Upfi : la production musicale à l’heure de la conquête

Publié le mardi 31 mai 2016

Musique enregistrée

À trois jours de l’ouverture du Midem, l’Upfi tenait ce matin une conférence de presse pour présenter son plan d’action 2016-2017. L’occasion de rappeler l’importance du déploiement d’une stratégie globale et ambitieuse en faveur de l’exportation de la musique et du développement des artistes à l’international.

Vincent Frèrebeau et Jérôme Roger

L’Upfi (Union des producteurs phonographiques français indépendants) tenait dans ses locaux, ce mardi 31 mai, une conférence de presse. L’occasion d’insister sur le succès des productions françaises à l’export, et de rappeler l’importance du crédit d’impôt à la production phonographique, qui fête cette année ses 10 ans : "Ces succès doivent beaucoup au crédit d’impôt, qui a permis de soutenir la création et a permis à de nombreuses structures d’embaucher dans une période difficile, et de créer des emplois indirects" a ainsi rappelé Vincent Frèrebeau, président du syndicat. Le crédit d’impôt a ainsi permis d’amoindrir les effets de la baisse de 41% des revenus des producteurs entre 2007 et 2015. Les labels indépendants représentent 81% du nombre total d’agréments provisoires et définitifs, et, selon l’Upfi, ce mécanisme offre un retour sur investissement positif pour l’État.

Ces bonnes performances à l’export, conjuguées à la bonne progression du streaming, donnent à l’Upfi des motifs de satisfaction, et permettent d’envisager "un retour à la croissance à moyen terme", selon Jérôme Roger, directeur général. Mais pour cela, il faut "améliorer et intensifier les mécanismes de financement, et augmenter les moyens alloués au Bureau export". Vincent Frèrebeau indiquait avoir rencontré la ministre de la Culture Audrey Azoulay, qui aurait tendu une oreille attentive aux propositions du syndicat : améliorer et intensifier le dispositif du crédit d’impôt à la production phonographique, améliorer à court terme le crédit d’impôt en faveur du spectacle vivant, renforcer la capacité d’intervention de l’Ifcic en direction des PME, en relevant de façon significative le plafond des avances financières attribuées via le Faim (Fonds d’avances aux industries musicales) et leurs modalités d’octroi (durée d’amortissement, franchise, taux) et enfin renforcer les moyens dédiés à l’export, en doublant le budget du Bureau export (de 2,6 à 5 millions d’euros).

Autre sujet d’importance pour l’Upfi, les quotas. "On a une obsession : l’exposition de nos artistes en radio, car les plus diffusés sont aussi les plus streamés" a affirmé Vincent Frèrebeau, qui a rappelé la position du syndicat sur le sujet. Si les quotas sont un soutien nécessaire à la production locale, l’Upfi reste opposée au plafonnement des rotations envisagé par le rapport Bordes : "il y a une intelligence à accepter, sous conditions, une modulation des quotas".

Enfin, l’Upfi a déclaré, dans la continuité des accords Schwartz, travailler actuellement au lancement d’une étude portant sur le partage de la valeur dans le numérique, qui sera confiée au cabinet Bearing point. "Il s’agit de pouvoir disposer de données précises et objectives, dans un processus transparent qui intègre également des organismes non-signataires des accords Schwartz" a ainsi précisé Jérôme Roger. Tout en précisant que les discussions et négociations à propos des plateformes et réseaux communautaires (comme Youtube) dépassaient les seuls producteurs phonographiques indépendants, représentés par Merlin pour ces questions. Pour Jérôme Roger, "c’est un combat global, partagé par l’ensemble des ayants droit du monde entier, de toute nature". Et Vincent Frèrebeau de se féliciter des mesures qui commencent à être prises par les États sur la fiscalité de ces entreprises.


Nous suivre /asso.irma /IrmACTU