La Gam : paroles d’artistes sur l’intermittence

Publié le vendredi 21 mars 2014

Artiste

Depuis la mi-mars, la Gam (Guilde des artistes de la musique) publie chaque jour sur son site un témoignage d’artistes sur l’intermittence, alors que les discussions sur l’avenir du régime sont en cours.

C’est sûrement à dessein que la Gam, la Guilde des artistes de la musique, a choisi pour illustrer sa campagne de témoignages sur l’intermittence, une œuvre de l’artiste Man Ray, intitulée Indestructible objet. Comme pour signifier que cette singularité française ne saurait être remise en cause. Et pourtant, comme l’inscription sous l’objet dadaïste le laisse penser : les annexes 8 et 10 sont considérées comme "à détruire", par le Medef, qui en demande la suppression.

"Tuer le régime de l’intermittence, c’est tuer notre identité culturelle"

Pour marquer sa volonté de participer au mouvement de défense de l’assurance chômage, La Gam a donc décidé, pendant environ deux semaines, de donner chaque jour la parole à un artiste, qui porte un regard singulier sur l’intermittence  : considérations politiques et expériences personnelles se mêlent pour démontrer le caractère jugé indispensable de ce régime spécifique. Mathias Malzieu, auteur et leader du groupe Dionysos, premier à ouvrir le bal des témoignages quotidiens, ose ainsi un parallèle culinaire : "abimer le régime de l’intermittence (...) reviendrait à ne plus payer les cuisiniers lorsqu’ils préparent les plats. Se contenter de les rémunérer seulement lorsqu’ils les serviraient, les obligeant ainsi à ne plus proposer qu’une nourriture industrielle". Albin de la Simone explique qu’il "n’aurait pas pu (...) devenir chanteur", quand Dominique A se fait plus politique, en parlant de l’impact économique de la culture, et en affirmant : "l’enjeu du maintien de l’intermittence, c’est ni plus ni moins la permanence des arts en France". Dernier témoignage publié, celui de l’ex-Saian supa crew Vicelow, pour qui "tuer le régime de l’intermittence, c’est tuer notre identité culturelle".

La Gam, qui s’est construite en 2013, se donne pour mission de réunir les créateurs et interprètes principaux de la musique (toutes esthétiques confondues), désireux de replacer l’artiste au centre des discussions et décisions prises par et pour la filière musicale. Il était donc logique que l’association, présidée par Axel Bauer, donne la parole directement aux artistes sur le dossier de l’intermittence. Issam Krimi, secrétaire et membre fondateur, explique ainsi : "L’objectif est aussi de dépasser la revendication corporatiste. Au-delà de la complexité du sujet, l’intermittence, c’est avant tout le vécu quotidien des artistes". Les discussions sont en cours sur le sujet, de nombreuses mobilisations ont eu lieu, comme le 27 février dernier dans toute la France.

La Fesac (Fédération des entreprises du spectacle vivant, de la musique, de l’audiovisuel et du cinéma), qui regroupe un grand nombre de syndicats d’employeurs du spectacle, se dit, quant à elle, prête à faire évoluer "l’indispensable" régime de l’intermittence.


Retrouvez chaque jour les témoignages d’artistes sur l’intermittence sur :

Le site de la Gam

La page Facebook de la Gam



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