Une industrie de passionné.e.s sous pression

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Santé

À l’occasion du MaMA, le collectif CURA a dévoilé les résultats de la première enquête exploratoire sur la santé et le bien-être dans l’industrie musicale en France.

Une industrie de passionné.e.s sous pression

Les spécificités des métiers de la musique engendrent des problèmes de santé physique et mentale sérieux, liés à la fois au rythme de travail (voyages, travail nocturne, environnement festif) et au cadre professionnel (trac pendant les prestations, complexité juridique, précarité, gestion de l’échec et du succès, pression des réseaux sociaux, distorsion entre rêves et réalité…).

Pour libérer la parole, prendre conscience du phénomène et accompagner les acteurs, le collectif CURA a été crée en 2019 par Shkyd (beatmaker), Suzanne Combo (artiste / DG de la GAM), Sandrine Bileci (naturopathe) et le journaliste Robin Ecoeur.

Le 17 octobre, lors de la convention MaMA, les fondateurs du collectif sont venus présenter les résultats d’un sondage inédit en France sur un sujet encore tabou : la santé mentale dans l’industrie musicale.
Ces chiffres s’accompagnent de la publication d’un annuaire regroupant les médecins, thérapeutes et associations d’aide spécialisés dans l’accompagnement des troubles liés à la pratique musicale.

« Ces résultats sont inquiétants, bien souvent plus élevés que les moyennes nationales. En outre, le fossé entre le grand nombre de personnes en souffrance et le petit nombre de personnes qui se soignent est très important. »
Chiffres clés :
  • Plus de la moitié des individus interrogés souffre de conflits entre leur vie professionnelle et personnelle et de difficultés financières, dont 55% sont des femmes.
  • 7 individus sur 10 interrogés n’ont pas d’enfant.
  • 55% éprouvent souvent des difficultés financières. Seulement 8% n’en éprouvent pas.
  • 4 individus sur 5 souffrent de troubles du sommeil (rythmes perturbés), de mauvaises
  • habitudes alimentaires et manquent d’exercice physique.
  • 1 personne sur 5 se blesse fréquemment en pratiquant un instrument.
  • 1 personne sur 2 rencontre des problèmes auditifs.
  • 4 individus sur 5 souffrent d’anxiété quant à leur avenir professionnel, et de pression liée à leurs performances ainsi qu’aux attentes et aux résultats.
  • Près d’1 individu sur 4 a été diagnostiqué au moins une fois dépressif par un médecin. La prévalence de la dépression diagnostiquée dans l’industrie musicale serait donc 2,5 fois supérieure à la moyenne nationale (1 sur 4 dans la musique contre 1 sur 10 dans la moyenne française).
  • 1 femme sur 2 parmi dit avoir été victime, parfois ou souvent, de harcèlement moral.
  • Près d’1 femme sur 3 dit avoir été victime au moins une fois de harcèlement sexuel.

Pour faire suite à ce sondage, le collectif CURA travaille à la rédaction d’un Guide pratique de prévention à destination des professionnel.es de la musique, à paraître début 2020, et organisera également des ateliers/formations sur le sujet à partir de janvier 2020.

« Il apparaît urgent de nous rassembler pour mettre en œuvre collectivement un plan de préservation de la santé et du bien-être des artistes et des professionnel.les de l’industrie musicale : il faut investir dans la prévention et créer un fond d’aide pour faciliter l’accès aux soins et encourager la guérison. »
Enquête exploratoire sur la santé & le bien-être dans l’industrie musicale : Synthèse / Étude complète

(Ré)Écoutez la table ronde "L’industrie musicale en France est-elle en bonne santé ?" au MaMA


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