est la marque même de la formation professionnelle, prend ici une dimension toute particulière tant la densité des connaissances à transmettre est importante.
Dans le même ordre d’idée, ces formations entendent favoriser la capacité à construire et transmettre du témoignage sur le fonctionnement des métiers.
Enfin, les principaux intervenants (Philippe Audubert, Jean-François Bert, Luc Daniel, Stéphane Le Sagère, Pierre-Marie Bouvery, …) sont aussi les auteurs des publications et des fiches pratiques de l’Irma, traduisant ainsi la cohérence globale du projet.

Le public et les caractéristiques de la demande

La demande est marquée par l’hétérogénéité des niveaux et des statuts des publics. Cependant une constante se dégage : leur motivation et leur volonté de développer des projets sur ce secteur (projets personnels, projets artistiques, projets professionnels). La notion de projet est centrale dans la relation de l’Irma à son public.

Concernant le cycle modulaire, le service enregistre plus de 300 inscriptions par an (correspondant à un nombre moins important de stagiaires si on tient compte des inscriptions multiples sur les différents modules du cycle).
Le bilan pédagogique et financier 2005 fait apparaître que :
- 60% ne bénéficient d’aucune prise en charge et financent individuellement (au sens de l’art L920.13 du CT) le coût de la formation
- 38% des stagiaires sont pris en charge par les employeurs (entreprises, associations, Opca dont majoritairement l’Afdas)
- 2% sont pris en charge par l’État ou les collectivités

L’essentiel du public est constitué d’individus cherchant à mieux connaître le cadre juridique et réglementaire, à mieux appréhender les fondamentaux concernant la gestion et l’administration, et à structurer une activité dans le cadre de pratiques personnelles ou associatives. La majorité du public, quel que soit le statut de chacun, ne trouve pas de financement et assume entièrement le coût du stage. Les tarifs pratiqués tiennent compte de cette situation.
Mais une part importante (près de 40%) de stagiaires sont financés par les employeurs, en particulier sur les modules plus techniques (édition musicale, assurances, budgets, sécurité). Cette caractéristique montre la place qu’occupe l’Irma pour la formation continue des salariés (au moment où ces lignes sont écrites, le module « Édition » accueille du personnel de Gallimard, l’Inpi, Pias, Gorgone, …). Les entreprises du secteur reconnaissent notre travail et envoient leur personnel, et nous avons aussi, souvent, les entreprises que montent les artistes.

Par ailleurs, l’implication locale reste importante puisque 75% des stagiaires sont basés en Ile de France, et plus de 35% sur Paris. Bien que ce type de modules se soit développé en régions, on trouve un assez grand nombre de stagiaires pour faire le déplacement sur Paris (25%). L’attractivité de ces stages est renforcée par la concentration des entreprises du secteur sur la région parisienne.

Sur ses actions extérieures, l’Irma a touché, en 2006, un nombre important de personnes (environ 350), et, d’une année sur l’autre, le chiffre des prestations est sensiblement identique à celui des productions internes.
L’appréciation de ce public est plus difficile car, ne contrôlant pas les inscriptions, le département des formations n’a pas toujours connaissance, avec précision, du statut des stagiaires.

Concernant le diplôme de Nanterre, la formation enregistre plus de 100 candidatures pour chaque session et doit donc opérer une sélection attentive chaque année. Sur les 22 stagiaires sélectionnés, plus de la moitié sont des salariés (du secteur et hors secteur) mettant à profit ce stage, soit pour se réorienter, pour avancer dans leur carrière, ou pour gérer un projet personnel faisant appel à des connaissances qu’ils n’ont pas (musiciens ou techniciens du spectacle qui ont des velléités de création d’entreprise par exemple). L’autre moitié sont des demandeurs d’emploi cherchant à intégrer le secteur, pour certains à la suite d’expériences associatives, pour d’autres dans une dynamique de spécialisation d’un parcours universitaire. Ces typologies de stagiaires produisent des groupes riches et variés dans lesquels le partage d’expérience joue un rôle non négligeable.

C’est donc avec un public partagé que l’Irma travaille : d’un côté des porteurs de projet que l’Irma accompagne dans l’élaboration et la mise en œuvre, de l’autre, des salariés, à qui le service assure une prestation de formation continue dans le cadre de leur fonction. Cette hétérogénéité des profils place ces publics dans une relation différenciée en regard de l’offre. Elle présente, pour le département des formations, une complexité d’approche dans la gestion de la demande.

« Nos formations participent de la structuration du secteur »

Interview de Gilles Castagnac, directeur de l’irma (suite et fin)

Question : Mais qui assiste à ces stages alors… ce ne sont pas que des professionnels ?
Gilles Castagnac : Tout dépend ce qu’on entend par professionnel. Je pense qu’en fait nous appliquons une définition qui est celle de la réalité de ce secteur. Il y a des entreprises et des gens en poste, mais il y a aussi des porteurs de projet… tout un univers de pratiques qui s’exprime dans l’associatif ou l’individuel et constitue la première infrastructure d’expression de nos musiques. C’est aussi là que les besoins d’acquisition de compétences s’expriment le plus facilement.
Ce travail, nous l’assurons en direct à l’irma, mais aussi en accompagnant d’autres opérateurs proposant des formations. Nous avons construit ici une « matrice de base » qui a fait plein de « petits » dans toute la France et c’est toujours gratifiant de voir les gens se présenter comme « formateurs irma » lorsqu’ils interviennent ailleurs.

Question : Mais tout cela ne participe-t-il pas du miroir aux alouettes et de la professionnalisation à outrance ?
Gilles Castagnac : à ?a n’est pas la même chose. Le miroir aux alouettes serait de laisser croire qu’on peut donner des recettes pour devenir une vedette du showbiz ou gagner plein d’argent avec la musique. Comme si cette notion avait un sens ! Il ne s’agit pas du tout de ça. On intervient sur des parcours. Il existe des dizaines de voies, des dizaines de positionnements… dans un même environnement global et une filière que tout le monde doit connaître. Par ailleurs, certaines personnes peuvent aussi s’apercevoir que tout ça n’est pas pour elles, et tant mieux si nous les avons aidées à le comprendre.
Pour la professionnalisation, oui… même si ce n’est pas « à outrance » . Nous ne formons pas des artistes, mais des gens qui les accompagnent. Ils sont déjà en activités et si, à l’issue du stage, ils le font de manière plus professionnelle, nous en sommes fiers. On pourrait nous dire qu’il n’y a pas de place pour tout le monde, mais ce serait raisonner uniquement en termes d’entreprise et de part de marché. La notion de projet est bien plus complexe que cela. C’est comme la compétence, cela nourrit le secteur, donc les entreprises déjà existantes.

Question : Justement, vous êtes en rapport avec elles ?
Gilles Castagnac : Bien sûr, elles savent ce que nous faisons, ne serait-ce que parce que, depuis le temps, les gens qui sont passés par nos stages travaillent un peu partout. Ces entreprises connaissent nos publications, utilisent notre base de données, notre service d’offres d’emplois, cherchent des stagiaires, connaissent nos intervenants,…
Encore une fois, tout cela participe de la structuration de ce secteur d’activités et notre volonté de proposer des formations s’inscrit dans la synergie d’ensemble proposée par un centre de ressources national.

Article rédigé par Bertrand Mougin


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