Un Midem en demi-teinte : entre rose et morose à 360°

Musique enregistrée

Entre plusieurs effets d’annonce, les stratégies de 360° ont été largement au cœur des débats qui ont animé ce 42e salon international de la musique. De même que le management d’artistes, puisque ces nouvelles stratégies replacent le manager au sein de la filière et du business de la musique.

Effets d’annonce

L’édition 2008 du Midem vient de s’achever et comme chaque année, ce fut l’occasion pour les professionnels de découvrir les préconisations des acteurs de la musique et de leurs partenaires.
La Sacem a dévoilé la signature exclusive d’un contrat avec Universal music publishing group concernant l’octroi de licences pour le en-ligne et la téléphonie mobile.
L’Adami a, entre autres, présenté l’étude réalisée par Aymeric Pichevin : « Le destin d’une œuvre à l’ère numérique ».
Les producteurs du Snep ont annoncé quelles seraient leurs mobilisations en 2008 :
- mise en place des préconisations du rapport Olivennes,
- extension de la durée des droits des artistes et producteurs,
- TVA réduite,
- partenariat médias et plate-formes numériques…
L’UPFI a rappelé, quant à elle, la croissance du marché de la musique en ligne, l’importance du crédit d’impôt et réclamé un renforcement de la place de la musique dans les médias.

Le 360° : un retour sur soi-même ?

L’annonce des plans de sauvetage de la musique, orchestrés avec le gouvernement, a permis à certains d’augurer de « la fin de l’hiver et de l’attente du printemps ». Notamment grâce au fameux 360° [1]
Pourtant lors du Midem, de nombreux ateliers autour de ce thème ont rappelé les clauses nécessaires et les recommandation spécifiques à la signature de ce genre de contrats, dont notamment les vérifications d’usage de la part de l’artiste et de son manager auprès de la maison de disques. En somme, rien de bien neuf sous le soleil cannois, si ce n’est la remise en œuvre de ce système qui existait déjà depuis les années 60 (un producteur « manager) et qui avait été l’apanage des indépendants durant les années 80 !
Reste que l’on peut se poser la question suivante : comment acquérir les compétences pour pouvoir tout faire, dans un contexte économique où les revenus globaux de l’artiste baissent et où de nombreuses voix (dont celle de Jim Griffin, directeur de OneHouse) se sont élevées pour préconiser la fin d’une ère du contenu et le début de celle du service.

Manager, maître-nageur de l’artiste…

Contrepoint constant de ce 360°, le management a été remis au centre de la relation artiste/business pour redonner toute l’importance à cette profession qui a toujours fait du 360° dans l’intérêt des artistes. Certains grands noms du management ont énoncé les changements de modalités de travail avec leurs artistes. Ainsi, Bertis Downs, manager de REM, annonce « je ne suis pas vraiment dans le business de la musique, je suis dans le business de REM. » Rappelant par là que de simple acteur d’une stratégie de carrière, le manager devient un gestionnaire d’un projet beaucoup plus global.
L’atelier « Negotiating the 360° artist deal » orchestré par le duo Steven Masur et Anne-Marie Pecoraro a permis de stipuler quelques-unes des clauses principales dans un contrat de management et notamment des nouvelles missions du manager dans ce cadre-là (protection des contrats du manager, rôle de celui-ci, relation de confiance obligatoire…), mais aussi celles de l’artiste dans un contexte de crise. Et encore plus particulièrement lorsque la crise en question est fortement teintée de nouvelles technologies, de contenus générés par les utilisateurs, et de recherche de paiements des œuvres.


[1aussi appelé « Onestopshop », ce concept prône la contractualisation de la maison de disques avec l’artiste à propos de toutes les sources de revenus d’icelui (merchandising, promotion, concerts…), outre ceux provenant du disque.


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