Les musiques du monde au coeur des politiques territoriales et de la dynamique européenne

Publié le mardi 1er février 2011

Interviews

Deux professionnels des musiques du monde ont accepté de répondre aux questions sur les spécificités de leur secteur. Programmation, diffusion et circulation des artistes, tous les aspects sont abordés.

Musiques du monde et politiques culturelles territoriales

Kamel Dafri, directeur du festival Villes des Musiques du Monde en Seine-Saint-Denis

Le festival Villes des Musiques du Monde diffuse aujourd’hui des artistes dans 18 villes du département de la Seine-Saint-Denis et à Paris. Comment ce développement s’est-il opéré au long de ses 12 éditions ?

« Villes des Musiques du Monde », anime aujourd’hui un réseau composé de structures de nature différentes (salles de musiques actuelles, services municipaux, associations ; des secteurs culture, jeunesse, relations internationales…) et de personnes, engagées professionnellement et/ou volontairement dans des démarches d’éducation populaire et d’éducation artistique et culturelle. Le festival couvre actuellement 18 villes de la Seine Saint-Denis en passant par Paris, Nanterre et la fondation Royaumont dans le Val d’Oise.
Cette extension du festival s’est faite progressivement et naturellement au fil des années. Le festival est né en 1997 à Aubervilliers sous l’intitulé Auber’Villes des Musiques du Monde. Ce projet dédié aux musiques du monde comportait un fort potentiel de mobilisation de l’ensemble des acteurs culturels, socioculturels et associatifs de la ville. Il s’agissait aussi de tenir compte de l’environnement et d’affirmer l’importance des richesses culturelles présentes dans les quartiers,d’organiser leur visibilité, leur partage, leur connaissance et leur reconnaissance afin d’en faire bénéficier le plus de monde possible et singulièrement les jeunes. C’est ainsi qu’est née l’idée d’un festival autour des musiques du monde, qui voulait être le moment de rassemblement de toutes les populations, autour des cultures des uns et des autres . Notre développement auprès des autres villes s’est opéré autour de cette démarche comme un effet domino. C’est bien toute l’ambition du projet que conduit Villes des Musiques du Monde depuis maintenant 10 ans : dépasser le simple événementiel pour proposer une approche de fond et appréhender les problématiques qui animent nos villes-Monde.

En quoi les musiques du monde constituent-elles un matériau artistique intéressant à diffuser sur le territoire de la Seine-Saint-Denis ?

Le choix des musiques du monde donne au festival, une matière fertile pour mettre en valeur des réalités culturelles et des solidarités qui font la richesse et le dynamisme de nos villes.

Les Musiques du monde nous font en effet rencontrer des pays, des régions, des peuples et constituent un formidable outil culturel et citoyen pour aborder la question des publics dans une démarche de (re)découverte des cultures du monde des plus proches aux plus lointaines.

Autour des concerts, des parcours originaux de rencontre avec le public sont proposés en complicité avec les artistes invités dans chaque ville-étape. Ces parcours passent par le cinéma, les expositions, la pratique instrumentale, une recette de cuisine … autant d’élément pour explorer l’univers culturel des artistes et privilégier le rapport de proximité entre acteurs de terrain et du spectacle vivant au bénéfice d’une rencontre enrichissante avec le public.

Comment choisissez-vous les artistes pour vos programmations ?

La direction artistique est collective. Elle vise à favoriser les rencontres et les croisements entre traditions authentiques et remises en jeu contemporaines (entre tradition et urbanité), à réunir des artistes confirmés et en devenir, amateurs et professionnels, dans un dispositif s’appuyant sur les dynamiques locales, créant les conditions d’une mutualisation des moyens et d’une réflexion commune entre villes, structures, acteurs de toutes sortes. La programmation se construit collectivement dans un canevas proposé par l’équipe du festival qui hors de la contrainte de la gestion d’un lieu, imagine, met en musique tisse des liens de projet sur un territoire élargi pour faire rayonner événements et ’actions d’accompagnement. Cette forme de direction artistique collective fait toute l’originalité du projet, sa richesse et sa pertinence au regard des spécificités des territoires couverts et de la problématique des publics.
Chaque partenaire est force de proposition dans cette connaissance affinée de son territoire, de ses publics et de ses relais. Il participe à l’émergence de talents locaux repérés, aux projets de création, partage ses découvertes, initie des actions ou décline des expériences réussies imaginées par d’autres.

