Martin Ajdari : "l’entrepreneuriat concerne tous les secteurs de la culture"

Publié le jeudi 19 mai 2016

Politique culturelle

Martin Ajdari, directeur général des médias et des industries culturelles (DGMIC) du ministère de la Culture et de la Communication, présente l’édition 2016 du forum Entreprendre dans la culture, qui se tiendra du 24 au 27 mai. Au programme, 70 ateliers et tables rondes qui embrassent l’ensemble des champs du secteur culturel.

Martin Ajdari, directeur général des médias et des industries culturelles (DGMIC/MCC)

- Le forum entreprendre dans la culture revient pour la 2e année. Quel bilan aviez-vous tiré de la première édition ?

Cette première édition du Forum a accueilli plus de 1 000 participants et a été saluée par de nombreux professionnels, qui ont exprimé le besoin de s’informer et d’échanger avec leur pairs sur le thème de l’entrepreneuriat. Nous sommes très heureux de ce succès, qui nous a montré que nous répondions à une véritable demande, et nous a permis de confirmer ce que nous pressentions : la thématique de l’entrepreneuriat culturel intéresse un large public, elle n’est plus un tabou pour les acteurs de la culture et de nouveaux axes de réflexion peuvent être ouverts, notamment sur la question de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS).

- Quelles sont les nouveautés et les temps forts de l’édition 2016 ?

L’édition 2015 se concentrait sur les industries culturelles. Cette année, nous avons souhaité l’ouverture de l’événement à tous les champs de la culture et toutes les directions du ministère, l’entrepreneuriat étant un sujet qui concerne évidemment tous les secteurs de la culture.

À travers le témoignage de nombreux entrepreneurs et les conseils d’experts, l’édition 2016, qui aura lieu du 24 au 27 mai, s’annonce riche et passionnante. Elle s’articule autour de 70 ateliers et tables rondes, à la fois des rencontres transversales sur les thèmes du financement, de l’accompagnement, du développement à l’international, des modèles entrepreneuriaux, mais également des tables rondes consacrées cette année à onze secteurs culturels : la musique, le cinéma, l’audiovisuel, la presse, l’édition, le jeu vidéo, le spectacle vivant, le design, la mode, les arts plastiques et l’artisanat d’art.

- Un mot sur la journée musique du 24 mai ?

La journée du 24 mai sera consacrée exclusivement à la musique. Elle aura lieu à La Place, nouvel équipement culturel de la ville de Paris dédié aux cultures urbaines, qui ouvrira en septembre prochain. La Place accueillera, le temps d’une journée, toutes les esthétiques musicales autour de 16 ateliers et tables rondes sur différents thèmes : le financement (présentation des aides du Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV), du Fonds pour la création musicale (FCM), de l’Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles (IFCIC) et du crédit d’impôt en faveur de la production phonographique), l’export, la profession de producteur et d’éditeur, le développement de la carrière d’artiste et l’impact du numérique sur le travail dans le secteur du spectacle vivant. Nous proposerons également un focus sur quatre esthétiques musicales : le hip-hop, les musiques du monde, la musique électronique et la musique classique.

Nous organisons par ailleurs dans le cadre du Forum, avec l’association French Team, un Startup weekend, les 21 et 22 mai. À l’image des « hackathons », le Startup weekend réunira pendant 54 heures une centaine de participants autour d’une thématique commune afin de les faire réfléchir à un projet de produits ou services innovants dans le domaine de la culture.

- L’événement embrasse l’ensemble des secteurs (musique, médias…). S’agit-il aussi de créer des passerelles entre eux ?

Bien sûr. Il me semble, et c’est l’objet même de ce Forum, qu’il existe un terreau commun à toutes les initiatives entrepreneuriales qui émergent dans la culture. Le programme de cette édition est le fruit d’un travail collectif réunissant des étudiants, des jeunes diplômés, des entrepreneurs, des artistes et des organismes professionnels de toutes les disciplines culturelles. Il traduit leurs attentes et besoins afin de leur apporter les clés pour créer leur activité ou une entreprise, financer leur développement, interroger leurs pratiques. De nombreuses rencontres transversales sont organisées pendant le Forum et permettront d’accueillir et de brasser un large public.

Cela étant, nous savons également que chaque secteur a ses particularités, et qu’il faut également répondre à des besoins plus spécifiques. Les ateliers sectoriels nous permettront ainsi d’approfondir et de répondre à ces besoins.

- En quoi est-ce important, pour la DGMIC, de mettre en lumière l’entrepreneuriat culturel, sur l’ensemble du territoire ?

Il me semble essentiel de tenir compte des enjeux régionaux et des spécificités territoriales, qui sont au cœur de nombreuses initiatives. Même à l’heure du numérique et de la mondialisation, c’est à l’échelle locale que naissent et se développent la plupart des projets d’entrepreneuriat culturel.

L’édition 2015 a ainsi été déclinée dans six villes en région. Ces déclinaisons ont mobilisé plusieurs centaines de personnes par région et permis des collaborations entre acteurs locaux qui n’ont pas toujours l’occasion de travailler ensemble.

Cette année, afin d’aller plus loin et de continuer à travailler avec les DRAC et à la sensibilisation des publics et des professionnels aux enjeux économiques et entrepreneuriaux sur les territoires, une déclinaison du Forum aura lieu dans chaque nouvelle région.

- Quelles autres actions menez-vous pour favoriser l’entrepreneuriat culturel ?

La DGMIC développe différentes actions en faveur de l’entrepreneuriat culturel, afin de répondre aux enjeux de professionnalisation des entrepreneurs culturels et de structuration des entreprises.

Nous avons publié en 2012 le Guide Entreprendre dans les industries culturelles, qui recense tous les dispositifs nationaux de droit commun, qu’il s’agisse de subventions, de prêts, de garanties bancaires, de mesures fiscales ou d’aides à l’embauche. Ce guide a fait l’objet d’une actualisation en 2014 suite à la création de Bpifrance, et sera réédité en 2016 pour tenir compte de l’évolution des mécanismes de financement. Son actualisation permettra notamment de valoriser les outils de financement structurants de l’IFCIC et des établissements publics du ministère.

Nous travaillons en outre à la création d’un MOOC dédié à l’entrepreneuriat culturel. Ce MOOC devrait permettre aux porteurs de projet et aux entrepreneurs de la culture d’acquérir les compétences nécessaires et d’enrichir l’action des dispositifs d’accompagnement des établissements d’enseignement supérieur culture.

Réalisée avec de nombreux experts du secteur culturel et de l’entrepreneuriat, cette formation en ligne constituée de vidéos d’une vingtaine de minutes, libre d’accès et évolutive, s’attachera à apporter aux participants les fondamentaux et les bons réflexes pour gérer et développer une entreprise sur les plans juridique, financier, réglementaire, fiscal et social.

- Le forum va-t-il se pérenniser et revenir chaque année ?

Oui, bien sûr. Le Forum Entreprendre dans la Culture a vocation à être reconduit chaque année, tout en étant repensé à chaque fois dans sa forme et son étendue.


Propos recueillis par Romain BIGAY

>> Le programme de la journée "musique" du forum

>> Informations et inscriptions au Forum Entreprendre dans la culture


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