Midem/Audrey Azoulay : "le monde de la musique a besoin d’être rassemblé"

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Politique culturelle

La ministre de la Culture et de la Communication Audrey Azoulay était en déplacement samedi 4 juin au Palais des festivals de Cannes, pour le cinquantième anniversaire du Midem. L’occasion de rencontrer les professionnels et de balayer les différentes actualités de la filière musicale.

Midem/Audrey Azoulay : "le monde de la musique a besoin d'être (...)Audrey Azoulay était présente samedi 4 juin 2016 au Palais des festivals, pour aller à la rencontre des acteurs de l’écosystème musical. L’occasion pour la ministre de la Culture et de la Communication d’échanger avec les professionnels au pavillon France et sur le stand de la French Tech, après un crochet pour rencontrer Gao Xiaosong, le président du géant chinois Alibaba. Après de nombreuses discussions informelles sur l’espace du ministère, où se sont pressés nombreux les acteurs de la musique, c’est sur la scène de l’innovation factory qu’Audrey Azoulay est montée pour adresser un discours qui s’est voulu rassurant. Elle a ainsi détaillé les trois « directions structurantes pour la filière musicale » sur lesquelles le gouvernement travaille, notamment dans le cadre de la loi "Liberté de création, architecture et patrimoine" : le renforcement du soutien à la création et la diffusion de la diversité, notamment en rendant les quotas effectifs, l’amélioration du partage de la valeur dans le numérique et le renforcement de la transparence dans les relations avec les acteurs, et la défense de la création aux niveaux international et européen et le renforcement du rayonnement de la musique française dans le monde.


Un partage équitable de la valeur


La question du partage de la valeur, « qui reste source de tensions », a occupé une partie du discours d’Audrey Azoulay, qui a souligné « les distorsions de concurrence entre les services de musique en ligne et certaines grandes plateformes de vidéo ». Elle a ainsi rappelé que « la loi création crée une garantie de rémunération minimale pour les artistes en contrepartie de l’usage numérique de leur musique ». Pour résoudre les conflits au sein de la filière, la ministre a confirmé l’instauration prochaine d’un Médiateur de la musique, en rappelant son attachement à « l’idée d’une régulation fondée sur la concertation et la négociation entre les professionnels concernés  ».

Audrey Azoulay a également annoncé la désignation de deux inspecteurs généraux de la création artistique pour une mission de médiation entre les éditeurs de musique et les auteurs. Leur mission : établir un code des usages, en adaptant les contrats-types au fonctionnement actuel de la musique.


« Assurer l’avenir de la filière »


Rappelant les résultats encourageants du streaming (multiplié par 5 en cinq ans) qui annoncent « les signes avant-coureurs d’une embellie », Audrey Azoulay a insisté sur le besoin d’unité pour surmonter la crise qui dure depuis le début des années 2000 (le marché de la musique enregistrée a encore perdu 4% en 2015) : « le monde de la musique a besoin d’être rassemblé ». Confirmant la création d’un Observatoire de l’économie de la musique, « lieu de réflexion et de dialogue dans la transparence », qui était une des conclusions des accords Schwartz, elle a souligné la nécessité d’une « maison commune à tous les acteurs de la musique » construite autour du CNV. Comme une réponse à la mise en ordre de bataille affichée par les acteurs lors du traditionnel "déjeuner filière" du Prodiss, qui avait eu lieu quelques heures avant.

Autre annonce, la création d’un fonds doté de 2 millions d’euros à destination de la production indépendante, de la distribution physique et numérique ainsi que des « intermédiaires qui concourent au développement de l’offre légale ». Il s’agit là de la continuité du fonds de soutien à l’innovation et la transition numérique porté depuis 3 ans par la DGMIC. Il devrait être opérationnel dès la rentrée prochaine avec une première réunion comité d’experts chargé de donner un avis sur l’attribution des aides.


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