La programmation est le reflet de ce pot commun articulé autour de lignes de cohérence sur des approches de travail avec les publics, notamment sur les actions développées autour des concerts imaginées à l’échelle du territoire du festival , et de choix artistiques qui se complètent, se répondent ou s’interrogent.

Le travail en réseau vous aide-t-il dans vos démarches ?

Le travail en réseau est fondamental singulièrement dans un projet mutualiste comme Villes des MDM. Le réseau permet de trouver de la ressource, de nouer des relations de partenariats ,de partager un même système de valeurs, d’initier des projets , de confronter les idées et faire avancer l’idée que ces musiques portent en elles un socle de valeur et art de vivre qu’il est important de partager. Nous sommes convaincus de l’importance de démultiplier les interconnexions du local à l’international et du besoin d’accompagner, participer, encourager toutes les formes de coopérations, de structuration de réseau tel Zone Franche qui abrite toutes sortes d’acteurs et de professionnels (diffuseurs, producteurs, tourneurs, labels…). Nous pensons qu’il est aussi intéressant de rechercher des synergies entre des structures de « nature » et de « culture » différentes, d’avoir une approche transversale et de se rapprocher d’autres secteurs comme celui de l’économie sociale et solidaire.

Quelles sont vos stratégies pour favoriser la rencontre des artistes avec les publics ?

Notre crédo c’est « Aller vers pour faire venir ». Le moment du festival, la programmation des concerts, est la partie visible de l’iceberg. Tout un travail en amont et en aval est opéré pour aller à la rencontre des publics, donner envie de découvrir les propositions artistiques. Il s’agit à la fois de démarches de « recrutement » et de communication de proximité, adaptés à la variété des publics de notre territoire, en créant des situations de rencontre, de découverte, de présentation pour susciter l’envie de se déplacer, voire de participer activement à la construction des événements.. Villes des musiques du Monde s’appuie aussi sur le regard éclairé et constructif d’artistes qui cultivent une histoire forte avec le festival depuis de nombreuses années.

Les artistes associés sont ainsi des partenaires à part entière de l’événement dans les contributions qu’ils apportent en amont et durant le festival. Ils guident, accompagnent les choix, apportent des ressources sur la conduite des projets pédagogiques ou sur des éléments artistiques.

Une démarche pédagogique via des ateliers et stages accompagnent les événements. De la master class à des ateliers d’initiation, les actions pédagogiques et de sensibilisation prennent des formes variées en fonction des publics et des intérêts. Ils visent à développer la connaissance et la pratique des musiques, chants et danses du monde, mais s’intéressent aussi à d’autres activités : la cuisine, la vidéo, la couture… autant de prétextes qui sont une entrée en matière vers le festival.

Il y a aussi les moments de rencontre avec les artistes. Ils prennent différentes formes et viennent compléter la démarche de programmation et d’ateliers. Ils impliquent une participation active de l’artiste qui se prête à des situations variées de rencontre des publics : apéro concert, ciné solo… dans des lieux qui privilégient la convivialité.

L’objectif de la démarche au même titre que le projet agit sur la mise en lumière de la diversité des cultures et des identités est de travailler sur la diversité des lieux, tels qu’ils peuvent être fréquentés par les habitants, au plus près de leur quotidien.
(par ex : notre territoire abrite une « Petite Espagne », « une Petite Prusse »…).

La demande des publics est-elle un élément déterminant dans l’élaboration de vos programmes ?

Le festival se déroulant dans un réseau de salle avec des jauges moyennes, nous sommes moins soumis à la course aux têtes d’affiche que d’autres festivals. Nous sommes bien évidemment à l’écoute de l’évolution des tendances musicales mais il n’est pas question de caresser le public dans le sens du poil. Ce serait le début de la démagogie. Nous essayons de concilier exigence artistique en mettant en avant des artistes découvertes, en encourageant la création et les rencontres transdisciplinaires, l’émergence de groupe en développement avec une politique importante d’accompagnement des publics.

Rencontrez-vous des freins — douanier, financier ou d’autre nature — dans l’élaboration de vos programmes ?

Oui, pratiquement à chaque édition. Particulièrement avec les artistes qui viennent du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne… De ce point de vue l’action de réseau mené par Zone Franche autour de la circulation des artistes permet de proposer un pare-feu à ces freins qui handicapent fortement et la profession et les artistes.

