Pour l’Upfi, les artistes pourraient être les gagnants d’un modèle basé sur le streaming

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Musique enregistrée

Pour l’Upfi, qui présentait son livre blanc sur le partage de la valeur dans l’industrie musicale, l’hypothèse d’une prédominance des offres de streaming musical par voie d’abonnement devrait conduire à une redistribution complète des revenus entre les principaux acteurs de ce secteur dont les artistes pourraient être les grands gagnants.

Pour l'Upfi, les artistes pourraient être les gagnants d'un modèle basé sur le (...)C’est à un exercice d’économie-fiction, ou plutôt de prospective, que s’est livré l’Union des producteurs phonographiques indépendants français (l’Upfi), lors de la présentation de son Livre blanc sur le partage de la valeur dans l’industrie musicale. L’organisation professionnelle a ainsi livré son analyse de l’évolution des différents modes d’exploitation de la musique en ligne.

En prenant pour hypothèse que le streaming musical deviendra, à l’horizon 2018, un mass market, l’UPFI prend le contre-pied de l’Adami, en affirmant que le débat sur le partage de la valeur a été mal posé, et que les artistes pourraient être les grands gagnants de la redistribution complète des revenus entre les principaux acteurs. Le streaming illimité pourrait devenir le modèle dominant avec un niveau de revenus substantiel pour l’ensemble des partenaires de la musique : plateformes, producteurs, artistes et auteurs-compositeurs-éditeurs.

Le streaming musical : modèle d’avenir profitable à tous ?

En se basant sur cette hypothèse, l’Upfi estime que le partage de la rémunération entre ces différents acteurs devrait connaître des bouleversements importants, en prenant en considération les coûts et investissements respectifs des plateformes et des producteurs :

- Les services de streaming, une fois atteint une taille critique de ce marché, seront profitables alors même que leur niveau de rémunération devrait en toute logique tendre vers un taux de l’ordre de 10 à 15% au lieu de 30% aujourd’hui ;
- Les producteurs phonographiques verront leur niveau de rémunération rester stable ou très légèrement diminuer ;
- Les artistes interprètes, qui sont de plus en plus nombreux à se produire eux-mêmes et à être adeptes du do it yourself, pourraient être les grands gagnants de cette évolution, leur rémunération étant susceptible d’être multipliée par 2 ou presque (de 7,2% du prix public HT dans le physique, à 8,5 % dans le numérique actuellement pour atteindre 20% à terme) ;
- Celle des auteurs compositeurs éditeurs pouvant continuer à progresser.

Le but de la démonstration est bien de montrer, au moment même où la mission Phéline réfléchit sur le sujet, à la suite des missions Hoog, Zelnik et Lescure, qu’il n’y a pas lieu d’instaurer une gestion collective obligatoire pour les droits voisins dans le numérique, ni de minimas de royautés pour les artistes. Stéphan Bourdoiseau, président de l’Upfi, le résume ainsi : "il nous apparaît absurde de vouloir réguler une situation que le marché va lui-même réguler, au profit de tous les acteurs, et notamment des artistes." Reste à savoir si le streaming deviendra effectivement le modèle dominant, et si le postulat théorique de l’autorégulation des marchés se vérifiera, alors même que les géants du net lorgnent de plus en plus sur le streaming.


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