Inside MaMA 2013 - J2 : on parle cash !

Salon

La première demi-journée était dense. On appréhendait donc logiquement la journée d’hier. On n’a pas été déçus… On a suivi tout ça (400 tweets en 10h !), réagi, échangé, jonglé entre les salles. Petite synthèse à chaud.

Soyons clair, ce jeudi, au MaMA, ca a causé cash : de cash, et de façon « cash ». Dans toutes les variantes sémantiques possibles : valeur, monétisation, financement, revenus… Bref, de multiples occasions pour les artistes de prendre la parole, et pour les professionnels d’interroger leur business et leurs métiers. Avec tout de même un constat partagé : la valeur existe, mais sa répartition pose débat. Quelle (est) va être cette valeur, la question du premier grand débat, a traversé les échanges tout au long de la journée.

Mais commençons par le début. A l’ouverture des portes la concurrence est rude. Pas moins de trois débats simultanés et un derby de démolition de sites internet pour entamer la matinée : les managers à FGO, la musique à l’image au Louxor et le Zapping au Trianon. Sans oublier le focus sur les « dispositifs d’accompagnement »…Là aussi, surprise, c’est FGO qui fait salle comble en premier.

Le t-shirt "I love Gestion Co"

Au MaMA zapping, on a droit à une vraie revue d’actualités parfaitement rythmée. Relifté, il a gagné en pertinence, avec, entre autres, une passe d’armes entre Jules Frutos et Salomon Hazot sur le prix des billets de spectacle, et une mémorable remise d’un tshirt « I love gestion co » par Bruno Boutleux de l’Adami à Jérôme Roger (SPPF). Pendant ce temps, de l’autre côté du boulevard, dans l’antre egyptianisante du Louxor, le tour de table proposé par la Sacem soulignait les difficultés à harmoniser les pratiques et les intérêts de la musique et de l’image. À FGO les managers français et étrangers interrogeaient l’évolution de leurs fonctions au vu de l’implication de plus en plus obligée des french managers dans la production de spectacles.

A l’heure du midi, ca causait toujours argent. Youtube venait faire son marché sans trop s’étendre sur les clés de répartition, et Yourope présentait les systèmes « cashless », utilisés par exemple par le festival Sziget, ou comment l’argent sans argent permet au final d’augmenter la consommation.

Des disques à l’ex-Virgin Barbès !

Avant de poursuivre le marathon conférencier, petite pause pour apprécier de revoir des disques sur les étalages abandonnés du Virgin, réinvesti pour l’occasion par les disquaires. Mais pas le temps de trop fouiller dans les bacs, le programme reprend de plus belle, et le nouveau monde nous attend ! La Chine, l’Inde ou encore le Brésil, avec leurs classes moyennes en pleine explosion, ouvrent grands leurs bras et surtout leurs oreilles, aux productions occidentales. De là à reprendre en cœur The fox, le tube norvégien aux 100 millions de vues… Plus sérieusement, il était aussi question d’animaux à propos des mutations du métier d’éditeur. C’est un peu comme une fable de La Fontaine, version ère numérique : le caméléon et le dinosaure. Celui qui s’adapte perpétuellement à son environnement, celui qui disparaît. Au milieu, beaucoup d’hybrides.

Fort attendu, le débat organisé par l’Adami témoignait lui aussi de cette nouvelle manière d’aborder la discussion, et a fourni un des temps forts de la journée. Intitulé « Deezer face aux artistes », il a parfaitement porté son nom.

Deezer v/s artistes

Introduit dans une salle comble par Bruno Boutleux, il laissait rapidement place à une tribune composée d’une brochette d’artistes (Antoine Guena de 1995, DJ Zebra, Axel Bauer et Nilda Fernandes) face à Simon Baldeyroux et Ludovic Pouilly (Deezer) avec Véronique Mortaigne (Le Monde) pour l’animation. Il ne fallu pas moins de 5mn pour rentrer dans le (très) vif du sujet et les interpellations directes. Cash encore. Parfois confus — l’absence de producteurs nécessitant par exemple un recadrage de Simon Baldeyroux sur les contraintes des contrats phonographiques signés —, il fut régulièrement ramené au réel. Jusqu’à nécessiter une intervention de la Sacem sur les clauses de confidentialité d’une contractualisation privée laissant peu d’espace à la transparence des flux, sujet qui gagnerait d’être approfondi dans un cadre plus serein. On parlait bien de l’avenir là…

Caméléon, le MaMA l’est aussi, en accompagnant le besoin de pragmatisme des acteurs. Les conférences théoriques, et leurs grands discours, laissent de plus en plus place aux considérations pratiques des ateliers. Dans le genre, « Musique et pub » s’est ainsi très vite mué en petit cours de lexicologie pour comprendre le vocabulaire des agences de pub et de leurs briefs. Il faut être direct et penser gimmick, en ciblant l’une des 5 grandes familles : positive-feel good, energy/masculine, emotion, féminine ou quirky.

Pour clôturer la journée, le CNV décryptait les logiques des financeurs, pour permettre d’adapter les demandes. Tout en pointant l’inadaptation de la BPI aux problématiques du secteur et de son tissu de TPE-PME.

Du monde devant le Trianon

Pour celles et ceux qui n’étaient pas retenus par les apéros pros de fin de journée, dont le notre autour du Kaneka, ou pas encore partis vers les salles de concerts, la GAM proposait, hors programme officiel, un petit crochet à la Gaîté lyrique. L’occasion de découvrir le parcours de Vicelow, ex Saian supa crew, passé d’une major à l’autoproduction en une décennie.

Comme prévu, le deuxième jour du MaMA 2013 fut sportif, entre gymnastique mentale et kilomètres parcourus entre les différents lieux. Et notre ubiquité relative, d’où l’impossibilité de couvrir toutes les conférences proposées. Si cette année, les allées du Trianon n’ont pas reçu la visite d’Aurélie Filippetti, c’est la candidate à la mairie de Paris Nathalie Kosciusko-Morizet qui s’est invitée sur les stands. Ce vendredi, Anne Hidalgo viendra-t-elle prendre la température du secteur ?

On en parle demain...


Voir aussi :
J1 : forte affluence à FGO
J3 : mutation en cours


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