Selon vous, quels sont les principaux points forts et points faibles dans le domaine de la diffusion des artistes de musiques du monde en France ?

Il faut d’abord s’entendre sur le sens du mot diffusion. Du point de vue du festival Villes des Musiques du Monde, cela comprend aussi bien les questions de création, de transmission et de réception des œuvres. Face aux mutations importantes que traverse globalement le spectacle vivant et aux grands groupes qui normalisent la diffusion, le secteur des musiques du monde est porteur d’un socle de valeurs et d’expériences. Cette spécificité peut avoir une résonnance avec les enjeux de notre société contemporaine et insuffler la création d’un nouveau modèle, proposer une alternative face aux logiques de marché.

Quelques points forts : le formidable travail de collectage et de lutherie, la vitalité des réseau en région et des festivals de musiques du monde (on peut souligner que ces musiques s’invitent de plus en plus sur les scènes jazz, voire de musique classique), du secteur indépendant, des petites structures de productions qui accompagnent le développement d’artistes dans une forte proximité de relations avec les diffuseurs. Ils sont souvent à l’origine des rencontres et des créations audacieuses. Sur le terrain de la transmission, les lignes bougent aussi et l’oralité s’inscrit peu à peu dans l’apprentissage de la musique dans les écoles de musique et conservatoires. Comme les musiques du monde sont aussi porteuses de sens, il y a fort intérêt à aller au-delà de la simple diffusion d’un artiste en construisant des projets de coopérations internationales sur différents plans : artistique, pédagogique, formation…

Les faiblesses que l’ont peut observer : la faible représentativité de ces musiques dans les réseaux généralistes ou dans les scènes dédiées aux musiques actuelles, leur faible exposition médiatique, les problèmes récurrents de circulation des artistes étrangers. Il y a aussi la problématique de catégorisation car au fil des saisons, telle programmation réputée “jazz” pourrait tout aussi bien être qualifiée de musique du monde, tel spectacle repéré “musique urbaine” intègre des productions “traditionnelles” qu’un programmateur “musique du monde” pourrait tout aussi bien revendiquer…

Quelles solutions et/ou améliorations pourraient ou devraient y être apportées ?

Nous devons peser plus fortement et collectivement pour influer sur les politiques culturelles. Il est important de montrer le besoin et l’intérêt de créer les espaces et les outils de représentation, d’expression et de transmission de ce qu’on appelle les musiques du monde, d’organiser les lieux de création, de développer des modes de production, de médiation et de rencontres avec les publics.

Une des solutions se trouve certainement dans la coopération intelligente et le partenariat. Des collaborations audacieuses peuvent naître sur la base d’un projet artistique partagé, par exemple, en conciliant les intérêts de l’artiste, du producteur et du diffuseur et en conjuguant leurs moyens d’actions respectifs pour assurer le développement du projet, en repensant la répartition naturelle du travail entre les différents maillons de la chaîne producteurs, tourneurs et diffuseurs. Les médias, pour le coup, peuvent aussi être parties prenantes.

Nous devons donc promouvoir — en dehors de la logique des marchés et salons, qui font se rencontrer l’offre et la demande à grande échelle — des formes de regroupements entre les acteurs sur la base de projets mutualiste, qui associerait étroitement les producteurs et les diffuseurs dans une logique d’économie et de partage de savoirs faire. Il s’agit de favoriser une collaboration, un maillage territorial à une échelle plus humaine, d’impulser une démarche garante d’une certaine éthique de travail en faveur d’une véritable qualité d’écoute, de production et de rencontre à la fois pour les professionnels, les artistes et le public. C’est ce que nous nous efforçons de faire, de façon modeste avec le festival Villes des Musiques du Monde. D’autres acteurs sont aussi dans cette approche, comme le jeune festival parisien Au Fil des Voix. Des expériences de regroupement d’acteurs naissent ici et là : en Ile-de-France avec un collectif musiques du monde fraîchement constitué et ParisMix ; en Provence-Alpes-Côte d’Azur avec les Pôles Régionaux d’Innovation et de Développement Economique Solidaire (Prides) ; en Aquitaine avec le Collectif ça ; en Bretagne, etc. Autant d’initiatives qui peuvent alimenter le système et réformer nos façons de travailler.


Musiques du monde, la dynamique européenne

Cristina Fina, responsable de la maison de production et de diffusion de spectacles La Strada Mundi

Quand avez-vous créé votre structure Strada Mundi et quels en sont les objectifs ?

