Le marché du disque passe sous la barre du milliard d’euros

Publié le lundi 26 avril 2010

Musique enregistrée

L’Observatoire de la musique publie les chiffres 2009 du marché du disque : si le chiffre d’affaires décroît de manière moins prononcée qu’il y a quelques années, il enregistre cependant une baisse de plus de 8% et passe sous la barre du milliard d’euros.

Les chiffres clés

Le chiffre d’affaires de la musique enregistrée, comprenant les ventes physiques et numériques, s’élève à 960,6 M € TTC pour l’année 2009 (contre 1 049 M € en 2008, soit une baisse de -8,4%).

Le chiffre d’affaires du marché du support physique (CD audio + DVD musical) s’élève pour l’année 2009 à 887,1 M € TTC (contre 987,6 M € en 2008, soit -10,2%) pour un volume de 63,3 millions d’unités vendues (contre 70,6 millions d’unités en 2008 soit -10,2%).
La répartition du chiffre d’affaires du marché du support musical :
- Album : 90,6%,
- Single : 1,2%,
- DVD musical : 8,2%

Le chiffre d’affaires du marché de la musique numérique (hors streaming et sonneries musicales) s’élève, en 2009, à 73,5 M € TTC (contre 61,4 M € en 2008, soit une hausse de +19,7% vs. 2008).
Cette hausse de +19,7% est à mettre en regard de celle observée en 2008 vs. 2007, qui s’élevait à +61%.
La part de marché de la musique numérique sur le marché de la musique enregistrée, s’établit à 7,7% en valeur (+1,8 pt vs. 2008), contre 92,3% pour le marché du support musical.

Le marché du support musical : une offre diversifiée de 317 753 références
Ce nombre est en hausse de +4,2% par rapport à 2008 et +15,5% par rapport à 2003. Le nombre de références différentes d’albums vendues est de 299 756 (+4,3% vs. 2008 et +17% vs. 2003).

La répartition du chiffre d’affaires du CD audio par genres est la suivante :
- Variété Internationale : 33,8%
- Variété Française : 32,2%
- Classique : 7,5%
- Jazz / Blues : 4,9%
- Musique du Monde : 4,7%
- Autres : 16,8%

Répartition des ventes de CD audio par canaux de distribution
Les GSS représentent 53,8% des ventes en volume (+5,5 pts vs. 2008) pour 55,7% du chiffre d’affaires (+5,4 pts vs. 2008) du marché du CD audio.
Les GSS ont très largement progressé au détriment des GSA : leur part de marché augmente de +5,4 pts en valeur sur un an. Si depuis 2003, leur part de marché a augmenté de +16,9 pts, les GSS subissent toutefois la décroissance puisque leurs pertes restent élevées depuis 2003 : -26,3% en volume et -35,6% en valeur.
La croissance des ventes de supports physiques sur internet marque le pas
Il s’agit des ventes réalisées sur les sites de vente en ligne comme Abeille Musique, Fnac, Alapage, Amazon, etc. En structure de marché, le canal Internet totalise 6,4% des ventes de CD audio pour 6,7% du chiffre d’affaires.
En 2009, ce canal subit un ralentissement de la progression de ses ventes et la croissance s’établit à seulement +0,7% en volume et +2,7% en valeur vs. 2008.
Les réseaux de points de vente traditionnels affichent une forte baisse de -19,1% en volume et -16,8% en valeur. Ils ne représentent plus que 5,4% de parts de marché en volume et 5,7% en valeur.
Depuis 2003, l’effondrement de leur part de marché est de -66% en volume et -68,9% en valeur.

