Présentation de la réforme de la DMDTS

Politiques culturelles

Renaud Donnedieu de Vabres est revenu sur la réforme qu’il entend mener afin de réorganiser la Direction de la Musique, de la Danse, du Théâtre et des Spectacles (DMDTS).

Dans son discours, prononcé le 13 juin dernier, le ministre de la culture est d’abord revenu sur ce qui avait présidé à la création de la DMDTS en 1998 : le constat d’un cloisonnement excessif qui résultait d’une organisation par discipline alors que :
"- l’émergence artistique ne se fonde plus uniquement sur les disciplines (exemple des arts de la rue qui mêlent le théâtre, la musique, les arts plastiques) ;
- l’existence d’outils de production et de diffusion communs à l’ensemble du secteur du spectacle pose le problème de la transdisciplinarité, en particulier dans les scènes nationales ;
- les enjeux économiques et sociaux ont évolué de façon significative.
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Certains acquis de la DMDTS doivent être préservés dans la réforme. Le ministre souhaite ainsi poursuivre les objectifs auxquels la DMDTS a contribué :
"- le progrès de la musique et de la danse dans les réseaux de diffusion ;
- une meilleure place pour l’enseignement du théâtre dans les conservatoires ;
- la définition d’un cadre nouveau pour l’enseignement supérieur ;
- la définition d’une politique de l’emploi qui est devenue, vous le savez, une priorité essentielle depuis 2003.
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La réforme ne consiste donc pas à revenir à un "tout vertical" et prend en compte les enjeux transversaux :
"- la formation, comme voie de la professionnalisation ;
- la structuration de l’emploi, car les conditions d’emploi sont communes aux artistes et techniciens du théâtre, de la musique et de la danse ;
- le développement des publics, de l’éducation artistique, de la TV, des industries culturelles, de la place des amateurs ;
- toutes les démarches liées à l’interministérialité ;
- enfin et surtout, ce qui représente pour moi un enjeu majeur, la redéfinition globale des politiques artistiques.
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Cependant le ministre, après concertation, s’est appuyé sur un certain nombre de constats pour définir la réforme de la DMDTS :
"- parce que les professionnels se plaignent souvent que leurs interlocuteurs ne soient pas en position de décider, or il faut éviter que tout remonte au Directeur ou au Cabinet, voire au Ministre ;
- parce que demeurent de fortes spécificités des secteurs de la musique, de la danse et du théâtre : par exemple du point de vue des parcours professionnels ;
- parce qu’il y a un fort besoin d’expertise technique de haut niveau sur des sujets majeurs
- parce que la DMDTS donne des avis sur un grand nombre de
nominations et que la force du ministère tient dans sa connaissance des milieux professionnels : c’est bien le rôle d’une direction centrale d’avoir une connaissance très fine du milieu professionnel au plan national, d’entretenir avec lui des relations régulières et de pouvoir faire au ministre des propositions utiles à cet égard ;
- parce qu’il faut retrouver des objectifs d’excellence, de rayonnement, de qualité, fondés sur des analyses artistiques, et que la rigueur budgétaire, fût-elle atténuée par la levée du gel que j’ai obtenue rendra des choix nécessaires ; je peux en effet vous confirmer aujourd’hui le dégel des crédits centraux de la DMDTS ;
- parce que, comme toute administration publique, notre organisation a besoin d’être mieux comprise, plus lisible, de l’extérieur, et que nos partenaires relèvent en majorité de chacun des 3 grands domaines : ils sont souvent très exigeants et demandent à juste titre à entrer en relation avec des interlocuteurs de haut niveau, fortement spécialisés et ayant une capacité d’agir ;
- parce que, enfin, on a besoin en permanence de réactualiser la définition de politiques nationales artistiques qui soient un repère pour le public, la presse, les professionnels et nos services déconcentrés.
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A partir de ces objectifs, une "réforme équilibrée" qui restructure la DMDTS en quatre délégations à été défendue :
"- trois délégations verticales, respectivement chargées de la musique, du théâtre et de la danse,
- et pour les missions transversales, une délégation à l’emploi des professions du spectacle et un secrétariat général.
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Chaque délégation, sous l’autorité du directeur (qui pilote le programme 2 "création" au titre de la LOLF), sera dirigée par un délégué, assisté d’un adjoint. Un conseiller pour les musiques actuelles sera placé auprès du délégué à la musique et de son adjoint. Un conseiller pour les arts du cirque et de la rue sera placé auprès du délégué au théâtre et de son adjoint. Chaque délégué aura vocation à devenir, sous l’autorité du directeur, l’interlocuteur privilégié des DRAC.

La délégation à l’emploi des professions du spectacle reprendra et développera l’expertise, en particulier dans le domaine de l’emploi (suivi des activités du CNPS, formation professionnelle, accompagnement des carrières).
Les trois délégués chargés de la musique, du théâtre et de la danse devront développer les relations et concertations entre artistes, professionnels et responsables de lieux et de réseaux. L’objectif leur revient aussi de poursuivre les efforts déployés pour "renouveler et élargir" les publics du spectacle vivant et en démocratiser l’accès.

Cette réforme, après avoir été soumise au comité technique des programmes de la DMDTS et du ministère durant l’été, devrait entrer en vigueur à l’automne prochain.

Lire le discours du ministre.

Plus d’infos sur la DMDTS

Le site de la DMDTS


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