Fortunes diverses pour les festivals

Publié le jeudi 14 avril 2011

Festival

En cette année 2011, les festivals connaissent des fortunes diverses : annulations pour quelques-uns, difficultés et baisse de subventions pour d’autres, mais aussi maintien ou même hausse des financements pour les mieux lotis. Petit tour d’horizon des situations de quelques festivals.

Annulations :

Skabazac (Rodez, 12) :

L’affiche de l’édition 2010

L’association organisatrice du festival a annoncé l’annulation de l’édition 2011. En effet, suite à un différend, l’agglomération du grand Rodez a privilégié dans ses subventions des actions sur l’année, en faveur des 3 MJC de l’agglomération (les 75 000 euros d’ordinaire dévolus à Skabazac leur seront versés). Les discussions se poursuivront pour 2012.





L’affiche de l’édition 2010

Rire et Rock (Cognac, 16) :

Festirock, l’association organisatrice, a annoncé avoir mis fin au festival Rire et Rock. La ville de Cognac n’a pas souhaité reconduire son aide, et n’a pas accordé de date à l’organisation du festival. En cause, des dettes qui seraient non-soldées, et un désaccord sur le coût du festival, jugé trop important (notamment sur les frais de communication), pour une fréquentation jugée trop faible.



Chapiteuf (Carcassonne, 11) :

L’affiche de l’édition 2010

La mairie de Carcassonne et l’association "11bouge", organisatrice du festival, ont confirmé l’annulation du Festival Chapiteuf, initialement programmé les 13 et 14 mai 2011 sur le parking de délestage de la Cité. Un choix expliqué par le souhait de l’association de se consacrer avant tout à la gestion de la salle de concert du Chapeau Rouge et à ses actions dans les quartiers.



100 contests (Cergy Pontoise, 95) :

La ville de Cergy Pontoise a décidé de cesser de financer 100 contest, le festival de cultures urbaines, créé en 2003. En effet, la mairie ne peut plus supporter seule le financement d’un événement dont le rayonnement débordé largement la seule commune (40 000 festivaliers en moyenne). La subvention d’ordinaire accordée à cet événement gratuit, sera utilisée en partie pour soutenir des lieux de diffusion et des associations locales œuvrant pour les musiques actuelles.


Festiv’Eté (Moutiers, 79) :

L’affiche de l’édition 2010

La 15e édition du festival, prévue en juin prochain, a finalement été annulée. L’an dernier, 15 000 spectateurs avaient fait le déplacement. Avec un budget financier pourtant équilibré à 350 000 euros, les organisateurs ont préféré ne pas tenir l’édition 2011, se jugeant à un tournant dans l’histoire de l’événement. La question se pose en effet de savoir si Festiv’Eté doit rester à sa dimension actuelle (un problème de site et de camping notamment) ou aller vers plus de professionnalisation. Le débat devrait être tranché pour 2012.


Nomad (Bruay-la-Bussière, 62) :

L’affiche de l’édition 2010

Les organisateurs savaient depuis l’été 2010 que la 4e édition du festival n’avait pas été retenue dans le projet "Béthune capitale régionale de la culture", et qu’ils n’auraient donc pas la subvention liée. Cerise sur le gâteau, un des gros événements de ce projet s’est retrouvé programmé en même temps que Nomad, anéantissant définitivement les possibilités de maintien. Yassa compagnie (qui organise des concerts et événements tout au long de l’année), association organisatrice, a donc décidé d’annuler l’édition 2011.



Rock En Nord (Armentières, 59) :

L’affiche de l’édition 2009

L’édition 2010 devait avoir lieu a château de Nieppe le dernier week end de Juin mais a été annulée pour manque de financement. Même sort pour l’édition 2011 qui devait elle se dérouler sur la Grand’Place d’Armentières, aux pieds du beffroi et qui devait accueillir entre autres Louis Bertignac et Luke. Le festival a définitivement été arrêté en Mars 2011.





