Musique et patrimoine, des expériences culturelles urbaines

Publié le lundi 27 août 2007

Journée d’études

Le cadre de cette journée d’études, qui aura lieu le 8 octobre 2007 à Marseille, est destiné à rapprocher, à penser ensemble musique et patrimoine dans leur façon de représenter des expériences culturelles urbaines spécifiques à bien des égards, mais également susceptibles de donner lieu à des comparaisons voire à des intrications.

Musique/patrimoine, des expériences culturelles urbaines

8 octobre 2007, Ehess
Marseille, Shadyc, Centre de la Vieille Charité

Organisée par Jacques Cheyronnaud, Chargé de Recherche (Cnrs) au Shadyc ; Anthony Pecqueux, Chercheur en post-doctorat à FranceTélécom R&D, Susi / Shadyc


Présentation :

Au-delà du fait que ce sont tous deux des arts du temps, musique et patrimoine ont en commun de donner lieu à des pratiques culturelles remarquablement intégrées au quotidien de l’expérience urbaine, pour le meilleur et pour le pire. « Pour le meilleur » : on peut, sans s’en rendre compte, traverser ou passer devant un monument, comme écouter un chef-d’œuvre musical « dans la composition de l’expérience, c’est alors l’expérience urbaine qui prend le dessus sur la part esthétique. Comme « pour le pire » : ces pratiques peuvent à l’occasion susciter des problèmes publics, des conflits d’urbanité, comme lorsqu’un volume sonore d’une musique est considéré comme outrepassant la bienséance sonore urbaine de voisinage (par exemple lors de l’écoute au casque dans les transports en commun). Ou comme quand le patrimoine censé représenter une image stable du passé subit une action, volontaire ou non, qui trouble cette image (dégradation par graffiti ou toute autre action artistique et architecturale, autorisée ou non ; catastrophe naturelle, etc.). Cette diversité d’usages et de perceptions est due pour partie aux régimes d’attention différentiels dont bénéficient ces pratiques culturelles : on peut en effet tout aussi bien être un touriste ou un auditeur passionnés, qu’un passant ou un auditeur distraits, etc. De tels changements de régimes d’attention sont aussi à la racine des différences de régimes d’action, et par suite d’engagement envers les objets culturels que sont musique et patrimoine.

Musique et patrimoine impliquent un certain rapport à l’humain ; nous aimerions dire qu’elles occasionnent des situations quasi-morales d’emblée. Cela signifie, par exemple, qu’une catastrophe touchant un élément de patrimoine n’a pas de commune mesure avec une catastrophe humanitaire ou sociale puisque l’humain n’y est pas directement en jeu. Il y a cependant une spécificité patrimoniale : les objets tenus pour patrimoniaux revêtent une importance particulière (ce ne sont pas que des « vieilles pierres ») ; mais lorsque l’argumentation vise à relativiser l’intensité de l’événement, ils sont alors réduits à leur statut de « vieilles pierres ». Des conclusions similaires ressortent pour la musique quand elle se trouve objet d’évaluation : « ce n’est que de la musique » (pis : « qu’une chanson »), mais de la musique ou une chanson qui peut se retrouver par exemple au tribunal. Dans le cas du patrimoine comme de la musique, de telles définitions indiquent dans quel sens il n’est pas seulement métaphorique de parler des effets de ces pratiques culturelles sur ceux qui y sont exposés.

A partir de là , les principales questions qui seront posées lors de cette journée sont : quelles sont les situations engagées en propre par de telles activités ? Plus précisément : qu’est-ce que mener une expérience qui implique la musique et/ou le patrimoine, et en quoi ces expériences peuvent-elles ou non se raccrocher à une expérience urbaine ordinaire ? En quoi encore pointent-elles ou portent-elles des enjeux (quasi-)moraux ? Il s’agirait également, en fin de parcours, de parvenir à problématiser les liens susceptibles d’émerger entre les pratiques musicales et les pratiques patrimoniales.

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