Laboratoire d’idées "Music : Futur"

Prospective

Hoozlab présente Music : Futur, un laboratoire d’idées sous forme d’échanges et de discussions pour les musiciens et les acteurs de la musique.


"Nous avons créer un laboratoire d’idées pour se demander à quoi ressemblera la musique populaire du futur." C’est ainsi que commence cette série de 13 vidéos publiées par l’agence artistique Hoozlab, dont l’objectif est d’imaginer, en s’inspirant du passé et du présent, "sous quelles formes et dans quel contexte les propos artistiques de demain pourraient apparaître".

Ces documents restituent des conversations où, confortablement assis, neuroscientifiques, philosophes, musicologues, ingénieurs, journalistes, et artistes viennent échanger sur une série de sujets prospectifs pour la musique : l’intelligence artificielle, les interfaces, la spatialisation du son, la place des femmes, l’écologie, etc.

"Nous sommes capables d’imaginer des scénarios futuristes complètement nouveaux" confie Fabrice Hubert, coordinateur du projet (lire son interview plus bas), mais "imaginer n’est pas prédire" précise-t-il...

Les 13 vidéos thématiques :

Avec :
Christine Webster : compositrice, modulariste et chercheure
Catherine Ramus : Ingénieur designer
Fabrice Hubert : Artiste, éditeur, responsable scientifique de "music : futur"
Guillaume Kosmicki : musicologue
Méryll Ampe : Artiste sonore, compositrice
Pierre Estève : Compositeur et artiste pluridisciplinaire
Agnès Gayraud : Philosophe et musicienne
Sophian Fanen : journaliste, cofondateur du média en ligne « lesjours.fr »
Hervé Platel : Professeur de Neuropsychologie - Université de Caen
André Manoukian : auteur – compositeur, arrangeur

Trois questions à Fabrice Hubert, coordinateur du projet

Est-ce réellement possible d’imaginer ce que sera la musique du futur (sans se tromper) ?

Se projeter à long terme est le propre de l’homme. Aujourd’hui, plus que jamais nous tentons de préméditer l’avenir : concepts car, profusion des tedx (technology, entertainment, design), des think tank sur l’économie, la politique, la technologie ou encore l’habitat. Nous sommes capables d’imaginer des scénarios futuristes complètement nouveaux. Mais imaginer, ce n’est pas prédire le destin, comme si celui-ci était immuable et figé.

Dans la pré-histoire des jeunes "musiques actuelles", cette démarche a déjà été initiée. Luigi Russolo et les futuristes en 1913 se sont posés des questions mêlant intuition et connaissances de l’existant. En tirant les leçons du passé et en utilisant les codes des romans d’anticipation les plus improbables, ils ont apporté de nouvelles manières d’aborder la musique.

En créant le laboratoire d’idées Music : Futur, nous ne cherchons aucunement à anticiper quel sera le propos artistique de demain mais à tenter d’imaginer sous quelle forme il pourrait apparaître, en prenant en compte les outils et les pratiques du présent, et en imaginant les tendances de l’avenir.
Jacques Attali résume bien cette idée : "La prévision est le meilleur allié de la liberté […] Il faut donc oser prévoir, et y consacrer le temps nécessaire."

Et donc... Avant, c’était mieux ? Ou demain sera mieux ?

La notion de "mieux" est relative et dépend d’un ensemble de curseurs et d’objectifs : Mieux pour l’humanité ? Mieux pour le développement de l’intelligence des êtres humains ? Mieux pour la virtuosité ? Mieux pour l’écologie sonore chère à R. Murray Schafer ? Etc.
Mais pour répondre plus précisément, nous avons essayé de ne pas tomber dans le piège du passéisme ou de la futurologie en se concentrant sur le champ des possibles, sans porter de jugement.

De toutes ces discussions, quel est l’échange qui vous a le plus interrogé ?

Beaucoup de ces échanges extrêmement riches ont rebattu les cartes, modifié un point de vue, ou précisé une idée !
Je pense notamment à deux réflexions associées qui m’interrogent sur l’avenir de la musique enregistrée. Aujourd’hui les acteurs de cette économie ne jurent que par le streaming, certes extrêmement pratique pour l’auditeur et rentable pour les acteurs de la musique, mais qui s’avère aussi la façon d’écouter la plus polluante qui soit. La 5G va accroître cette pollution, sans compter sur l’effet Joule des data center.

En parallèle, une étude parue dans Science démontre que le cerveau humain ne réagit pas du tout de la même façon lorsqu’on écoute un mp3 ou un morceau de qualité .wav. Le mp3 est injustement appelé fichier compressé, il devrait plus sûrement être qualifié de fichier dégradé. Notre cerveau ne s’y trompe pas, tout comme notre organisme ne s’y trompe pas lorsqu’on mange un hamburger fait maison ou un hamburger issu de la grande distribution.

Donc si je résume : écouter du streaming est polluant et moins bon pour le cerveau. Est-ce ça l’avenir ? Est-ce l’avenir que choisiront les disciples de Greta Thumberg et qui iront voter dès qu’ils en auront l’âge ? Je ne porte pas de jugement, j’observe et je m’interroge. Le laboratoire d’idées permet d’entendre des approches différentes pour se faire sa propre opinion et aiguiser son esprit critique.


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