UPFI : Le Plan "Musique" est un échec...

Publié le mercredi 15 septembre 2010

Musique enregistrée

Dans un communiqué de presse, L’Union des producteurs phonographiques français indépendants (UPFI) rappelle au gouvernement la nécessité de "bâtir un projet ambitieux en faveur de la musique comme il a su le faire pour le cinéma".

L’UPFI (Union des producteurs phonographiques français indépendants) demande l’ouverture d’un certain nombre de chantiers pour assurer l’avenir des labels indépendants, comparant ce qui a été fait lors de l’instauration du Cosip lors du Plan Cinéma :

- mise en place d’une contribution des FAI au financement de la production française sur le modèle du cinéma, via la création d’un compte de soutien à la production musicale,
- [...] aménagement de l’incitation fiscale à la production musicale dont les modalités d’accès, le taux et les plafonds actuels ne permettent pas d’accompagner une prise de risque [...] insupportable.

Pour mémoire, l’industrie du cinéma a réussi à négocier son tournant numérique en imposant notamment une contribution des FAI (à l’occasion du vote de la loi sur la "télévision du futur") au Cosip - compte de soutien des industries de programmes.
Cette demande de contribution des FAI avait été proposée par de nombreux acteurs de la filière (Sacem, Adami, UPFI, CSDEM) dans le cadre des auditions pour le rapport Création et Internet. En vain...
Les discussions à propos de l’avenir de la musique enregistrée continuent entre pouvoirs publics et filière de la musique enregistrée alors que la Fédération française des télécoms menace de remettre en cause sa contribution au Compte de soutien à l’annonce de la proposition faite par le gouvernement de rehausser la TVA des services d’accès à internet à 19,6% pour les offres « triple-play ».


COMMUNIQUE DE PRESSE

Paris, le 15 septembre 2010

Le Plan « Cinéma » est un modèle
Le Plan « Musique » est un échec

Le Gouvernement doit bâtir un projet ambitieux en faveur de la musique
comme il a su le faire pour le cinéma

Les réseaux servent à accéder aux contenus : films, musiques, livres, informations, programmes éducatifs. Les citoyens/consommateurs s’abonnent à ces réseaux pour accéder à tous ces contenus. Les réseaux doivent alors financer en partie la production de ces contenus, et c’est le sens de la décision du gouvernement, qui a effectué un arbitrage important en faveur du cinéma, en sanctuarisant la contribution des Fournisseurs d’Accès à Internet au financement du cinéma (extension de la taxe COSIP). Par cette décision, le cinéma français, en particulier le cinéma d’auteur, peut envisager l’avenir avec sérénité dans cette transition fondamentale mais néanmoins difficile vers le monde de la diffusion numérique.

Contrairement au cinéma, les mesures prévues pour la musique n’auront malheureusement pas d’impact significatif sur l’évolution de son modèle économique. Le plan « Musique » du Gouvernement est un échec. Son manque d’ambition initiale ainsi que la mise en place partielle par le Gouvernement des préconisations issues du rapport « Création et Internet » en sont les principales raisons. Les conséquences seront dramatiques en particulier pour la musique française, et notamment celle des nouveaux talents, souvent produite par des labels indépendants.

Le Gouvernement doit mesurer à sa juste valeur les enjeux du mariage contenus/réseaux/nouvelles technologies, et développer une approche d’ensemble en étendant aux autres industries culturelles ce qu’il a parfaitement réussi dans le secteur du cinéma. Le modèle ne pourra pas être sensiblement différent d’un secteur à l’autre. Il faut donc avoir le courage de le mettre en place malgré les réticences des uns et des autres.

En ce qui concerne la musique, les chantiers prioritaires sont la mise en place d’une contribution des FAI au financement de la production française sur le modèle du cinéma, via la création d’un compte de soutien à la production musicale, ainsi que l’aménagement tant attendu de l’incitation fiscale à la production musicale dont les modalités d’accès, le taux et les plafonds actuels ne permettent pas d’accompagner une prise de risque qui est devenue insupportable.

Il convient par ailleurs d’adapter la régulation de la diffusion de la musique sur les médias d’aujourd’hui comme ceux de demain, faute de quoi nous n’aurons aucun moyen, dans le monde numérique, de préserver la diversité des répertoires, et notamment des répertoires francophones, hier soutenus notamment par des quotas sur les radios.

En avançant sur ces chantiers, un pas significatif aura été fait sur la musique comme celui qui a été fait sur le cinéma, et la voie de la réussite sera grande ouverte pour le Président de la République qui a toujours affiché une forte ambition sur la construction du monde numérique de la culture, de la connaissance et du savoir.

Contact :
Jérôme Roger – Directeur Général
Tel : 01 53 77 66 40


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