Partage de la valeur : le Snep contre-attaque

Publié le lundi 3 juin 2013

Musique enregistrée

Le Snep a présenté vendredi les chiffres du marché de la musique enregistrée du premier trimestre 2013. L’occasion de réagir aux conclusions du rapport Lescure, en réaffirmant l’opposition à l’instauration obligatoire de la gestion collective pour le numérique. Pour répondre à celle de l’Adami, le Snep et l’Upfi vont commanditer une étude sur le partage de la valeur.

Premier point presse pour Guillaume Leblanc le nouveau délégué général du Snep, le syndicat national de l’édition phonographique. S’il s’agissait de présenter les chiffres du premier trimestre 2013, qui présentent une baisse général du marché physique et numérique, l’attention s’est surtout portée sur les suites des conclusions du rapport Lescure et sur la volonté du syndicat de répondre aux chiffres avancés par l’Adami sur la répartition de la valeur, pointant du doigt les producteurs.

Un premier trimestre à la baisse

Guillaume Leblanc, directeur général du Snep

Le marché global de la musique enregistrée, pour le premier quart de l’année 2013, enregistre ainsi une baisse de 6,7%, pour un montant de 117,9 millions d’euros. Le marché physique continue sa chute (-7,3% pour un montant de 77 millions d’euros), et, surprise, le marché numérique enregistre également une baisse de 5,2%, pour un montant de 30,9 millions d’euros. Signe d’un arrêt de la croissance du numérique ? Non, pour le syndicat, cette baisse est conjoncturelle, et expliquée par deux phénomènes : tout d’abord, l’arrêt des paiements en provenance de Youtube qui, à la suite d’un accord avec la Sacem, reprendront au second trimestre 2013. Conséquence directe, les revenus du streaming vidéo reculent de 58%. Ensuite, une opération spéciale réalisée en 2012 par une major n’a pas été renouvelée en 2013. Sans ces deux facteurs, le Snep précise que "le marché numérique aurait été stable alors qu’il est supposé être le vecteur de croissance du marché de la musique enregistrée". Sa part de marché reste stable à 29%.

Téléchargement à la peine, croissance faible des abonnements

S’il n’est, de l’avis du président du Snep Séphane Le Tavernier, "loin d’être encore arrivé à maturité", le marché du téléchargement est aujourd’hui beaucoup plus sensible aux aléas du calendrier et des sorties des nouveautés. Le moteur de ce marché, le téléchargement au titre, enregistre une baisse significative de 20% (13,6 millions de titres téléchargés). Une tendance constatée également en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Les ventes d’album enregistrent quant à elle une hausse de 8%.

Autre fait saillant, les revenus du streaming audio par abonnement peinent toujours à décoller, avec une croissance de seulement 2% au 1er trimestre 2013. "Cela pose question concernant les plateformes qui ont sans doute des efforts à faire en termes de segmentation des offres", a ajouté Guillaume Leblanc.

Gestion collective : "une collectivisation à marche forcée"

Mais cette présentation des chiffres à surtout été l’occasion d’évoquer les suites des conclusions du rapport Lescure, en réaffirmant les positions du syndicat : pérennisation et sanctuaristaion du mécanisme de riposte graduée et opposition à l’imposition d’une gestion collective pour les exploitations numériques. Ré-insistant sur la méconnaissance du travail de producteur dont fait montre le rapport, Stéphane Le Tavernier précise : "dans les réunions de travail à venir avec le ministère, nous aurons à cœur de corriger les bases et les appréciations de la mission Lescure en la matière, qui ne propose rien pour garantir la pérennité de l’industrie. Ce rapport fait la part belle à un seul camp".

Partage de la valeur : les producteurs contre attaquent

Si les rapports se suivent et préconisent d’aller dans le sens d’une gestion collective, le Snep a décidé de contre-attaquer, afin d’être plus entendu. Se demandant ce qu’une gestion collective apporterait de plus, le Snep n’a pas hésité à fustiger ceux qui "passent beaucoup plus de temps que nous rue de Valois". Ne souhaitant pas "négocier avec un pistolet sur la tempe", le syndicat a donc décidé de contre-attaquer. Pour répondre à l’étude de l’Adami sur le partage de la valeur, mettant en cause directement les producteurs, un audit, commandité par le Snep et l’Upfi, va être mené d’ici fin juin-début juillet. Il portera sur un échantillon représentatif des contrats français de 2 majors et de 2 ou 3 indépendants. L’étude comprendra un volet sur la rémunération des artistes avec une distinction sur les contrats de licence, avec un zoom sur les différents modes d’exploitation, et un volet sur la répartition de la valeur. Cette étude devrait être confiée au cabinet Ernst&Young.


Consulter

Les chiffres du marché de la musique enregistrée, 1er trimestre 2013



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