Phono : la croissance du marché ralentit

Publié le jeudi 14 mars 2019

Musique enregistrée

Le SNEP a dévoilé les chiffres du marché français de la musique enregistrée. Si la croissance se poursuit une troisième année consécutive, elle se tasse à 1,8% alors que le marché mondial affiche une hausse approchant les 8%.

Suite à ces résultats, le Syndicat national des éditeurs phonographiques (SNEP) affiche à la fois son optimisme et sa prudence. Après 2 années de croissance à 5.4 % en 2016 et 3,9% en 2017, cette nouvelle progression de 1,8%, qui porte le marché total à 735 M€, est à la fois jugée modeste et encourageante. "La dynamique de la production est là, estime le syndicat, mais les nouveaux modèles économiques s’installent au rythme de l’évolution des usages qui sont la clé de cette pérennité".

Le streaming représente 51% des ventes globales (vs 41% en 2017)

Le fait marquant de l’année 2018 est que, pour la première fois en France, le chiffre d’affaires généré par le numérique a dépassé celui des ventes physiques et réalise désormais 57% des ventes globales.

Le streaming constitue le moteur de cette croissance (et 90% des résultats du numérique), notamment grâce aux revenus issus des abonnements qui progressent de 23% et qui deviennent la première source de chiffre d’affaires de la musique enregistrée. L’abonnement payant au streaming audio a généré à lui seul 41% des ventes de musique, contre 8% il y a 5 ans. L’écoute gratuite sur les services audio et les plateformes de vidéo représentent pour leur part moins de 10% des ventes.

La pratique du streaming ne cesse de se développer : aujourd’hui, près d’un consommateur de musique sur deux (46%) utilise un service de streaming audio, et parmi eux, 5,5 millions sont titulaires d’un abonnement audio payant.
Contrairement aux idées reçues, le streaming n’est pas un usage réservé aux ados : ils sont certes les utilisateurs les plus intensifs, mais 30% des streamers ont aujourd’hui plus de 50 ans !
L’essor constant de ce mode de consommation se traduit d’ailleurs dans les chiffres : on été recensé 57,5 milliards de streams audio en 2018, soit + 35% par rapport à l’an dernier, avec des écoutes hebdomadaires qui ont culminé à 1,3 milliard fin décembre.

Répartition par tranches d’âges


Le physique, spécificité française

Si la part du CD continue de perdre du terrain, il résiste mieux en France (comme en Allemagne) que dans la plupart des autres pays, grâce à un réseau de distribution unique de plus de 4.000 points de ventes à travers le territoire. Il représente ainsi plus d’un tiers des revenus physiques et numériques.

Le support physique a aussi trouvé un nouveau relais de croissance avec l’engouement continue pour le vinyle : avec près de 4 millions d’exemplaires écoulés, les ventes ont quintuplé en cinq ans et le vinyle représente désormais près d’un cinquième des revenus du marché physique.

La production française en mode conquête

À l’occasion de la publication de ces chiffres, Alexandre Lasch, DG du Snep, s’est déclaré "fier des succès spectaculaires des artistes made in France puisqu’ils ont réalisé 19 des 20 meilleures ventes d’albums de l’année 2018, et occupent 80% du Top 200".
Un autre indicateur témoigne de l’engagement des producteurs phonographiques dans l’accompagnement d’artistes : sur les 200 meilleures ventes d’albums l’an dernier, 48 étaient des premiers albums, dont 40 produits en France.
Le succès des artistes produits en France dépasse d’ailleurs l’hexagone puisque 37 d’entre eux ont atteint en 2018 les disques d’or, de platine, de diamant pour leurs ventes à l’export.


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