« Nous retournerons au Bataclan »

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Hommage

Les attentats qui ont frappé la France vendredi ont aussi durement touché la musique. La filière, en deuil, rend hommage aux victimes. Mais reste debout pour affirmer que plus encore qu’hier, il est nécessaire de continuer à créer, à jouer, à chanter, écouter et partager la musique. Et se mobilise pour faire face.

« Nous retournerons au Bataclan »Il est difficile aujourd’hui de trouver les mots justes, et même de trouver les mots tout court. Face à tant d’horreur, les stylos, les guitares et les micros sont de faibles réconforts. Les attentats de ce vendredi 13 novembre ont plongé le pays dans le deuil. Et la musique a été profondément atteinte. Par la voix des acteurs de la filière, nous nous associons au recueillement et à l’hommage rendu aux victimes. Nous continuerons à informer, orienter et accompagner toutes celles et ceux qui créent, produisent, chantent, écrivent, jouent, écoutent et partagent de la musique.


La musique, debout et unie


Le Prodiss, qui "s’associe à la douleur des familles et proches des victimes de ces attaques meurtrières", a mis en place une cellule de soutien psychologique et d’assistance à tous les professionnels de la culture (au 01 40 28 33 03).

Le CNV, en deuil, a annoncé qu’il mettra en œuvre "tous les moyens dont il dispose pour soutenir le Bataclan, les salles, les organisateurs et producteurs de spectacles qui connaîtraient des difficultés suite aux annulations liées aux attentats".

"Peace and music for all !" Tel est le cri du cœur qu’a clamé dès samedi la fédération De Concert ! dont les 31 festivals membres sont "profondément bouleversés par ces ignobles attaques au cœur de Paris".

Le Syndeac, de son côté, invite à "participer et à relayer auprès des publics toutes les initiatives qui pourront manifester notre volonté de continuer à vivre ensemble librement, dans le respect des valeurs de la république".

La douleur des artistes de la GAM, "atteints dans leur cœur", "n’a ni couleur, ni religion". Unis dans la tristesse face à cette tragédie, ils affirment : "nous restons debout, et nous n’arrêterons pas de créer, de jouer ni de chanter".

La Sacem entend également rester debout face à la barbarie, "comme des millions de Français", en affirmant "son attachement indéfectible à la liberté d’expression et de création".

Les producteurs de musique du Snep, qui affirment haut et fort "nous retournerons au Bataclan", ont apporté leur soutien à "leurs partenaires du spectacle vivant et à tous les créateurs qui portent et porteront encore à travers leurs œuvres, l’essence même de la liberté d’expression, à laquelle nous ne renoncerons pas".

Les artistes et les producteurs de musique de la SPPF et de l’Upfi continueront, eux, "inlassablement, à créer, chanter et offrir au public de la musique sous toutes ses formes", en réponse à ces horreurs.

Les éditeurs indépendants fédérés au sein d’Eifeil expriment leur "sentiment de révolte" et soutiennent "le deuil des familles et amis qui ont perdu des proches".

Après une nuit de cauchemar, le réseau MAP entend rester uni "dans le combat qui s’annonce aux cotés de chacun d’entre nous, citoyens, partenaires, pouvoirs publics, aux cotés de la France et du monde entier pour résister et se relever tous ensemble. Pour que le spectacle soit toujours vivant".

Pour la ministre de la Culture Fleur Pellerin, "ensemble, au nom des valeurs d’ouverture et de liberté que portent la Culture et notre Ministère, nous résisterons". C’est en ce sens que Dominique Revert, cogérant du Bataclan, a déclaré : "il faut continuer les concerts".

L’ensemble des radios musicales françaises (Radio France, CNRA...) a observé une minute de silence à l’antenne aujourd’hui à midi.

De nombreuses entreprises, organisations professionnelles, artistes, labels, tourneurs... ont témoigné sur les réseaux sociaux de leur tristesse et de leur soutien, comme Warner ou l’Adami, dont les pensées "vont aux familles et aux proches des victimes et des blessés. Après Charlie Hebdo c’est une nouvelle fois les artistes et ceux qui les admirent qui ont été attaqués".

Les images de soutien et de recueillement sont aussi parvenues du monde entier. La Marseillaise a été jouée au Metropolitan Opera de New York, Madonna rendu un hommage vibrant aux victimes sur scène à Stockholm, Johnny Hallyday au Zénith de Strasbourg, Coldplay au Belasco Theater de Los Angeles... Et de nombreux chanteurs anonymes ont également rendu hommage aux victimes. Le quotidien The Guardian a également publié son édito en français, appelant à "rester ferme après les attaques de Paris".

Conformément à l’état d’urgence décrété par François Hollande, de nombreux concerts ont été annulés ce week-end. Le groupe irlandais U2, qui était supposé se produire à Bercy samedi soir, est venu se recueillir au Bataclan. Soprano, Coeur de Pirate ou le groupe britannique Years and Years qui devait chanter au Casino de Paris ont également annulé leurs concerts. Si la chanteuse Shy’m a décidé de maintenir ses shows à Bercy pour résister face à la peur et à ces barbaries, Prince vient d’annoncer qu’il reportait ses deux concerts à l’Opéra Garnier initialement prévus le 11 décembre.

Nos confrères de Tohu-Bohu ont créé une page dédiée à toutes les réactions aux attentats de ce vendredi 13.


Une réunion de crise ce matin au CNV

Une réunion de crise s’est tenue ce matin au CNV, en présence de la ministre de la Culture et de ses équipes, de la Ville de Paris, des représentants des réseaux, syndicats et organismes professionnels. Fleur Pellerin a rappelé la nécessité d’être debout, et insisté pour que les acteurs culturels tiennent bon et ouvrent leurs établissements, accueillent leurs publics. Les professionnels ont martelé le besoin impérieux d’être accompagnés opérationnellement sur les questions de sécurité. Une cellule de crise a été mise en place pour centraliser l’information sur ces sujets et organiser un accompagnement, ainsi qu’une aide au diagnostic pour définir les mesures de sécurité à mettre en place. Le ministère de la Culture travaille d’ores et déjà avec son homologue de l’Intérieur et la Préfecture pour protéger au mieux les sites.

Un fonds exceptionnel mis en place

Le ministère va également mobiliser ses services sur les questions liées aux pertes d’exploitation entraînées par l’état d’urgence, en associant ses collègues de Bercy pour que la situation exceptionnelle soit considérée par les assureurs.

Un fonds, alimenté par le ministère, le CNV et la Sacem, sera créé sous 48 heures. IL devrait concerner les pertes économiques, les défaillances ou absences d’assurance annulation ainsi que les surcoûts spécifiques de sécurité.

Par la voix de son directeur Philippe Nicolas, le CNV a affirmé être, dès à présent, l’interlocuteur pour aider, orienter et accompagner la profession.


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