Le nombre de discothèques françaises divisé par 2 en 30 ans

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Sacem université organisait le 27 mai son deuxième colloque autour du monde de la nuit. L’occasion de dévoiler une étude sur les discothèques en France. Représentant un poids économique et un facteur de dynamisme des territoires, ainsi qu’une source de revenus et de prescription, leur nombre a pourtant été divisé par 2 en 30 ans.

Il y en aurait environ 2000 aujourd’hui, deux fois moins que dans les années 1980. Depuis 20 ans, les discothèques sont en déclin, impactées par l’explosion du phénomène free parties dans les années 1990, une événementialisation de la culture qui favorise plus les modèles éphémères, ainsi que par la crise économique. Sortir en boîte de nuit coûte cher, et les contraintes réglementaires pour les établissements se sont multipliées : interdiction de fumer, augmentation des normes de sécurité et d’insonorisation, multiplication des campagnes de prévention de l’alcoolisation... Pourtant, elles représentent aujourd’hui un poids économique et un facteur de dynamisme pour les territoires. C’est ce que démontre l’étude menées par la Sacem à l’occasion de son deuxième colloque Sacem université conscaré à la nuit (bientôt disponible en replay ici).

Le nombre de discothèques françaises divisé par 2 en 30 ans

La fièvre du samedi...et du vendredi soir

Sans surprise, l’activité des discothèques se concentre sur le vendredi et le samedi soir. Ainsi, 60% n’ouvrent que 2 à 3 jours par semaine en moyenne. La typologie des établissements est également marquée par plusieurs caractères. Si le nombre de discothèques baisse, les plus récentes sont en général plus grandes, avec une capacité d’accueil d’au moins 1000 personnes. Signe des temps, les créations se font plutôt sur de larges complexes avec plusieurs pistes de danse (4 à 5) aux ambiances différentes. Ces nouveaux acteurs se positionnent comme des centres de loisirs nocturnes avec bars, restaurants, karaoké... Elles prennent place en périphérie des villes, et attirent une clientèle jusqu’à 200 kilomètres alentour. Une dimension que peuvent difficilement atteindre la majorité des établissements, dont les possibilités de diversification sont limitées par la taille initiale (62% ont une capacité de 200 à 1000 places). A l’opposé de ces supermarchés de la nuit, se sont aussi développées les petites discothèques (moins de 200 personnes), qui se caractérisent par leur activité saisonnière ou par une localisation en centre ville. Ces dernières, pour se démarquer, ont d’ailleurs tendance à jouer la carte de l’hyperspécialisation.

Autre constat surprenant de cette étude, c’est en région Rhône-Alpes que l’on compte le plus grand nombre d’établissements (266). Et en densité, l’Ile-de France est loin derrière l’ouest et le sud ouest. Seulement 171 discothèques pour la région capitale, soit moins d’une pour 50 000 habitants... Peut-être faut-il y voir un effet d’une plus grande proposition d’autres formes d’événements festifs.

Back to the dancefloors ?

L’étude de la Sacem propose également une lecture de l’évolution historique des boîtes de nuit. Apparaissant comme la version moderne des bals populaires, elles ont connu leur âge d’or dans les années 1970 et 1980. Il s’agissait en effet quasiment des seuls lieux de sorties nocturnes pour les 15-40 ans. Mais depuis quelques années, elles semblent retrouver du poil de la bête (de piste !). La création de ces "supermarchés de la nuit", associées à une diversification des types de soirées (concerts en live, favorisés par le succès des artistes electros -on est loin du simple disc jockey passeur de disques....- animations...) mais également à l’autorisation potentielle d’ouverture jusqu’à 7 heures du matin, sont des pistes solides pour envisager un renouveau du phénomène discothèque.

Une source de revenus et de prescription pour les auteurs, compositeurs et éditeurs

Si le nombre d’établissement diminue, le monde de la nuit rapporte toujours. Avec un chiffre d’affaires avoisinant les 900 millions d’euros, les discothèques représentent plus que les concerts et spectacles de musiques actuelles. La moyenne de leur chiffre d’affaires est de 440.000 euros,mais pour la moitié d’entre elles, celui-ci ne dépasse pas 300.000 euros. Elles représentent un facteur non négligeable de dynamisme des territoires mais également une source de revenus et de prescription pour les auteurs, compositeurs et éditeurs.

Ainsi, les discothèques représentent 4% des droits répartis par la Sacem à 18 920 auteurs compositeurs et éditeurs.


Lire l’étude sur les discothèques en France



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