J’ai quitté mon pays à la fin des années ’80, une décennie particulièrement triste pour l’Italie où la corruption de la classe politique jetait les bases d’un système qui a porté plus tard Berlusconi au pouvoir. Je résidais à Paris depuis quelques années déjà, en travaillant au sein de plusieurs structures dans le domaine des musiques du monde, quand j’ai ressenti l’urgence de me rapprocher de mes racines culturelles et musicales et de les faire connaître dans le pays où j’avais décidé de vivre. Il y a 15 ans, la scène musicale italienne n’était pas très visible en France et le public connaissait seulement Giovanna Marini et Paolo Conte, bien que beaucoup de réalités musicales très intéressantes fussent en train de se développer à cette époque en Italie. Dans ma région natale, les Pouilles, où l’on vivait une véritable renaissance des traditions musicales, grâce à des groupes comme Officina Zoé, fer de lance de ce qui est devenu un grand mouvement de renouveau de la tradition.

J’ai alors crée, en 1998, La Strada pour produire et diffuser Officina Zoé et d’autres artistes italiens en France. J’ai ensuite élargi l’activité aux musiques du monde entier, d’où le changement du nom de la structure en La Strada Mundi.
La Strada a été et reste pour moi un formidable moyen de connaissance. Le but était et reste toujours celui de découvrir et partager des cultures musicales, seule la connaissance étant, à mon avis, capable d’enrichir et ouvrir notre regard sur l’Autre, condition indispensable pour que l’on arrive à vivre ensemble.


Quelles sont les spécificités des projets artistiques dont vous contribuez au développement et quelles sont vos stratégies pour les diffuser ?

Les projets artistiques dont je m’occupe ont tous la particularité de porter et transmettre un héritage, une tradition toujours vivante et en perpétuel mouvement, ancrée dans la réalité quotidienne de musiciens qui en même temps développent un univers artistique très personnel, contribuant ainsi à l’innovation de ce que l’on appelle un genre musical. Comme les projets de la chanteuse sarde Elena Ledda, dont le travail de recherche sur le patrimoine musical de son île natale s’accompagne d’un travail d’écriture très expressif et original. Dans le parcours de ces artistes la rencontre entre tradition et langages musicaux contemporains relève d’une vraie exigence ainsi que le besoin de se confronter à d’autres cultures musicales. Beaucoup de ces projets échappent totalement à une catégorisation préétablie. C’est le cas des créations du violoncelliste hollandais Ernst Reijseger, électron libre de la musique improvisée, avec le chanteur sénégalais Mola Sylla et le chœur polyphonique sarde des Tenores de Orosei, ou encore avec les musiciens réunionnais de Groove Lélé. Il s’agit de projets nés de véritables rencontres humaines et artistiques.

En ce qui concerne les stratégies de diffusion, elles s’articulent sur plusieurs niveaux. Je me confronte à des circuits commerciaux pas encore très ouverts à des musiques qui résistent aux classifications, à cheval entre différents genres. Il s’agit d’un travail constant, en lame de fond et de longue haleine, souvent loin des feux de l’actualité, dont les circuits commerciaux s’alimentent et ont besoin pour vivre.
J’utilise beaucoup les réseaux de diffusion indépendants, et à chaque concert la réponse du public est très enthousiaste. Je pense qu’il partage ce même besoin de tradition et d’innovation. Mais j’utilise aussi les réseaux institutionnels. Ce qui est extraordinaire en France, c’est la grande importance que l’on a toujours donné à la recherche, à l’étude et à la diffusion des traditions musicales du monde entier, ainsi que la mise en œuvre depuis des décennies d’une véritable politique culturelle qui, bien qu’aujourd’hui affaiblie par un mouvement général de désengagement de l’Etat, reste sans équivalent en Europe.

Italienne travaillant en France et en Europe, vous vous êtes impliquée dans l’initiative Puglia Sounds, qui regroupe des opérateurs de la région des Pouilles en Italie. Pouvez-vous nous parler de cette initiative, des structures qu’elle regroupe (plus particulièrement dans le domaine des musiques du monde), de ses soutiens et de ses réalisations ?

Vivre et travailler en France depuis 23 ans en tant qu’étrangère m’a beaucoup apporté et j’ai beaucoup appris. C’est une expérience que j’ai voulu mettre au service de l’initiative Puglia Sounds.

