Niveaux sonores : vers une limitation à 100db ?

Publié le mardi 14 octobre 2014

Gestion sonore

Un projet de loi visant à réformer le décret « Lieux musicaux » de 1998, s’oriente vers une baisse des niveaux sonores, une obligation de sensibilisation et de prévention des publics ainsi qu’une restriction voire une interdiction d’accès aux spectacles pour certains publics dits sensibles (jeunes, femmes enceintes, etc.). Une conférence sera donnée sur ce sujet au MaMA, vendredi 17 octobre à 14h.

105db. Un chiffre couperet, bien connu des salles, ingés son et même du grand public. C’est en effet le niveau sonore maximal autorisé pour les concerts de musiques amplifiées. Dans un rapport publié en septembre 2013, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) préconise d’abaisser ce seuil à 100db sur 15 minutes, avec des pics maximums à 120db. La ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine, en s’appuyant sur ce dernier, envisage de faire évoluer la législation en ce sens.

Abaisser le niveau autorisé de 5 dBA pour les lieux clos est-ce si énorme ? Si l’on considère le fait que la puissance sonore est doublée tous les 3 dB, on s’aperçoit que 5 dBA de moins n’est pas anodin. Le HCSP va plus loin, en préconisant :

- l’affichage en continu des niveaux sonores mesurés en dBA sur 15 minutes, associé à l’affichage d’une information sur les niveaux sonores et durées d’écoute sans risque, afin que chacun puisse connaître son niveau d’exposition et de risque potentiel ;
- des niveaux sonores moyens de 100 dBA mesurés sur 15 minutes et des niveaux crêtes de 120 dBC à ne pas dépasser
- la fourniture gratuite de protection auditive et l’offre d’une zone de récupération
auditive avec un niveau sonore inférieur à 85 dBA ;
- un avertissement pour les femmes enceintes sur les risques de transmission des basses et moyennes fréquences à l’enfant à naître, plus particulièrement fragile au cours des trois derniers mois de grossesse.

Le projet de loi proposé par Marisol Touraine entend ainsi mieux protéger les travailleurs soumis au bruit (techniciens et musiciens), ainsi que le public. Mais cela risque d’obliger les salles à relancer des campagnes de travaux. Quant aux petits lieux et aux cafés concert, les conséquences pourraient être plus dramatiques. Cela pourrait aussi avoir des conséquences artistiques, et entraîner des problèmes avec les artistes et leurs équipes techniques provenant de pays où il n’y a pas de limitation. La révision du "décret bruit" de 1998 risque donc d’en faire... du bruit.

Afin de faire le point sur le sujet, Agi-Son propose, au MaMA, une conférence pour discuter de l’impact potentiel sur les pratiques artistiques et culturelles. Cette rencontre proposera les retours d’expériences de responsables de festivals étrangers qui sont déjà limités en niveaux sonores et mettra en débat la question auprès des professionnels français.


Dans le cadre du MaMA 2014 :
Le vendredi 17 octobre de 14h à 15h30 au Centre Musical FGO-Barbara

[PARCOURS FESTIVAL] - DÉBAT « FESTIVALS, VERS UNE RÉGLEMENTATION LIMITANT LES NIVEAUX SONORES... »

Modérateur : Bertrand FURIC, Vice-Président d’AGI-SON
Intervenants :
- Jean-Paul Roland, Directeur des Eurockéennes de Belfort
- Paul-Henri Wauters, Directeur du festival Botanique
- Jacky Levecq, Ingénieur sanitaire pour l’ARS Rhône-Alpes et la DT Savoie
- Alex Rebecq, Responsable de la communication du Hellfest
- Julien Soulié, Directeur du FAIR
- François Devulder, Chanteur du groupe Blind Digital Citizen

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