1 Brin d’Zik (Saint-Julien-en-Genevois, 74) :

L’affiche de l’édition 2010

La 7e édition du festival n’aura pas lieu. En cause, des changements personnels et professionnels qui ont affecté la petite équipe organisatrice, qui ne pouvait de ce fait assurer la lourdeur de l’organisation. Les élus locaux ont pourtant tenté de trouver une solution, en vain. A suivre pour 2012...





Roc’han Feu (Rohan, 56) :

L’affiche de l’édition 2010

Le festival devait fêter en 2011 sa 16e édition, après avoir traversé quelques années difficiles. L’annulation est consécutive au souhait de changer de site. En effet, le choix du site retenu (près d’un plan d’eau), plus convivial mais aussi plus exposé en terme de sécurité, n’ a pas été accepté par la municipalité de Rohan.







Le festival Garden Nef Party d’Angoulême, annulé en 2010, était attendu pour un retour en 2011. A l’heure actuelle, aucune information n’a été diffusée en ce sens et la tenue d’une nouvelle édition semble sérieusement hypothéquée.

Ils reviennent !

Furia Sound Festival (Franconville, 95) :

Mise en difficulté par le désengagement financier de l’agglomération de Cergy-Pontoise, l’édition 2010 avait du être annulée. Le Furia fait son retour en 2011, sur un nouveau site, le Bois des Eboulures à Franconville. La 15e édition se tiendra donc le week-end de la Pentecôte (11 et 12 juin).



La Terra Trema (Cherbourg-Octeville, 50) :

Après 4 premières éditions, des difficultés financières et organisationnelles n’avaient pas permis de tenir l’événement en 2010. Le festival de Cherbourg-Octeville aura bien lieu cette année, mais la date a été avancée, du 28 au 30 avril.





En sursis

Garorock (Marmande, 47) :

La 15e édition de Garorock a bien eu lieu. Suite au différend opposant les organisateurs et la préfecture du Lot-et-Garonne concernant la prise en charge des frais de sécurité autour du site (150 000 euros pour la mobilisation de 130 gendarmes), une dérogation du ministère de l’Intérieur a été obtenue. En effet, en application de la loi du 21 janvier 1995, précisée par décrets et arrêtés parus au Journal Officiel du 30 octobre 2010, les manifestations sportives, récréatives et culturelles à but lucratif doivent assurer les frais inhérents au déploiement exceptionnel de forces de police et de gendarmerie. Affaire à suivre pour l’année prochaine.


Subventions en baisse

Les Eurockéennes (Belfort, 90) :

L’agglomération du pays de Montbéliard a réduit de moitié sa subvention au festival (de 100 000 à 50 000 euros pour 2011), tandis que les autres financeurs (Ville de Belfort, conseil général, région) maintiennent leur soutien. Le budget global baisse donc de 16%, pour un montant de 5,2 millions d’euros.





La Tour prend l’air (Saint-Quentin-en-Yvelines, 78) :

Situation particulière pour le festival de Saint-Quentin-en-Yvelines. En effet, les subventions ont été maintenues (30 000 euros pour l’agglomération, 15 000 euros pour la ville de Voisins-le-Bretonneux, 8 000 euros pour le conseil général des Yvelines), mais le budget de la manifestation a lui, augmenté (de 153 000 euros à 260 000 euros). en effet, le festival passe désormais sur le format 3 jours (2 précédemment) et a été déplacé de juin à juillet.

On connaît la chanson (Cantal, Haute-Loire et Puy-de-Dôme) :

Le festival, qui a lieu de fin avril à fin mai, a vu sa subvention accordée par le conseil général du Puy-de-Dôme considérablement réduite (de 20 000 euros à 5 000 euros). La région Auvergne et la DRAC ont maintenu leur aide à l’association organisatrice.



