L’emploi dans les radios privées en France

Publié le mercredi 28 avril 2010

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Un rapport de branche de la radiodiffusion privée en France a été présenté le 13 avril dernier au ministère du Travail : il fait apparaître la répartition de l’emploi dans ce secteur et les chiffres d’affaires des radios par catégories. Le syndicat des radios libres s’appuie sur ces données pour revendiquer une plus grande reconnaissance des radios associatives et locales.

Ce rapport a été commandé à l’Institut européen d’informations et de conjonctures professionnelles par l’Association patronale de la radiodiffusion (APAR) qui regroupe des organisations représentatives du secteur, telles que la CNRA, le SNRL, le SNRC, le SIRTI et la FFRC.
Ce rapport porte sur l’emploi en 2008 dans les radios de catégories A, B, C et D (sont exclues les stations de service public, qui ne relèvent pas de la convention collective de la radio privée, ainsi que les radios qui n’ont employé aucun salarié en 2008).

Synthèse du rapport

(Source Radio Actu)

Répartition
La France comptait 775 stations privées en 2008, dont 71% en catégorie A (radios associatives de proximité ou communautaires), 23% en catégorie B (radios locales ou régionales commerciales qui ne sont pas affiliées à un réseau national) et 6% dans les catégories C et D (réseau national).
46% des stations emploient entre 4 et 9 salariés, 41% en comptent de 1 à 3, 8% emploient entre 10 et 19 salariés, et seules 5% des stations comptent plus de 20 salariés. La profession emploie 60% d’hommes et 40% de femmes. L’antenne représente plus de 36% des emplois et les postes de journalistes représentent le quart des effectifs. Le reste des emplois se répartit entre les postes administratifs, techniques et commerciaux.

Emploi et contrats
Au total, les radios privées françaises emploient 5 300 salariés. Les 730 stations de catégorie A et B sont les plus gros employeurs de la radio, avec 3 700 salariés, soit 70% du total, tandis que les 45 stations de catégorie C et D comptent 1 600 employés. Ces dernières stations, qui ne représentent que 6% des stations privées, emploient néanmoins près de 30% des salariés. Par ailleurs, le rapport note une part plus importante des postes à temps partiel pour les radios de catégorie A, tandis que de manière générale le poids des temps partiels est plus élevé dans les radios de moins de 10 salariés. Ainsi, en moyenne en 2008, 77% des salariés bénéficient d’un CDI, 9% sont embauchés avec un contrat aidé, 7% des salariés sont en CDU et 5% sont en CDD. 85% des salariés des stations de catégorie C et D emploient des salariés en CDI, contre 82% des salariés des stations de catégorie B et 67% des salariés des stations de catégories A.
Si les stations de catégories A et B sont les principaux employeurs de la radio, ce sont également elles qui emploient le plus de salariés en contrats précaires (CDD, CDU, contrats aidés ou subventionnés, pigistes) : ce type de contrats concerne 19% des salariés des stations de catégorie B et 33% des salariés des radios de catégorie A, contre moins de 15% des salariés des stations de catégorie C et D. Plus de la moitié des salariés ont moins de 35 ans, et l’âge moyen des salariés des radios associatives est plus élevé.
Le rapport souligne un renouvellement du personnel important, puisque plus d’un tiers des salariés travaillent dans la même radio depuis moins de 2 ans, et moins d’un salarié sur 5 a plus de 10 ans d’ancienneté. En 2008, le taux de départ s’est élevé à 31.5%, soit 1 700 départs pour un taux d’embauche de 31%, soit 1 650 embauches.

Chiffre d’affaires
D’autre part, les radios associatives ont généré un chiffre d’affaires de 63 millions d’euros en 2008. En moyenne, le chiffre d’affaires annuel d’une radio associative s’élève à 113 000 euros, pour un effectif moyen de 4 salariés. Les stations de catégorie B ont réalisé un chiffre d’affaires global de 176 millions d’euros en 2008. Une station de catégorie B réalise en moyenne un chiffre d’affaires annuel de 980 000 euros pour un effectif moyen de 9 salariés. Enfin, les radios des catégories C et D ont réalisé un chiffre d’affaires de 418 millions d’euros en 2008, tandis que le chiffre d’affaires annuel moyen d’une station C ou D est de 9.3 millions d’euros pour un effectif moyen de 36 salariés.

Les revendications du Syndicat national des radios libres
Le SNRL indique que les auteurs du rapport ont souligné que "les réseaux nationaux sont destructeurs d’emploi, alors que les radios locales indépendantes et notamment les radios de catégorie A sont créatrices d’emploi". Emmanuel Boutterin, président du SNRL, déplore que "le tapis rouge soit déroulé par le Ministre de la Culture et dans les médias devant des éditeurs qui représentent de moins en moins de salariés et de journalistes". Ajoutant que "on prend en compte leurs exigences de fréquences, on retient leur norme confiscatoire pour la Radio Numérique, on les reçoit pour parler de seuil anti-concentration...", Emmanuel Boutterin déplore que "les petites entreprises qui emploient la majorité des salariés et des journalistes, et de plus en plus, sur tout le territoire, sont proprement éconduites et déconsidérées. On marche sur la tête !"

Télécharger le Rapport de branche 2008 des radios privées


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