Les Français aiment le live, selon le Prodiss

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Spectacle

Le syndicat national des producteurs, diffuseurs et salles de spectacles (Prodiss) dévoilait ce mardi une étude sur les pratiques culturelles des Français en matière de spectacles live. S’il s’agit d’un loisir plébiscité, la question du prix est soulevée. Le Prodiss entend approfondir le sujet.

Les Français aiment le live, selon le ProdissLes Français aiment le live, dans lequel ils recherchent émotion, partage et découverte. L’offre en la matière en France leur apparaît variée et de qualité, mais les prix trop élevés. Ce sont les principaux enseignements de l’étude dévoilée ce mardi par le Prodiss sur les pratiques culturelles des Français en matière de spectacles live [1]. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région d’habitation de l’interviewé(e).. Pour l’occasion, le syndicat des producteurs et diffuseurs de spectacles avait convié la presse dans ses nouveaux locaux de la rue du Renard.

Réalisée par Harris interactive, cette enquête s’inscrit dans le cadre de l’Observatoire du live. Mis en place par le Prodiss, ce dernier entend mesurer et analyser l’économie du spectacle musical et de variété en France, et décrypter ses mutations (l’impact du numérique, l’évolution de la production des spectacles, les échanges internationaux, les nouveaux modèles économiques d’entreprises...). Il s’agit donc de la cinquième publication depuis le début de l’année 2014. Autant de documents qui serviront de base au premier conclave du 28 janvier 2015 du think tank Proscenium, dont l’objectif est de réfléchir sur une dizaine de scénarios prospectifs en réunissant des participants venus d’horizons variés (producteurs, diffuseurs, chercheurs, artistes, entrepreneurs du numérique…).

Les Français aiment le live

C’est le premier constat fort de cette étude : 24 % des Français déclarent aller au moins une fois par an à un concert de musique (21% à une pièce de théâtre, 13% à un one-man show ,11% à un opéra ou concert de musique classique, 10% à un spectacle de cirque ou de cabaret ou encore 6% à une comédie musicale). Ces spectacles concernent une large part de la population (73% des Français indiquent s’être déjà rendus à un spectacle « live »), mais le profil type est plutôt jeune (25 à 34 ans), et CSP+, avec une surreprésentation des habitants de la région parisienne.

Si le spectacle bénéficie d’une image positive, la question du prix (en augmentation constante depuis plusieurs années) est posée par plus de la moitié des répondants. 41% seulement estiment que les tarifs sont accessibles. La France propose des spectacles pour tous les publics (86 %), de qualité (86 %) et variés (85 %)., et cette offre est perçue comme dynamique (79 %) et sachant évoluer avec son temps (79 %).

Émotion, partage et découverte

A quoi tient donc ce succès du live auprès des Français ? Il est d’abord un facteur d’émotion et un moment exceptionnel (Pour 58 % des spectateurs interrogés,). C’est aussi un temps de partage avec les proches (54 % déclarent se rendre à des spectacles dans ce but). On s’y rend entre amis (51%), en couple (44 %) ou bien encore en famille (32 %). Et puis c’est aussi un excellent moyen de se changer les idées (50%).

Autre dimension importante relevée par l’étude, la découverte de nouveaux horizons artistiques. Pour près d’un quart des répondants, ces spectacles sont l’occasion de découvrir de nouveaux artistes, de nouvelles œuvres : cette motivation est davantage présente parmi les Franciliens (29%) et les « gros » consommateurs de spectacles « live », soit ceux s’y rendant au moins une fois par an (32%).

Une expérience complète

Sans surprise, dans le choix des spectacles auxquels se rendre, trois critères déterminants se distinguent : le ou les artistes (pour 92% des répondants), bien sûr, mais aussi le prix (87 %) et la proximité géographique (85 %). Mais de la réservation au sortir du spectacle, en passant par l’arrivée dans la salle, l’expérience se dot d’être plaisante de bout en bout.

D’ailleurs, celle-ci est très souvent prolongée par des achats connexes : du merchandising (22 %), mais aussi le DVD ou le CD du spectacle (45 %), le téléchargement du spectacle, d’une chanson ou d’une œuvre liée à l’artiste (31%). Que ce soit à la télévision ou sur les réseaux numériques, la volonté de prolonger l’expérience, en amont et en aval, est très présente. Sans parler des dépenses potentielles autour des salles de spectacles, qui confirment le potentiel de retombées économiques : boire un verre (pour 69 % des consommateurs, dont 17% systématiquement) aller au restaurant (61 % des consommateurs, dont 9% à chaque fois). Sans surprise, ce sont les catégories sociales supérieures qui dépensent le plus pour les à-côtés des spectacles (75 % déclarent aller boire un verre et 68 % aller au restaurant).

Face à Internet, les médias font de la résistance

Dernier aspect abordé par l’étude, la place d’Internet dans les logiques d’achat. Et le constat est surprenant : si Internet représente un outil largement partagé pour se renseigner (78 % des consommateurs de spectacles live déclarent se rendre sur Internet « souvent » ou « de temps en temps dans ce but), il est devancé par les médias généralistes et le bouche-à-oreille comme modalités principales d’informations. De même, Internet ne semble également pas encore être le mode de réservation des billets de spectacles privilégié, puisque seuls 29 % des consommateurs de spectacles déclarent se rendre « souvent » sur internet afin d’acheter leurs billets (pour 34% de temps en temps et 19% rarement). Sans surprise, le recours à Internet est beaucoup plus systématique pour les 15 à 24 ans.

Tous ces constats, le Prodiss va s’en servir pour alimenter ses travaux et réflexions à venir. Après cette première enquête exploratoire, le syndicat entend se pencher plus précisément sur la question des prix.


- Retrouvez l’étude complète sur le site de l’Observatoire du live

- Découvrez le site du think tank Proscenium

- Lire l’interview de Malika Séguineau, déléguée générale du Prodiss, dans le dernier focus de l’Irma

[1Enquête réalisée en ligne du 9 au 11 septembre 2014. Echantillon de 1 020 personnes représentatif de la population française âgée d’au moins 15 ans, à partir de l’access panel Harris Interactive


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