"Pour nous, M6 est irremplaçable"

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Alors que M6 tente de renégocier à la baisse ses obligations de diffusion musicale auprès du CSA, des syndicats d’auteurs/compositeurs (Unac, Snac) et la chambre syndicale de l’édition musicale ont envoyé une lettre au CSA pour alerter des dangers encourus par la filière en cas de changement de politique éditoriale de la chaîne de télévision.

En juin dernier, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) n’avait pas reconduit le régime dérogatoire accordé à M6, qui disposait de davantage de temps par rapport aux autres chaînes pour respecter ses quotas de diffusion d’œuvres musicales françaises et européennes. Cette dérogation avait été délivré à M6 en raison des caractéristiques de son audience (15-34 ans) et de sa programmation à dominante musicale. Mais le CSA, considérant que la chaîne a évolué vers un format généraliste, avait estimé que ce régime spécifique n’avait plus lieu d’être.

Depuis, M6 cherche à renégocier à la baisse ses obligations musicales, souhaitant faire passer de 30 à 20% la diffusion musicale sur son antenne (il s’agit d’obligations fixées par convention avec le CSA). M6 estime en effet que ces obligations pèsent lourdement sur son développement, d’autant que les plages musicales enregistrent des scores d’audience inférieurs de 37 % à la moyenne générale de la chaîne.

En réaction aux négociations entamées entre M6 et le CSA, l’Union nationale des auteurs et compositeurs (Unac), le Syndicat national des auteurs et des compositeurs (Snac) et la Chambre syndicale de l’édition musicale (CSDEM) viennent d’adresser une lettre à Michel Boyon, président du CSA, afin que les obligations de M6 ne soient pas revues à la baisse. "Il convient de rappeler que ce changement de politique éditoriale de M6 ne correspondrait plus à l’autorisation d’émettre qu’elle avait obtenue sous condition d’une large diffusion de la musique" précise cette lettre.

Pour se dégager de ses obligations initiales, la chaîne invoque la large part faite par la TNT à la musique française. A l’heure où la filière traverse une crise sans précédent, l’argument n’est pas encore d’actualité selon Jean-Marie Moreau, président du Snac : "M6 diffuse ainsi les trois quart de la musique, le quart restant étant partagé par France 2, France 3, TF1 et Canal Plus. Pour nous, M6 est irremplaçable. Si nous notons avec satisfaction l’arrivée des nouvelles chaînes de la TNT, l’effort musical de ces dernières ne pourra pas nous toucher réellement avant le déploiement complet à l’horizon 2011. C’est pourquoi, nous demandons au CSA de ne pas accorder cette demande de M6 lors de la renégociation de leur convention." (lire son interview sur metrofrance.com)

Pour information, 160 000 minutes de musique ont été diffusé sur M6 en 2005, la chaîne coproduisant et diffusant annuellement 150 vidéomusiques d’artistes francophones, dont 30 de nouveaux talents, soit une dépense par an de 21.3 millions d’euros dans la production musicale.


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