Les managers en prise avec le numérique chez Google

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Rencontre

Réunit à l’initiative de YouTube et de l’Ama, nouveau syndicat de managers affilié à la fédération internationale IMMF, les managers d’artistes avaient rendez-vous hier chez Google France. L’occasion d’évoquer l’utilisation des outils numériques, les enjeux du branding et l’évolution législative du droit d’auteur.

Les managers en prise avec le numérique chez Google

L’Alliance des managers d’artistes (Ama) s’est créée cet été et avait prévu en guise de lancement cette rencontre en partenariat avec YouTube, la plateforme vidéo de Google.

Heureux d’accueillir une centaine de managers sur les 300 personnes présentes, le président du syndicat Didier Zerath s’est confié sur le nouveau rôle du manager dans l’écosystème musical tout en expliquant les fondements de cette journée axée sur le numérique : « Aujourd’hui avec internet, les labels et les majors ne sont plus nécessairement la porte d’entrée au marché. Pour développer la carrière d’artistes, il ne suffit plus de décrocher des contrats mais d’endosser le rôle d’entrepreneur de manière transversale ». Et cette première journée « d’une longue série » d’informer les managers sur les bonnes pratiques en matière numérique.

De son côté, Google France s’est prêté au jeu, constatant que de nombreux managers les contactent pour des problèmes de gestion de chaine YouTube. Romain Becker, responsable des partenariats musique de la plateforme, est ainsi revenu sur les actions à mettre en place en matière de stratégie de mise en ligne, d’analyse des statistiques, de gestion d’audience et de communauté, etc. L’occasion également pour Google+ de présenter les services de cette plateforme devenue le second réseau social en France selon les dernières études Médiametrie.

Le numérique était également au cœur de trois débats qui ont rythmé cette journée, et dont voici quelques morceaux choisis :


Améliorez votre utilisation des réseaux sociaux pour vos artistes

• Les réseaux sociaux n’ont pas de mémoire et le site d’un artiste fonctionne comme un hub permettant de rassembler toutes les infos et les contenus.
• Une tendance parfois difficile à faire comprendre aux artistes : il vaut mieux avoir un peu moins de fans, mais des fans plus engagés.
• Au départ, il convient de définir une priorité stratégique : cherche-t-on à développer une image de marque, un réseau de prescripteurs ou à convertir en achat ?
• L’analyse des données est importante car elle permet de mesurer l’impact des messages, les bonnes heures d’envoi, etc. Mais il est important de savoir également prendre du recul sur ses analytics.

Avec Charlene Santini (BETC Digital), Virginie Berger (DBTH), Guillaume Florin (We Do Music)



Artistes et marques sur YouTube : les enjeux du brand content

• Les marques sont en train de changer leur communication, passant d’un discours fonctionnel à un territoire plus émotionnel que l’artiste représente.
• Pour que l’opération soit réussie, la marque et l’artiste doivent s’entendre sur un synopsis équilibré et assumé des deux côtés : il ne suffit pas de mettre un visuel de l’artiste mais de raconter une histoire et que l’artiste participe à la construction de la scénarisation.
• Alors qu’il s’agit d’une nouvelle source de revenus, les artistes français restent plus complexés vis à vis du branding que les anglosaxons, quelle que soit la forme de partenariat (endorsement, brand content, placement de produit, etc.).

Avec Vanessa Sabban (YouTube), Romain Vivien (Believe), Julien Jarsalle (U-Think !)



Le droit d’auteur est-il un frein à l’innovation ?

• Les start-up méconnaissent souvent la complexité des droits, ce qui en retour peut se retourner contre elles, ou à leur bénéfice protéger leur innovation.
• La commission européenne se penche sur les UGC et les "œuvres transformatives" (type mash-up, remix, etc.) : doivent-elles faire l’objet d’une exception au droit d’auteur ou les droits doivent-ils être négociés dans le cadre d’un contrat ? (l’accord Sacem/YouTube inclut un certain nombre d’UGC)
• Pour la Sacem, la problématique liée à la transposition de la directive européenne sur la gestion collective concerne la fragmentation des répertoires car rien n’incite à la mise en avant des répertoires locaux auprès des plateformes. Par ailleurs, la société de gestion regrette qu’aucune régulation ne soit prévue sur les outils de prescription musicale.

Avec David El Sayegh (Sacem), Pierre-Marie Bouvery (avocat), Christophe Roquilly (Edhec), Guillaume Gomis (avocat)



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