La Fédurok et la FSJ pour "une alternative solidaire et citoyenne"

Publié le jeudi 7 avril 2011

Politique culturelle

Suite à leurs rencontres du 22 mars, la Fédurok et la FSJ publient un communiqué : "Ensemble pour proposer une alternative solidaire et citoyenne". De nombreuses questions sur l’évolution du secteur des musiques actuelles y sont abordées.

Communiqué Fédurok et FSJ

"Ensemble pour proposer une alternative solidaire et citoyenne

Le 5 avril 2011

La Fédurok (Fédération de lieux de musiques amplifiées/actuelles) & la FSJ (Fédération des Scènes de Jazz et de musiques improvisées) ont tenu le 21 mars dernier leurs assemblées générales à Orléans et à Tours, puis se sont rejointes à Orléans le 22 mars pour une journée de rencontres professionnelles, brillamment accueillies par l’équipe et les bénévoles de l’Astrolabe.

Cette réunion conjointe des deux fédérations nationales a rassemblé près d’une centaine de lieux et plus de 220 participants composés principalement des membres des équipes et des conseils d’administration des structures, mais aussi de représentants d’organisations professionnelles, de réseaux territoriaux des musiques actuelles, de représentants de collectivités territoriales et de partenaires publics nationaux.

Un nombre important de lieux a adhéré à la Fédurok et à la FSJ lors de cette AG, signe d’un besoin accru de travailler ensemble, autour de valeurs communes, dans un contexte politique, social et économique qui laisse de moins en moins la place à des initiatives inscrites dans l’intérêt général.

Ce contexte justifie aussi plus que jamais un travail de coopération renforcé tel qu’il s’engage non seulement entre la FSJ & la Fédurok mais aussi avec d’autres réseaux territoriaux.

Les rencontres du 22 mars ont été l’occasion d’aborder un certain nombre de points cruciaux dans l’évolution du secteur des musiques actuelles.

Le développement des projets artistiques de plus en plus contraints suppose une relation claire entre les différents acteurs de la filière en particulier celle avec les producteurs. La discussion a permis de mettre en exergue qu’il existait des motivations économiques et artistiques différentes qui avaient de plus en plus de difficultés à fonctionner ensemble et que les lieux devaient de plus en plus privilégier leur relation sur des bases éthiques communes et affirmées avec leurs partenaires.

Cette coexistence difficile et ces tensions entre des intérêts différents se retrouvent dans le Centre National des Variétés (CNV), qui dans un souci de diversité, face aux menaces de déséquilibre profond provoqué par les stratégies de sociétés multinationales a souhaité l’instauration d’un groupe de travail dédié.

L’ensemble des acteurs présents réaffirment l’importance du CNV pour la profession, tout en souhaitant que sa gouvernance prenne en compte l’ensemble des problématiques inhérentes à l’existence des lieux de musiques actuelles. Le manque de lecture et de compréhension de certaines organisations à l’égard du fonctionnement des lieux Fédurok & FSJ n’autorise pas la violente iniquité du traitement qui leur est fait dans la commission 7 sur l’aide à la diffusion.

Comment ignorer que les pratiques en amateur font partie du cahier des charges et des missions des Scènes de Musiques Actuelles (SMAC) et de bon nombre de projets de lieux non labellisés ? Ces pratiques participent, dans une philosophie globale, au cadre de valeurs communes portées par ces mêmes lieux, à savoir favoriser la diversité musicale, offrir un cadre de pratiques citoyennes, en réaffirmant ainsi l’intérêt général pour lequel ces mêmes lieux, soutenus par leurs partenaires politiques, œuvrent. Il apparaît très urgent que soit relancé et abouti un projet de loi sur les pratiques amateurs.

C’est pourquoi l’assemblée dénonce aussi l’insistance répétée du Prodiss, relayée par le Ministre de la Culture lors de son discours en plénière du Conseil des Collectivités Territoriales, d’ouvrir les SMAC de façon très large à la location. La problématique mise en avant est jugée très marginale au regard de la réalité d’implantation et des jauges de la plupart des lieux, dune part, et elle s’oppose à la dimension « arts et essais » mise en avant par les lieux, l’Etat et les collectivités territoriales, d’autre part.

Enfin, dans la continuité de la Concertation Nationale initiée en 2004 qui a permis en 2006 l’adoption du texte fondateur « pour une politique nationale et territoriale des musiques actuelles », l’année 2010 aura été marquée par la circulaire du 31 août, inscrivant les Scènes de Musiques Actuelles (SMAC) parmi les dix labels d’Etat tout en y associant un Schéma d’Orientation des Lieux de Musiques Actuelles (SOLIMA) comme cadre méthodologique permanent de concertation et de co-construction de politiques publiques territoriales. Ces textes marquent le passage vers une nouvelle étape de développement de projets à la territorialité et à la logique de filière affirmée. Si la circulaire est le signe d’une reconnaissance de ce que recouvrent les musiques actuelles, avec leurs spécificités, elle ne solutionne pas les difficultés de chacun, et la "fragilité durable" de la majorité des lieux.

L’ensemble des participants ont souligné l’important que les services déconcentrés de l’Etat soient sensibilisés et invités à aller dans la mise en œuvre des espaces méthodologiques avec les collectivités territoriales et les acteurs. L’assemblée a unanimement signifié que cette dynamique de mise en réseau et de labellisation ne peut se concevoir sans des moyens supplémentaires de l’Etat en appui de ceux des collectivités, qui sont encore bien trop faibles dans leur ensemble, en particulier sur les territoires ruraux.

Ces démarches novatrices et les avancées sur le papier ne doivent pas masquer les difficultés vécues par nombre de structures. L’ensemble des participants s’accorde à penser que ces nouvelles démarches territoriales doivent faire l’objet d’un suivi, d’un soutien et d’une évaluation constante, qui pourraient être une des missions portées par le Groupe de travail « Lieux de musiques actuelles » réunissant l’Etat, les collectivités et les organisations professionnelles du secteur."

Contact presse : contact@la-fedurok.org

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