Le Samup contre la plateforme nationale des Cafés cultures

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En réaction au lancement de la plateforme nationale des Cafés Cultures, le Samup publie un communiqué dans lequel le syndicat s’insurge contre ce qu’il appelle "une légalisation du travail gratuit pour les artistes".

Communiqué du SAMUP (Syndicat National des Artistes Interprètes et Enseignants de la Musique et de la Danse de France).

" PLATEFORME NATIONALE DES CAFÉS CULTURE

Le scandale de la légalisation du travail gratuit pour les artistes

Le 29 mars 2011, une conférence de presse pour le lancement de la plate
forme nationale des cafés cultures a eu lieu à 11h au café concert
l’International 7 rue Moret 75011 Paris. Il était tout à fait indispensable que soient étudiées les particularités de la diffusion de concerts dans le cadre des bars et des cafés cultures, et que des aménagements aux textes en vigueur soient apportés pour favoriser la diffusion de musique vivante dans ces mêmes lieux. Certaines propositions reprises dans la plateforme des cafés culture vont d’ailleurs tout à fait dans le bon sens : favoriser la diffusion et l’organisation de concerts de musique vivante.

Mais que ces aménagements aboutissent à discriminer certains artistes en
les faisant travailler sans leur verser de rémunération et ce, au mépris du
code du travail, est totalement inadmissible. D’autant que les artistes ont
acquis durement leurs droits (La présomption de salariat ne date pour eux que de 1969).

Que le SNAM-CGT, se félicite de cette plate forme, n’a rien d’étonnant. Après avoir initié et signé la convention collective de l’édition phonographique qui organise la cession de droits des artistes au profit des producteurs, après avoir signé les conclusions du rapport Hoog qui exclut les artistes de toute rémunération concernant les échanges de leurs interprétations qui sont fait sur Internet, le SNAM cautionne aujourd’hui le travail gratuit pour les artistes. Ceci est une suite logique des dérives de ce syndicat qui donne l’impression de ne plus très bien savoir qui il représente vraiment : les producteurs, les employeurs, le ministère ?

Que L’UMIH soit satisfaite de cette mesure n’est pas étonnant.
Il faut rappeler que ce syndicat mène actuellement une campagne très
dure, pour inciter les utilisateurs de musique enregistrée dans les lieux sonorisés à refuser d’appliquer les nouveaux barèmes de la rémunération
équitable qui revient aux artistes et aux producteurs. Pourtant l’UMIH a participé aux négociations concernant cette rémunération et a approuvé par son vote les barèmes entrés en vigueur en février 2010.

Mais que le ministère de la Culture, après avoir fait campagne pour la
non gratuité de la musique sur Internet, cautionne le travail gratuit
d’artistes se produisant en public dans un cadre lucratif, en totale violation du code du travail (art. L762-1) est incompréhensible, irrespectueux et indigne pour les artistes interprètes.

L’argument mis en avant pour faire passer ce projet inique est qu’il
ne concernera que les amateurs. Pour le SAMUP, et pour le code du travail, la notion d’amateur n’existe pas dès lors qu’un artiste est employé
dans un contexte lucratif, ce qui est le cas de tous les établissements
concernés par la plateforme. Le SAMUP s’opposera par tous les moyens à l’emploi d’artistes gratuits et à la dévalorisation des métiers artistiques résultant de ces pratiques.

Le spectacle a toujours été un laboratoire en matière de droit du
travail, pourquoi ne pas imaginer une extension des emplois gratuits au domaine du bâtiment et de l’industrie ?"

SAMUP (Syndicat des Artistes interprètes et enseignants de la Musique de
la danse et des arts dramatiques)
21, bis rue Victor Massé 75009 Paris
Tél. 01 42 81 30 38
www.samup.org
samup@samup.org

Pour en savoir plus sur la plateforme des Cafés cultures


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