Prodiss/Midem : le numérique, un levier de croissance pour le spectacle

Publié le vendredi 7 février 2014

Spectacle

Le Prodiss était aussi du voyage sur la croisette. Outre le traditionnel dîner "filière" du lundi, la conférence de presse du syndicat a été l’occasion de respécifier la place du spectacle dans l’écosystème musical, présenter le premier volet d’une étude sur les innovations numériques et l’argumentation pour l’obtention d’un droit de suite sur les captations.

Dans la succession des conférences de presse des organismes professionnels, le Prodiss, syndicat des producteurs de spectacles était le premier à ouvrir le bal cannois, le samedi en fin d’après midi. Avant les précisions apportées par la ministre Aurélie Filippetti sur son annonce d’extension du périmètre du CNV, le Prodiss, par la voix de son président Jules Frutos, a tenu à marquer le terrain :"le spectacle vivant n’est plus le vassal de l’industrie phonographique". Pour le syndicat, le rééquilibrage du centre de gravité de l’écosystème musical — crise du disque oblige — doit permettre de rediscuter la répartition entre les deux branches, a fortiori dans l’hypothèse d’un établissement à vocation transversale.

Le numérique, un levier de croissance pour le spectacle

A l’appui de cette position, le Prodiss a réalisé une étude sur les innovations numériques propres au spectacle vivant. Abordant les pratiques des acteurs et des publics, elle montre que le numérique constitue un enjeu de croissance pour les producteurs de spectacles, qu’il s’agisse d’enrichir les concerts ou les expériences utilisateurs, alors même que la diffusion des concerts en streaming se développe. Par exemple, les contenus issus du spectacle vivant représentent 22% des vidéos musicales sur Youtube (équivalant à 79 millions de vidéos), dont l’écrasante majorité (21,1%) provient de comptes non officiels. Il faut entendre par là qu’il s’agit de contenu non monétisé. Les vidéos musicales représentent d’ailleurs 13% des vidéos disponibles sur la plateforme (équivalant à 375 millions de vidéos), et sont les plus populaires, avec un nombre moyen de 40.000 vues par jour, devant les films et les séries.

On mesure là la conséquence d’un public des concerts de plus en plus connecté. Il est en effet difficile d’échapper à la forêt de smartphones dans les fosses des salles, qui ont remplacé les flammes de briquets... 75% prennent des photos ou filment pendant un concert, 34% publient des photos sur les réseaux sociaux, et 33% recherchent des informations en temps réel sur l’événement. Outre la publication des images, le numérique permet de prolonger l’expérience du concert, en suivant les artistes sur les réseaux sociaux (34% des sondés), en commentant les spectacles (pour 19%)... 86% du public étant membre d’un réseau social.

Des pratiques déjà bien prises en compte par les entrepreneurs de spectacles, festivals en tête, qui ont investi les outils numériques pour informer le public et enrichir les concerts (applications mobiles, dispositifs d’interactivité...). Ce qui a permis également l’éclosion d’une quantité de startups proposant des services ou des outils liés au spectacle. L’étude en liste d’ailleurs une vingtaine, comme JamBase, Sonic Notify, Vyclone, 45sound ou encore Superglued...

Un droit de suite pour les producteurs de spectacles

La seconde partie de cette étude portera sur le volet économique. Elle sera dévoilée lors du prochain Printemps de Bourges. Pour Malika Séguineau, déléguée générale du Prodiss, elle appuie "la légitimité de réfléchir — comme la proposition numéro 38 du rapport Lescure le suggérait — à un droit sui generis pour les producteurs de spectacles". Pour elle, l’idée, déjà ancienne, d’inclure celui-ci dans les droits de propriété intellectuelle, pourrait enfin aboutir cette année. L’étude de l’Inspection générale des affaires culturelles sur le sujet, menée par Philippe Chantepie et Muriel Genthon, pourrait déboucher sur des propositions concrètes dans le cadre de la loi sur la création artistique, discutée au printemps à l’Assemblée Nationale. "Pour l’instant, le seul droit dont dispose le producteur de spectacles, c’est d’interdire l’accès du concert aux caméras", tonne Jules Frutos.


Lire l’étude du Prodiss :

SPECTACLE ET NUMÉRIQUE : NOUVEAUX LEVIERS DE CROISSANCE ÉCONOMIQUE


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