Rachat d’EMI par Universal : Bruxelles va enquêter

Publié le lundi 26 mars 2012

Economie

La Commission européenne a annoncé vendredi 23 mars l’ouverture d’une commission d’enquête sur le projet de rachat par Universal Music de la filiale musique enregistrée d’EMI. L’enquête portera sur les questions de concurrence sur les marchés physiques et numériques. La décision sur l’opération sera donnée le 8 août prochain.

La décision de Bruxelles était attendue. Après l’annonce en novembre dernier du projet d’Universal Music, filiale du groupe Vivendi et leader mondial de la musique, de racheter EMI Music, actuellement détenu par Citigroup pour 1,9 milliard de dollars, la Commission européenne a décidé d’ouvrir une enquête approfondie. L’exécutif européen craint en effet que cette opération ne pose des problèmes de concurrence. En effet, si l’opération se concrétise, la nouvelle entité sera en situation de force, avec une part de marché deux fois supérieure à celle de son concurrent direct. Sur certains marchés, la part de marché du nouvel ensemble dépasserait les 50 %.

Le commissaire à la concurrence Joaquin Almunia a déclaré : "La Commission doit s’assurer que les consommateurs ont accès à une grande variété de musiques dans différents formats analogiques et numériques et à des conditions concurrentielles". L’enquête durera 90 jours et les conclusions seront rendues d’ici le 8 août prochain. L’opération avait déjà fait l’objet d’une enquête préliminaire d’un mois, achevée vendredi 23 mars.

Cette décision était prévisible car Universal n’avait présenté aucune concession, lors de la phase d’examen préliminaire, mais envisagerait de le faire lors de la phase suivante, avait dit la semaine dernière à Reuters une personne proche du dossier. La commission d’enquête veillera également à ce que le rachat de la maison de disques des Beatles ne se traduise pas par une augmentation des prix pour le consommateur. Argument balayé par Universal, qui met en avant la menace du téléchargement illégal et l’arrivée de nouveaux acteurs tel Apple comme raisons principales de l’impossibilité d’augmenter les prix.

Universal Music devra faire des concessions pour que l’opération, à laquelle s’opposent les producteurs indépendants européens ou encore la major américaine Warner, soit validée. Dans un communiqué, Universal a précisé : "Nous continuerons de coopérer pleinement avec (la commission) et nous nous attendons à une conclusion favorable du processus". Réponse début août.


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