Toulouse : la concertation fait le point

Publié le

Politique culturelle

Entamée en mars 2011, la concertation territoriale menée entre la Ville de Toulouse et les acteurs locaux des musiques actuelles a fait l’objet d’une journée de restitution publique le 26 juin dernier. La répétition, les cafés culture, la ressource et l’accompagnement artistique font l’objet de préconisations, notamment dans leur articulation avec la nouvelle salle de concerts de Borderouge (ouverture fin 2013).

Avec le Projet culturel pour Toulouse 2009-2014, la Ville de Toulouse a enclenché une démarche visant à prendre en compte les attentes des acteurs du secteur des musiques actuelles, un secteur "souvent mis à l’index des politiques publiques" concède la collectivité. En point de mire de ce plan d’action : la construction d’une salle de musiques actuelles dans le quartier de Borderouge.

Toulouse : la concertation fait le pointA partir de là, des premières tables rondes ont réunis élus et acteurs locaux dans le cadre d’un état des lieux, puis Hervé Bordier, nommé en 2011 à la direction du festival Rio Loco et du pôle des musiques actuelles, a souhaité que des groupes de travail viennent nourrir le projet de la future salle de musiques actuelles de Borderouge.

C’est dans ce cadre que quatre groupes de travail se sont réunis depuis mars 2011 sous la forme d’une concertation territoriale visant à débattre des problématiques propres au secteur avec des opérateurs associatifs et commerciaux, des représentants syndicaux et des experts venus d’autres régions de France.
Cette concertation est en cours et se poursuivra jusqu’en 2013.

Les groupes de travail ont ainsi mis en avant quatre thématiques sur lesquelles l’intervention de la mairie de Toulouse permettrait des avancées en faveur de la filière musicale. Chacun de ces thèmes fait l’objet d’un compte-rendu qui pointe à la fois les préconisations envisagées et l’articulation des ces enjeux au sein même du futur établissement de Borderouge.


Les locaux de répétitions

Extraits : "Les professionnels reconnaissent avec unanimité les besoins d’accompagnement pédagogique des jeunes musiciens, notamment les mineurs. Ce sont eux qui doivent être initiés à la matière sonore par le biais de programmes éducatifs en amont du circuit des locaux de répétition mais également à l’intérieur.
Les locaux de répétition créés par la Mairie de Toulouse devraient avant tout répondre à ces demandes en se posant en chaînon manquant plutôt qu’en proposant une offre identique. Sur la question d’une tarification commune des locaux de répétition, les membres du groupe de travail préféreraient que s’entame d’abord un débat sur une politique d’aide à l’emploi (principale problématique pour les acteurs du secteur)."


Les cafés cultures

Extraits : "La Mairie met en place une charte de la vie nocturne qui sera à la fois un label et un espace de discussion entre les opérateurs et la municipalité. Son comité de pilotage accueillera des élus et le préfet et son comité de suivi, les professionnels. Cette charte sera un organe de régulation entre les opérateurs, des élus et des services municipaux ainsi que des tiers. Les bars souhaitent un meilleur dialogue avec
la municipalité, mais pour cela, ils demandent que la police nationale soit associée à la concertation car c’est elle qui intervient souvent la nuit.
D’autre part, ils constatent l’existence de points de vue divergents d’un service à l’autre
de la municipalité. Ne s’agit-il pas souvent de concilier l’inconciliable ?
Il est souhaité, face aux problèmes conflictuels quotidiens avec les polices nationales et municipales, qu’avant tout acte administratif répressif, il y ait un processus de conciliation, les concertations valant toujours mieux que les procédures. Toutefois, la multiplication de réunions de concertation paraît incompatible avec l’activité des bars.
Il est également souhaité la mise en oeuvre d’un plan d’insonorisation par la ville en lien avec le FISAC pour les bars musicaux confronté aux contraintes de plusieurs législations sur le « bruit » (décret lieux musicaux, bruit voisinage, au travail)."


La ressource

Extraits : "permanente des centres de ressource à l’échelle
du Grand Toulouse avec, par exemple, une
à deux rencontres par an, afin de mutualiser
à la fois les outils mais aussi les savoirs et les
compétences. Ceci permettrait d’organiser le
maillage du territoire en centres de ressource
tout en gardant leur spécificité et leur identité
et en garantissant la reconnaissance de leurs
actions.
Ce maillage pourrait s’organiser comme suit :
un centre de ressource Musiques Actuelles
régional pour accompagner et structurer la filière
professionnelle géré par Avant-Mardi ; un lieu
de proximité avec les Musicophages en direction
des praticiens avec un EPN (Espace Public
Numérique) ; un espace ressource de mise en
débat des politiques culturelles et d’hybridation
des esthétiques pour le COUAC ; un espace
d’accompagnement des porteurs de projets pour
Samba Résille et la possibilité pour Music’Halle
d’ouvrir une bibliothèque musicale à l’espace JOB."


Accompagnement artistique

Extraits : "à Nantes, et ce avec le concours du Crédit
Municipal, la mise en place de dispositifs
d’apports financiers en direction des projets
artistiques pour leurs développements (fonds
de dotation de la CRESS).
Face aux mutations du secteur, il s’agit de
réinterroger le sens de nos démarches, de
s’appuyer sur de nouveaux cadres sociaux
et économiques comme l’économie sociale
et solidaire. Il pourrait ainsi être envisagés
de nouveaux circuits dit « circuits courts »,
de nouveaux circuits de distribution (AMAP
musicale), la création de coopératives d’achats,
de micro-crédit et de mécénat individuel.
Dans ce cadre, l’artiste doit être associé aux
enjeux communs et doit participer à une
démarche de réciprocité qui pourrait aller
jusqu’à des contributions à des fonds de
mécénat quand il y a une intervention financière
publique ou privée.
Afin de pouvoir mobilier des accompagnements
diversifiés et efficaces : il s’agit d’impulser des
réseaux de compétence avec des personnes
qualifiées, des structures ressources, et des
entreprises. Ceci apparaît déterminant et crucial
pour le secteur du hip-hop où un énorme
travail d’accompagnement doit être mené. Des
passerelles pourront être posées entre le futur
équipement et l’Imprimerie si le projet continue,
et ce grâce à la proximité entre les deux lieux.
Sur le projet d’un cluster regroupant des
associations oeuvrant dans le domaine des
Musiques Actuelles, il s’agit d’identifier la
spécificité de chaque membre et de pouvoir les
articuler ensemble. D’autre part il conviendra
de relier les projets de l’échelon local entre le
cluster toulousain et à l’échelon national avec
les clusters culturels d’autres villes."


Les prochaines tables rondes de la concertation territoriale auront lieu sur l’emploi culturel, la diffusion, les labels et l’économie.

Plus d’info sur le site d’Avant-mardi


Nous suivre /asso.irma /IrmACTU