Midem : 2011, une année "surprise" pour la Sacem

Publié le lundi 30 janvier 2012

Droit d’auteur

Lors de sa conférence de presse au Midem, la Sacem a présenté les chiffres de l’année 2011. Avec un montant estimé des perceptions s’élevant à 820,5 millions d’euros, 2011 est une année "surprise" car en légère hausse par rapport à 2010. Panorama des résultats annoncés par la société de perception et de redistribution des droits d’auteur.

Dimanche 29 janvier, lors du Midem, Bernard Miyet à présenté les chiffres de l’année 2011. Pour la dernière fois. En effet, le président du directoire laissera sa place à Jean-Noël Tron à l’issue de son mandat. 2011 est une année "surprise" pour la Sacem, avec une légère hausse du montant estimé des perceptions de droits d’auteur de 0,1%, pour un montant avoisinant les 820,5 millions d’euros. Année surprise, car l’organisme s’attendait à un cru 2011 en baisse. En effet, 2010 avait été marquée par des régularisations exceptionnelles dans le domaine des médias.

Droits généraux et médias : la stabilité

Les principales sources de revenus proviennent des médias, radios et télévisions (318 millions d’euros, +0,2%) et des droits généraux (266,3 millions d’euros, -0,1%). Les droits généraux sont stables malgré un contexte économique peu favorable. Les perceptions relatives aux lieux publics sont aussi stables (+0,4%). Si l’on observe un léger progrès sur le cinéma, avec une forte fréquentation en fin d’année, dûe à la sortie de succès populaires (Intouchables) le spectacle vivant est quant à lui en recul, en l’absence de grandes tournées. En ce qui concerne les perceptions sur les médias, l’on observe un tassement des chaînes historiques au profit d’opérateurs plus récents. Pour les radios, les résultats sont positifs (+6,3%)

Supports physiques et copie privée : la baisse se poursuit

Suivant les évolutions du marché, les perceptions de droits sur les supports physiques sont en baisse (84,1 millions d’euros, - 14%). De même, les perceptions au titre de la copie privée reculent de 6%, pour atteindre un montant de 53,8 millions d’euros. D’après Bernard Miyet, ce recul est lié à "une année très agitée et notamment aux mises en réserve effectuées suite à la décision du Conseil d’État du 17 juin 2011", c’est-à-dire la censure sur la taxation des usages professionnels. Il a par ailleurs précisé qu’Apple se devra de régulariser sa situation en payant la taxe pour copie privée.

Un quasi triplement des résultats sur Internet

Les recettes perçus pour le secteur Internet et multimédia connaissent quant à eux une croissance phénoménale (+178%) et atteignent 18,3 millions d’euros. Cette évolution s’explique en partie par la progression du marché de la musique en ligne, mais également par les nombreuses régularisations auprès des principaux services français et européens. Ainsi, Bernard Miyet a précisé : "Internet représente désormais 2,2% de nos perceptions globales".

Sacem : premier répertoire non anglo-saxon à l’export

Avec plus de 80 millions d’euros perçus à l’étranger via les 158 contrats de représentation existants avec les autres sociétés d’auteurs dans le monde, le répertoire de la Sacem se place au troisième rang mondial, derrière les États-Unis et l’Angleterre. Le dynamisme du répertoire Sacem à l’export s’explique par la pérennité de grands classiques indémodables et l’arrivée de jeunes créateurs dans des genres musicaux variés, notamment en musiques électroniques (David GUetta, Bob Sinclar, Air, Justice...), mais aussi sur la "jeune scène" nationale (Zaz, Selah Sue, Stromae, Yelle...). Comme l’a rappelé Bernard Miyet : "avec 163 nationalités représentées parmi nos 137 000 membres, et une extrême diversité de genres musicaux, de la musique contemporaine à la chanson, en passant par l’electro, les musiques du monde ou les musiques de films, la force du répertoire Sacem pour l’export repose sur sa diversité et le talent de ses sociétaires".

5 à 6000 auteurs de plus chaque année

Cependant, si les chiffres sont bons, Laurent Petitgirard, président de la Sacem, a rappelé que la stabilité des perceptions ne signifie pas une stabilité des rémunérations. En effet, chaque année, la Sacem compte de 5000 à 6000 auteurs supplémentaires. Ainsi, "les perceptions sont stables, mais comme ils sont de plus en plus nombreux, ils touchent moins. Il n’y a donc pas de stabilité pour eux."


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