Intermittence et pluriactivité

Publié le lundi 19 avril 2010

Rencontre

Dans le cadre du Partenariat institutions-citoyens pour la recherche et l’innovation (Picri), l’association ’Amis des intermittents et précaires’ et le Centre d’Économie de la Sorbonne organisent une journée d’études, le 6 mai à Bourg-la-Reine (92), sur les différentes formes que prend le travail artistique.

Intermittence et pluriactivité

Journée d’études le 6 mai 2010
Institut des Sciences Sociales du Travail
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
16, boulevard Carnot
92340 Bourg-la-Reine

Inscription obligatoire

Cette journée d’études est organisée dans le cadre de la recherche PICRI 2007 « Intermittence quatre ans après. La précarité de l’emploi et les droits sociaux, enjeux conflictuels ».
Dans l’esprit des projets PICRI (Partenariat institutions-citoyens pour la recherche et l’innovation) financés par la Région Ile de France, cette recherche se fonde sur la collaboration entre un laboratoire universitaire de recherches (CES - Centre d’Économie de la Sorbonne UMR 8174 Université Paris 1) et une association (AIP -Amis des Intermittents et Précaires).

La réforme des annexes 8 et 10 du régime d’assurance chômage de 2003 fut à l’origine de l’émergence d’un mouvement social de grande envergure, tant par son intensité que par sa durée. Elle a en même temps suscité un renouveau des études et recherches sur le secteur du spectacle, mais aussi sur l’intermittence en tant que mode de mise au travail.
Cette journée d’étude a comme objectif premier de renouer avec ce deuxième axe de réflexion, en mettant en dialogue les employeurs, les intermittents et les chercheurs en sciences sociales autour du thème de l’intermittence, entre choix et contraintes.

Cette journée se déroulera en deux temps.

*

Programme

9h30 - 12h30 : L’intermittence en temps de crise
L’intermittence apparaît historiquement comme une forme de salariat adéquate à une organisation du travail par projets. Mais d’autres modalités de mise au travail assurant une plus grande continuité des contrats seraient-elles possibles et souhaitables ? Dans quelle mesure l’intermittence constitue-t-elle une contrainte subie par les salariés, dans quelle mesure est-elle un choix ? Jusqu’à quel point le recours au CDD d’Usage correspond-t-il à une nécessité pour les employeurs ? Les réformes de 2003 et de 2006 du régime d’assurance chômage et les politiques de l’emploi culturel ont-elles modifié les pratiques de travail artistique et les comportements, tant des intermittents que des employeurs, face à l’intermittence ? Comment, dans le nouveau contexte, marqué à la fois par de nouvelles orientations en matière de politique culturelle et par la crise économique, se reconfigurent choix et contraintes ?
Table ronde présidée par Marie-Christine Bureau avec des interventions de :
- Antonella Corsani (Économiste, Université Paris 1),
- Bernard Gazier (Économiste, Université Paris 1),
- Mathieu Grégoire (Sociologue,Université Paris Ouest )
- Bertrand Krill (Administrateur de Compagnie),
- Antoine Mathieu (Comédien).

14H30 « 18h00 : La pluriactivité est-elle inhérente au travail artistique ?
La restriction des critères d’ouverture des droits à l’assurance chômage ainsi que les contraintes financières qui s’imposent aux structures employeuses conduisent au développement de la diversification professionnelle sous différentes formes, de la polyvalence à la pluriactivité (RANNOU, ROHARIK, 2006). « Vivre de son art » implique de plus en plus de « vivre grâce à l’art », en multipliant des activités connexes ou complémentaires (BUREAU, SHAPIRO, 2009). C’est ainsi que la plupart des artistes du spectacle développent des activités de transmission (cours, ateliers, etc), de sensibilisation des publics, d’encadrement de pratiques en amateur, et assurent des interventions dans les écoles, les hôpitaux, les prisons, etc. La figure de l’artiste intervenant, loin d’être une exception, devient une règle qui s’affirme au fur et à mesure que se développent les pratiques de médiation culturelle et de sensibilisation des publics.
Cependant, la volonté de restreindre le périmètre de l’intermittence pénalise ceux qui diversifient leur activité. D’une façon plus générale, les politiques de l’emploi culturel préconisent la professionnalisation des métiers du spectacle, encouragent la spécialisation et tendent de ce fait à dévaloriser les pratiques de pluriactivité.
La pluriactivité est-elle à considérer comme un facteur de dé-professionnalisation ? Est-elle au contraire source d’enrichissement voire moyen de construction d’une identité artistique pour les intermittents ? Dans quelle mesure relève-t-elle d’un choix ou d’une pure contrainte ?

Table ronde présidée par Antonella Corsani avec des interventions de :
- Marie-Christine Bureau (Sociologue, LISE-CNAM),
- Frédéric Chhum (Avocat),
- Patrick Cingolani (Sociologue, Université Paris Ouest),
- Jacques Frot (Directeur de compagnie),
- Stephan Le Sagère (Directeur de la Fneijma -Fédération Nationale des Écoles d’Influence Jazz et Musiques Actuelles),
- Christine Nissim (Comédienne),
- Alain Taillard (Directeur de la FFEC - Fédération Française des Écoles de Cirque)

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