La fermeture de Jiwa suscite réactions et inquiétudes

Publié le vendredi 27 août 2010

Musique enregistrée

La plateforme française légale d’écoute de musique en ligne a été placée en liquidation judiciaire le 29 juillet 2010. Cette fermeture a entraîné de nombreuses réactions, dans un contexte où les politiques et la filière recommandent une plus grande diversité de l’offre légale sur Internet.

"Jiwa, la société, ferme... mais pas le site Jiwa.
En effet, nous avons bon espoir que le site puisse être repris et développé par un nouveau repreneur rapidement. En attendant, nous vous présentons nos excuses car nous sommes contraints légalement de couper le mode d’écoute à la demande et le mode webradio."
Tel est le message que les internautes peuvent désormais lire sur la page d’accueil du site Jiwa.

Ouvert en mars 2008, la plateforme était parvenue à une audience d’un million de visiteurs uniques mensuels et un catalogue de 4,8 millions de titres.

Pour Jean-Marc Plueger, cofondateur et PDG de Jiwa interrogé par Eco89, le site a été victime des minimums garantis exigés par les majors en échange de l’exploitation de leur catalogue, disproportionnés par rapport au chiffre d’affaires qu’un tel site pouvait réaliser.

Les acteurs de la musique en ligne sont de moins en moins nombreux en France, comme en témoigne la récente association d’Orange et Deezer. A présent, ce marché est largement dominé par Apple et sa plateforme iTunes (66% en 2009 d’après le dernier rapport du Snep,L’économie de la production musicale).

Suite à l’annonce de cette fermeture et face à ce constat, les réactions ne se sont pas fait attendre. Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État chargée de la prospective et du développement de l’économie numérique, a réaffirmé la mobilisation du gouvernement et "l’urgence de consolider les modèles économiques de l’offre légale" : "Il nous faut trouver rapidement les solutions pour préserver la diversité des acteurs, aussi bien du côté des producteurs que de celui des plateformes". (Lire le communiqué du 6 août 2010)

L’Adami a également publié un communiqué qui va dans ce sens, où elle "appelle à agir d’urgence et souligne que seules les offres légales, gratuites et payantes, ont pu faire valablement reculer le piratage des œuvres sur Internet."
La société ajoute que "l’accès aux catalogues musicaux doit être facilité par des mesures de régulation que seul l’Etat peut impulser."

Ces réactions rappellent notamment l’application nécessaire et rapide de la proposition n°5 duRapport de la mission Création et Internet dirigée par Patrick Zelnik : "Mettre en place un régime de gestion collective obligatoire des droits liés à la mise à disposition interactive de musique, dans le cas où un accord sur une gestion collective volontaire n’interviendrait pas avant la fin de 2010".


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