Subventions stables

Les Terres du son (Monts, 37) :

Les partenaires publics du festival, essentiellement autofinancé, maintiennent leur participation (35 000 euros pour le conseil général d’Indre-et-Loire, 18 000 euros pour la région Centre). Le budget total de la manifestation passe de 680 000 euros à 700 000 euros.

Nuits sonores (Lyon, 69) :

La neuvième édition des Nuits sonores dispose d’un budget stable (1,9 millions d’euros). Le festival, autofinancé à 80%, est soutenu par la région Rhône-Alpes (60 000 euros en 2010) et la Drac (20 000 euros).

Solidays (Hippodrome de Longchamp, Paris) :

Les financements publics représentent la moitié du budget du festival (3,1 millions au total). Les partenaires publics maintiennent leurs aides respectives (Conseil régional d’Ile-de-France, conseil général des Hauts-de-Seine, mairie de Paris, ministère de la Jeunesse et des Sports, Drac. En raison de travaux sur le site, la capacité d’accueil sera réduite de 10 à 20%.

Les Suds (Arles, 13) :

Les subventions au festival se maintiennent cette année : 190 000 euros du conseil régional Paca, 80 000 euros du conseil général des Bouches-du-Rhône. La ville d’Arles et la Drac également maintiennent leur financement. Le budget global de la manifestation est d’1 millions d’euros, autofinancé à 40%.

Les Francofolies (La Rochelle, 17) :

Les subventions de la ville de La Rochelle, du conseil général de Charente-Maritime et le conseil régional de Poitou-Charentes maintiennent leurs financements. Ceux-ci représentent 18% du budget total (4 millions d’euros).

Art rock (Saint-Brieuc, 22) :

Le budget total du festival de Saint-Brieuc augmente sensiblement, passant de 1,85 millions à 1,95 millions. Les subventions sont stables : 340 000 euros du conseil général des Côtes-d’Armor, 208 000 euros de la ville de Saint-Brieuc, 90 000 euros de la région Bretagne, 76 000 euros de l’agglomération de Saint-Brieuc. La Drac, qui baisse chaque année son aide à Artrock, avait alloué, en 2010, 20 000 euros.

Muzik’elles (Meaux, 77) :

Créé en 2005, le festival était passé de 3 à 2 jours en 2010, suite à une baisse du budget (de 800 000 euros à 650 000 euros) alloué par la municipalité, qui pilote l’événement en régie directe (pour un budget total d’1 million d’euros). Les financements sont stables pour 2011.


Subventions en hausse

Jazz sous les pommiers (Coutances, 50) :

Pour fêter les 30 ans du festival, le budget de celui-ci passe de 1,3 millions à 1,5 millions. La ville de Coutances, le conseil général de la Manche et la région Basse-Normandie augmentent leurs aides, à hauteur de 35% du budget global.

Les 3 éléphants (Laval, 53) :

L’édition 2010 du festival a été déficitaire de 80 000 euros et le conseil général de Mayenne a réduit son aide de 10% (de 35 000 à 31 500 euros). On aurait pu craindre le pire, mais la ville de Laval a augmenté sa subvention, la passant de 75 000 à 100 000 euros, et le conseil régional des Pays de la Loire a maintenu son aide de 45 000 euros. L’association a réduit son budget global de 500 000 à 450 000 euros, et réduit le nombre d’espaces de spectacle (de 6 à 4).

Le Jardin du Michel (Blénod-lès-Toul, 54) :

Le budget du festival est stable, à hauteur de 680 000 euros hors taxe (autofinancement à 86%). Le conseil général de Meurthe-et-Moselle augmente sa subvention (de 30 000 à 50 000 euros). La communauté de communes augmente également sa participation de 2500 euros, et la région Lorraine maintient son soutien.



Sources : La Lettre du spectacle n° 271, article de Nicolas Dambre : Les festivals préservent leurs financements locaux, et sites des festivals

NB : Cet article est évolutif et a vocation à être complété. Pour communiquer toute information complémentaire ou sur d’autres festivals : actu@irma.asso.fr


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