Fnac Jukebox : pour l’Adami, le streaming premium est un marché artificiel

Publié le mercredi 10 septembre 2014

Musique enregistrée

Dans un communiqué, l’Adami réagit aux chiffres très faibles des 6 premiers mois du service Fnac Jukebox. La société de gestion collective interroge la pertinence du modèle de streaming premium et en appelle à la ministre Fleur Pellerin pour "rassurer les artistes et les plateformes légales et exprimer sa clairvoyance et ses intentions face à cette réalité qu’il devient impératif de réguler".

Streaming : « Dis, c’est encore loin la Suède ? »

On avait promis que le marché du streaming payant serait bientôt florissant. Que les rapports Lescure et Phéline se trompaient, que leur analyse du phénomène était infondée. Que le partage inéquitable de la valeur serait un mythe bientôt démenti par le décollage imminent du streaming. Et que très vite nous verrions la Suède, érigée en modèle mondial du streaming, alors qu’elle fait figure d’exception. Qu’il suffirait d’un marketing efficace pour que les Français se ruent sur les abonnements premium.

On a vu.

Fnac Jukebox, 6 mois après son lancement, via une campagne d’ampleur inédite faite de pub TV et de 4x3, portée par une grande enseigne, a engrangé… 1 329 abonnés premium et 738 abonnés low-cost1. Un naufrage !

La vérité, celle qu’expriment les artistes depuis des années, est que le streaming premium est aujourd’hui un marché artificiel. Il est porté essentiellement par l’accord Orange/Deezer dont la fin programmée en 2015 achèvera probablement de mettre en lumière sa très faible réalité.

Nous le répétons une fois de plus, le streaming est un modèle identique à la radio. YouTube l’a compris depuis longtemps déjà. La nouvelle offre de Spotify en est un nouvel exemple : 1 pub vidéo lue = 30 minutes de streaming audio gratuits.

Reste une anomalie criante, dénoncée unanimement par 5 rapports depuis 2009 : si le streaming est la radio du 21ème siècle, le mode de rémunération des artistes et les droits d’exploitation des catalogues musicaux ne peuvent pas être basés sur la vente physique. Les conséquences sont désastreuses : les artistes ne sont quasi pas rémunérés et les plateformes légales sont étouffées. Le stream ne paie pas.

Il est temps enfin, de mettre en œuvre les préconisations du rapport Lescure. Nous comptons sur Fleur Pellerin, ministre de la culture, pour rassurer les artistes et les plateformes légales et exprimer sa clairvoyance et ses intentions face à cette réalité qu’il devient impératif de réguler.


NDLR :

Ce communiqué de l’Adami fait suite à la publication, par nos confrère du magazine Haut Parleur, des chiffres des 6 premiers mois de Fnac Jukebox :

Lire l’article : Fnac Jukebox peine à décoller



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