Ifpi : les labels investissent 4,3 milliards de dollars par an dans l’artistique

Publié le mercredi 26 novembre 2014

Musique enregistrée

L’Ifpi (International Federation of the Phonographic Industry), en partenariat avec Win, qui représente les labels indépendants, a publié hier un rapport sur les investissements artistiques des maisons de disques, majors et indépendantes. Les labels restent les premiers investisseurs sur l’artistique et le marketing.

Mardi 25 octobre, l’Ifpi organisait à Strasbourg la soirée Friends of music, pour les députés européens. Son président, Placido Domingo, en a profité pour dévoiler le dernier rapport de la fédération internationale, Investing in music. Celui-ci s’appuie sur les données des maisons de disques et présente des études de cas provenant du monde entier, y compris des études sur Ed Sheeran, 5 seconds of summer, Lorde, MKTO, Negramaro, E.N.V.Y, Pharrell Williams et Wei Li-An. Et les chiffres sont éloquents : le total des investissements artistiques et marketing des entreprises phonographiques représente 4,3 milliards de dollars par an et plus de 20 milliards de dollars sur les 5 dernières années, passant de 26% à 27% de leurs revenus.

En comparaison, les maisons de disques investissent plus dans l’artistique (16%) que ne le font les entreprises d’autres secteurs en R&D. Plus que l’industrie informatique et logicielle (9,9%) et l’industrie pharmaceutique (14,4%) ! Pour Frances Moore, directrice générale de l’IFPI, « cela permet de prendre la mesure des qualités qui définissent l’industrie de la musique, et qui lui donnent sa valeur unique ».

L’industrie phonographique reste le moteur de l’industrie

Le rapport livre également d’autres enseignements sur l’évolution du métier de producteur et sur le développement des nouveaux talents. Il apparaît que les maisons de disques investissent majoritairement dans le répertoire local. Dans 12 de ses principaux marchés, le répertoire local représente plus de 70% des ventes des 10 premiers albums. Du côté des artistes, leur aspiration principale reste encore aujourd’hui de signer avec un label, rappelant le rôle toujours centrale de ces derniers dans l’industrie musicale. Les recherches menées avec le Unsigned guide au Royaume-Uni montrent que c’était l’objectif de 70% des artistes non signés. Les raisons principales évoquées sont le marketing et le soutien promotionnel (76%), le tour support (58%) et un soutien financier initial sous la forme d’une avance (45%). Pour Alison Wenham, présidente de WIN, « la plupart des artistes qui veulent faire une carrière cherchent aujourd’hui encore à signer un contrat d’enregistrement. Ils veulent être présentés aux meilleurs producteurs, ingénieurs du son et musiciens de session. Ils ont besoin d’un soutien financier et d’une aide professionnelle pour développer des campagnes de marketing et de promotion ».

Si pour l’Ifpi, le live n’a pas remplacé l’industrie phonographique comme moteur de l’industrie musicale (Le top 5 des tournées de 2013 est composé d’artistes ayant enregistré leur premier album il y a 9 ans ou plus, dont un qui compte plus de 50 ans de carrière), un contrat d’enregistrement déverrouille une gamme de différentes sources de revenus pour les artistes et les labels : nouvelle génération de partenariat avec des marques, deals de synchronisation (télévision, films, des jeux et pub). Autant de revenus annexes qui prennent de plus en plus d’importance.


Lire le rapport de l’Ifpi
Investing in music


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