Ifpi : le numérique devance le physique sur le marché mondial

Publié le mardi 12 avril 2016

Musique enregistrée

En 2015, pour la première fois, le chiffre d’affaires du numérique devance les ventes physiques selon le Global music report de l’Ifpi. Le marché global est en hausse de 3,2%, pour un montant total de 15 milliards de dollars.

Avec un résultat de 15 milliards de dollars, le revenu global du marché augmente de 3,2% et connait sa première progression annuelle significative depuis deux décennies. Le numérique est désormais la première source de chiffre d’affaires dans 19 pays. Ce sont les principaux enseignements à tirer du Global music report 2016 que l’Ifpi vient de publier. La part du chiffre d’affaires mondial issu des exploitations numériques est de 45%, celle des ventes physiques de 39%. Pour Frances Moore, directrice générale de l’Ifpi, "après 20 ans de déclin quasi ininterrompu, 2015 marque une étape décisive pour la musique enregistrée : le retour à une croissance globale significative, l’explosion de la consommation de musique partout dans le monde et les revenus numériques qui dépassent, pour la première fois, ceux du physique. Ces indicateurs sont le reflet d’une industrie qui a su s’adapter à l’ère numérique et en est sortie plus forte et plus intelligente".


Le streaming, premier levier de croissance


Le streaming, source de revenus la plus dynamique de l’industrie, est devenu le principal levier de croissance du marché. En progression de 45,2% en 2015, il a généré 2,9 Milliards de dollars, soit un chiffre d’affaires multiplié par plus de 4 en 5 ans. Porté par l’expansion des smartphones, les offres des services d’abonnement et l’adhésion des consommateurs à la musique légale, il a réalisé l’an dernier 19% des revenus de la musique enregistrée (14% en 2014). Représentant 43% du chiffre d’affaires numérique, le streaming est sur le point de devancer le téléchargement (45%), et de devenir ainsi la première source de revenus numériques mondiale.

Les services d’abonnements payants comptent aujourd’hui 68 millions d’abonnés dans le monde, pour 41 millions de dollars en 2014 et 8 millions de dollars en 2010. Le téléchargement reste un usage important dont les revenus, en baisse de 10,5%, représentent encore une part significative du marché (20%), avec 3 milliards de dollars. Cette baisse s’est néanmoins accentuée depuis l’an dernier (-8,2% en 2014). Mais le téléchargement d’albums est une pratique encore populaire qui a représenté 1,4 milliards de dollars, soit plus qu’en 2010 (983 millions de dollars) et 2011 (1,3 milliards de dollars).

Les ventes physiques ont poursuivi leur déclin en 2015 (-4,5%), mais dans une moindre proportion qu’au cours des années précédentes (-8,5% en 2014 et -10,6% en 2013). Ce mode de consommation représente 39% du marché et reste très apprécié des consommateurs de certains territoires, dont le Japon (75% du chiffre d’affaires total), l’Allemagne (60%) ou la France (42%).

Les droits voisins, qui génèrent des revenus pour la radiodiffusion de musique et la sonorisation des lieux publics, ont augmenté de 4,4% pour atteindre 2,1 milliards de dollars en 2015. Leur croissance lest une des plus soutenues du marché. Ils représentent 14% du chiffre d’affaires de la musique enregistrée (10% en 2011).


La correction du transfert de valeur : une priorité


L’Ifpi rappelle que les plateformes de partage de contenus, avec une base de consommateurs estimée à plus de 900 millions d’internautes, n’ont généré pour
l’industrie que 634 millions de dollars, soit seulement 4 % des revenus mondiaux
de la musique. A l’inverse, les 68 millions d’utilisateurs de services d’abonnement payants au streaming audio ont généré 2 milliards des dollars en 2015. Pour Frances Moore, "des changements s’imposent - et c’est vers les décideurs politiques que le secteur de la musique se tourne pour faire bouger les choses (...) Début 2015 notre secteur a, pour la première fois, demandé à la classe politique de s’attaquer à la question du transfert de valeur".

Il s’agit en priorité de revenir sur le statut des "Safe Harbours", plus du tout adapté aux usages d’aujourd’hui. Une coalition d’ayants droit américains, dont 400 artistes a d’ailleurs entrepris des actions pour réformer l’usage illégitime du "Safe Harbour". Une coalition européenne de 17 organisations représentant les auteurs, les artistes et les producteurs des industries créatives a fait appel au président Juncker pour prendre les mesures nécessaires à la correction de ce transfert de valeur. Une union à même de faire changer les choses ? C’est ce qu’appelle de ses voeux rances Moore : "comme le démontre ce rapport, les efforts de notre industrie ont amené la musique enregistrée plus proche d’une croissance durable que nous ne l’avons été depuis 20 ans. Ce sont de bonnes nouvelles, mais il en faut beaucoup plus pour transformer un an en une décennie de croissance. La consommation de musique explose est c’est formidable, mais elle ne suffit pas – le reversement de sa valeur à la communauté musicale est aussi fondamental. Voilà pourquoi notre secteur fait front uni dans la recherche de mesures concrètes concernant la correction du transfert de valeur".


Lire : IFPI Global Music Report 2016



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