Répartition des ventes de CD audio par distributeurs
75,3% du chiffre d’affaires du marché physique sont réalisés par les 4 majors
Sur un total de 59,4 millions d’unités vendues et un chiffre d’affaires de 814,8 millions d’ € en 2009 :
- Les majors totalisent 73,6% du marché du CD audio en volume, soit une perte de -14,8% (-3,4 pts vs. 2008) pour 75,3% du chiffre d’affaires, enregistrant une baisse de -12,4% (-1,3 pt vs. 2008). Depuis 2003, l’activité des majors s’est effondrée de -60,7% (-12,8 pts) en volume et de -10,1 pts (-60,5%) en valeur.
- Les distributeurs indépendants affirment leur présence sur le marché : leur part de marché s’élève à 26,4% en volume (+2,5% et +3,4 pts vs. 2008) et à 24,7% en valeur (-5,8% et +1,3 pt vs. 2008). La progression en volume est sans réel effet mécanique sur leur chiffre d’affaires qui décroît en valeur vs. 2008.
Depuis 2003, mécaniquement, la part des distributeurs indépendants a enregistré une hausse de -10,3% en volume (+12,8 pts) et une hausse de -23,8% en valeur (+10,2 pts). La part de marché des distributeurs indépendants reste importante voire prépondérante sur les marchés de niche.

Le marché de la musique numérique
En 2009, le chiffre d’affaires du marché de la musique numérique (hors streaming et sonneries musicales) atteint 73,5 M € TTC, en progression de +19,7% vs. 2008. Depuis 2007, la croissance du marché de la musique numérique est de +35,2% en volume et +82,8% en valeur.
La part de marché de la musique numérique sur le marché de la musique enregistrée, s’établit à 7,7% en valeur (en hausse de +1,8 pt vs. 2008), contre 92,3% pour le marché du support musical. Le chiffre d’affaires de 73,5 M € TTC, est réalisé à 83,6% sur le web (+12,1 pts vs. 2008), contre 16,4% sur mobile. Le volume des ventes en actes de téléchargement s’élève à 41 millions en hausse de +10,9% vs. 2008.
Le prix moyen d’un titre téléchargé sur mobile atteint 1,26 € TTC (+14,7% vs. 1,10 € en 2008) et celui d’un album téléchargé sur mobile, s’établit pour la période à 9,96 € TTC (+6,1% vs. 9,38 € en 2008).

Analyse générale

Tendance
En France, le marché de la musique enregistrée (CD, DVD musical et numérique) est passé sous la barre du milliard d’euros et rien n’indique que cette décroissance ne cesse : les deux premiers mois de l’année 2010 indiquent déjà une perte supplémentaire sur le marché physique.

Apparaissent distinctement :
- Une nouvelle strate industrielle déjà dominée par un oligopole américain de diffuseurs/distributeurs et éditeurs en ligne de contenus informationnels et culturels, disposant de capacités financières et de réseaux à l’international, étalant un savoir-faire impressionnant en termes de services.
- Une strate d’indépendants : producteurs, managers, sites sociaux, assez disparate et atomisée qui maintiendront une diversité musicale avec, pour la plupart et souvent, un volontarisme innovant artistiquement et une « débrouillardise » qui atteint les limites de la précarité.

Se profilent :
- Une cotation financière très concurrentielle des catalogues et des artistes. Ainsi, des sommes astronomiques versées pour s’assurer de l’exclusivité des artistes ou de la « remise en scène » de courants musicaux alternatifs.
- L’adoption de pratiques commerciales qui implosent les écosystèmes maintenus sur les territoires européens, où le Luxembourg (T.V.A) et l’Irlande (I.S) apparaissant comme les têtes de pont pour entrer dans le marché intérieur européen.

Les caractéristiques des marchés de la musique en 2009 :
- Recul des variétés françaises : elles affichent pour la première année un recul, malgré un nombre en hausse de références vendues
- Les jeunes générations sont plutôt attirées par de nouveaux modes d’écoute
- La part des distributeurs indépendants continue de croître
- La structuration des canaux physiques continue d’évoluer et le canal internet est attractif
- Le tassement des ventes numériques (hors streaming et sonneries musicales) qui ne totalisent que 73,5 M € TTC

Télécharger l’étude Les marchés de la musique enregistrée 2009 sur le site de l’Observatoire de la musique

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