Snep/Midem : 2013, une année contrastée pour la musique enregistrée

Publié le mercredi 5 février 2014

Musique enregistrée

Le Snep a présenté lors du Midem les chiffres du marché de la musique enregistrée pour l’année 2013. Si la tendance globale est à la hausse, le physique se stabilise et le numérique marque un peu le pas. Le streaming continue de progresser, tout comme les droits voisins.

12 ans que cela n’était pas arrivé ! Comme l’a annoncé le Snep (Syndicat national del’édition phonographique) lors du Midem, en 2013, le marché de la musique enregistrée a connu une hausse de 2,3%, à 603,2 millions d’euros. Et la hausse concerne à la fois les ventes physiques (+1%) et les ventes numériques (+0,6%). Mais si les chiffres sont bons, la réalité est plus contrastée. En effet, le numérique ne progresse que de 0,6%, pour représenter 26% des revenus globaux du marché, à 125,8 millions d’euros. Dans le même temps, les droits voisins progressent de 9% (110 millions d’euros). Une progression qui leur donne une importance grandissante pour les labels, comme nous l’avions évoqué en novembre dernier.

Streaming : une potentialité à confirmer

Si le streaming, avec les ventes d’albums physiques et numériques, tire la croissance du marché, le Snep, par la voix de son secrétaire général Guillaume Leblanc, veut croire que le potentiel de développement est devant, les offres de streaming n’étant pas encore suffisamment connues de tous les publics. Tout en précisant que le streaming, qui représente 43% des revenus numériques a doublé en 3 ans. Le syndicat dénombre environ 1,5 millions d’abonnés à des services de streaming.

Si le téléchargement à l’acte se tasse en 2013 (-1% en valeur), il représente encore 50% des ventes numériques en France avec, en volume, 40,5 millions de titres et 7,3 millions d’albums. Mais, pour le Snep, les revenus issus du numérique sont encore pénalisés par le piratage. Le Snep, qui a par ailleurs publié un décryptage du rapport Phéline, s’est étonné que celui-ci ne fasse aucune mention du piratage, alors même que les 100 millions de notifications pour déréférencement envoyées à Google ont été dépassées.

De la place de la musique dans les médias

Enfin, dernier sujet abordé par le syndicat, la place de la musique dans les médias, et notamment l’exposition des artistes francophones dans les médias traditionnels. Alors que la mission confiée à Jean-Marie Bordes sur le sujet doit rendre ses conclusions dans les semaines à venir, le Snep a insisté sur l’extrême concentration des titres sur les radios jeunes. En effet, 10 titres représentent 2/3 des diffusions. D’où la proposition d’établir un seuil maximum de 120 à 150 diffusions mensuelles par titre
au-delà duquel les diffusions ne sont plus comptabilisées pour le calcul des quotas. de même, le Snep demande, pour améliorer l’exposition des artistes francophones dans les médias traditionnels de reconnaître aux prestations des artistes une valeur patrimoniale.

2014 sera peut-être l’année de la réelle reprise pour le marché de la musique enregistrée, mais sera surtout celle de la négociation sur les revenus du streaming avec les autres acteurs de la filière. L’occasion de mettre fin à une année d’opposition avec l’Adami ? La ministre a prévenu : en cas de non accord, une gestion collective sera instaurée.


Lire le dossier de presse complet du Snep au Midem 2014


Revivez la conférence de presse du Snep au Midem avec @IrmaLIVE1 sur twitter :



Nous suivre /asso.irma /IrmACTU