En Italie l’intérêt envers les musiques du monde est encore très mitigé et son marché reste à développer, sans parler d’une politique culturelle au niveau national catastrophique. Ce qui n’a pas empêché que dans la région des Pouilles, depuis une dizaine d’années, se soit développée une vivacité artistique sans précédent, une scène musicale caractérisée par une richesse de propositions qui couvre tous les genres musicaux. Cela dans une situation de manque de structures professionnelles et de moyens économiques.

Le Conseil Régional des Pouilles a ainsi décidé de démarrer en 2010, grâce aussi à l’apport de fonds Européens, l’initiative Puglia Sounds, un programme qui entend valoriser le patrimoine musical régional et soutenir le développement de toute la filière musicale. Il s’agit du premier projet de ce genre en Italie. Il concerne et rassemble tous ceux qui dans les Pouilles font de la musique, la distribuent, la produisent ou simplement l’écoutent. Beaucoup de dispositifs que nous avons mis en œuvre existent en France depuis longtemps.

L’objectif principal de Puglia Sounds est la création d’un “Système Musical Pouilles”, à travers lequel soutenir le réseau de l’industrie musicale dans son ensemble, offrant aux artistes et aux entreprises des instruments économiques qui favorisent l’augmentation, la consolidation et la distribution de l’offre culturelle. L’intervention est articulée sur plusieurs axes.

A travers un dispositif d’appels à projets qui est lancé deux fois par ans, nous avons mis en œuvre un dispositif de soutien aux tournées internationales et d’aide à la création de productions originales (mise à disposition gratuite d’équipements techniques, de salles de répétition, prise en charge des frais d’hébergement des équipes). C’est ainsi que de beaux projets ont pu voir le jour l’automne dernier, comme le concert en hommage à Nick Drake, le nouvel album de Pino Minafra avec La Banda de Ruvo et la nouvelle production du trompettiste Cesare Dell’Anna, et que les tournées de Sud Sound System en Australie et Après la Classe aux USA ont pu avoir lieu.

Nous avons créé et mis à disposition plusieurs outils de communication, dont un site internet, une lettre d’information. Une première compilation a été distribuée en insert du quotidien italien le plus vendu en Italie, La Repubblica.

Pour aider les structures régionales à développer leurs relations avec le marché international, Puglia Sounds leur offre la possibilité de participer aux plus importants salons professionnels de musiques du monde, leur fournissant aussi un grand espace d’exposition, des outils de communication mutualisés et un soutien financier pour les show cases des artistes. Ce qui a permis au groupe Nidi d’Arac de se produire en concert au Womex 2010 et aux Canzoniere Greganico Salentino de pouvoir le faire au prochain Babel Med Music.

Nous voulons favoriser les coopérations internationales et développer un réseau de partenaires.
Nous avons déjà signé un protocole d’entente avec l’Ambassade des Pays Bas, et sommes en train d’en finaliser un avec l’ Institut Catalan des Industries Culturelles (ICIC) en Catalogne et Spectacle Vivant en Bretagne. Ces accords nous permettront de soutenir des actions en commun pour la promotion des nos artistes réciproques.

Nous avons aussi crée une Maison de la Musique et un circuit musical régional de plus de 25 salles et théâtres.

Puglia Sounds entend développer un réseau de partenaires en Europe. Comment envisagez-vous l’intérêt de ce réseau pour favoriser la diffusion des artistes produits et/ou promus par les structures regroupées dans Puglia Sounds ?

Il est indéniable que l’on assiste aujourd’hui à un désengagement progressif de l’État et même si beaucoup de ressources sont aujourd’hui accessibles grâce à des dispositifs Européens, la construction de l’Europe est encore à ses débuts.

Dans cette situation nous croyons que la collaboration entre organismes régionaux de différents pays pour construire un réseau de partenaires européens peut être très fertile. Tout en apportant une grande richesse culturelle, spécifique à chaque région, grâce à un travail constant sur le territoire, le partenariat permettra d’acquérir une plus grande possibilité d’action en mutualisant des ressources économiques et des réseaux professionnels, en permettant l’échange d’expériences professionnelles et de bases de données souvent encore en construction, et en favorisant l’ouverture des marchés réciproques.

Il s’agit donc d’une nécessité aujourd’hui et en même temps d’une grande possibilité de contribuer à la construction d’une Europe qui se cherche encore et à laquelle nous croyons fermement.



Propos recueillis par François Bensignor

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