Enjeux des relations entre collectivités territoriales et acteurs culturels

Publié le lundi 10 mai 2010

Rencontre

L’association Cultiv’actions organise, le 18 mai, un colloque à Mérignac sur les rapports entre les collectivités locales et le monde culturel à l’heure où des coupes sombres s’annoncent et où les perspectives supposent de nouvelles solutions à envisager.

ENJEUX DES RELATIONS ENTRE COLLECTIVITES TERRITORIALES ET ACTEURS CULTURELS

Présentation
A l’issue de précédentes tables rondes qui ont eu lieu le 9 avril dernier à l’université Michel de Montaigne, plusieurs cas pratiques du territoire bordelais et Aquitain ont montré les difficultés partagées par les collectivités locales et les professionnels à entrevoir les perspectives réservées au secteur. Les diverses réformes et processus engagés ces dernières années continuent de complexifier les rapports entre culture et société, entre acteurs et territoires autour de politiques culturelles sans réelles structurations et sans aucune perspective de pérennisation. Les disparités milieu rural et milieu urbain, le secteur des musiques actuelles, l’accompagnement artistique soutenu par les structures intermédiaires et les polémiques autour d’Evento ont montré toute la particularité du milieu bordelais et la volonté de chacun, professionnels comme élus, d’entrer dans un dialogue afin de dégager des solutions en adéquation avec les réalités économiques : baisse des subventions et des budgets alloués à la culture, précarisation des structures et des artistes, difficile professionnalisation du secteur...

Afin de dépasser le simple constat des disparités inhérentes aux disciplines et aux territoires, une première phase de restitution des tables rondes analysera avec distance les principales questions soulevées pendant cette journée. De la simple explication des mutations provoquées et subies, la problématique générale portant sur les enjeux entre collectivités territoriales et acteurs culturels a progressivement dépassé l’état des lieux pour mettre en perspective la représentation du secteur autour d’équilibre territorial en termes de publics, d’offres adaptées mais également de formation adéquate pour les artistes et les acteurs dans une logique d’insertion dans le paysage socio-économique.

DEROULEMENT DE L’APRES-MIDI : 14h-15H30 : RESTITUTION DES TABLES RONDES
Les disparités milieu rural / milieu urbain :
Autour de membres de collectivités (M. Coconnier, chargé Mission Culture(s)- Urbanisme à la CUB et M. Darmian, maire de Créon) et d’universitaires (M. Augustin et M. Ragot, professeurs à l’université de Bordeaux 3), cette table ronde a fait un état des lieux des mutations socio-économiques qu’engagent les diverses réformes appliquées et applicables dans le futur dans les deux types de territoire, rural et urbain. A terme, quelle place chacun peut prendre dans le contexte départemental et régional du territoire ?

La labellisation SMAC : vers un principe de « coopétition » ?
Date : mardi 18 mai 2010, après-midi (de 13h30 à 19h) Lieu : Krakatoa à Mérignac
Les acteurs du secteur des musiques actuelles bordelais (M. Duval, directeur de Musiques de Nuit, M. Estèbe, directeur du Krakatoa / Transrock, M. Roux, directeur de la Rock School Barbey) et aquitain (M. Blasinsky, directeur de l’IMR et M. Garcia, directeur du Sans réserve, tout deux de Périgueux) ont défini toutes les questions générées par la labellisation sur les questions d’équilibre territorial et de financements des projets et des actions propres aux uns et aux autres. Si le mot d’ordre révélé par la mise en réseau (RAMA) et l’implication des collectivités (M. Vilcocq) reste la volonté de coopération et de concertation, les actions telles que la professionnalisation et le soutien des pratiques culturelles musicales sont aujourd’hui fragilisées par les difficultés de structuration des lieux et la difficile prise en compte des particularités d’un secteur en termes d’économie mais aussi de publics.

Marketing urbain : Evento, exemple ou contre-exemple ?
Evènement emblématique, Evento avait soulevé et soulève toujours beaucoup de polémiques. Sujet épineux, la pertinence de cet évènement apparemment en inadéquation avec le territoire qui l’accueille (implication du public mais aussi des acteurs locaux) est contestable. Autour des questions artistiques (M. Mazzoleni) et socio-économiques notamment en ce qui concerne la communication et le projet (Mme Ounsamone, chargée des grands évènements et de la communication à la mairie de Bordeaux), cette table ronde repose les grandes lignes directrices d’un point de vue critique (budget, médiation auprès des publics, valorisation du territoire, rayonnement de la ville). En période de préparation de la deuxième édition qui donne carte blanche à Michelangelo Pistoletto, il est à présent temps de faire un bilan et de déterminer la cohérence via le sens d’un projet qui se veut participatif et reflet d’une dynamique territorial.

Le rôle des structures culturelles intermédiaires
La réforme des collectivités en premier lieu, mais également tout le contexte actuel, interrogent à nouveau le rôle de l’IDDAC (M. Pouthier) et de l’OARA (M. Brouch), deux structures héritières des dynamiques impulsées par les politiques de développement culturel et de décentralisation. Si les difficultés des acteurs et artistes justifient les missions de l’un comme de l’autre, les réflexions qu’elles engagent sur des thèmes tels que la formation ou l’adaptation d’outils à diverses échelles territoriales et plus largement les rapports entre culture et société développent la nécessité de solidarité interne et externe au secteur. L’enjeu est ainsi de le réinscrire dans une réalité socio-économique de la formation des professionnels à l’harmonisation des divers acteurs et de leurs politiques culturelles.
Enjeux : à partir de points précis, apporter des clefs pour comprendre l’identité du territoire aquitain et le type de dialogue et de discours défendu par les uns et les autres.

15H30-16H : MISE EN PERSPECTIVE
De cas pratiques du territoire bordelais voire aquitain, l’ensemble du débat s’est naturellement au fil de la journée déplacé à l’échelle nationale. Afin de mettre en perspective nos réalités locales, il est nécessaire de prendre de la distance et d’interroger ces mêmes thèmes sur un espace différent, c’est-à -dire ayant d’autres particularités. La région Midi- Pyrénées, voisine de l’Aquitaine et source de comparaison sur divers domaines, semble à ce titre pertinente. Classée également dans le Grand Sud Ouest, la venue d’un représentant de
collectivité de ce territoire peut apporter le recul nécessaire au débat et intervenir logiquement avant les réflexions sur les perspectives nationales :

Quelle(s) politique(s)sont mises en avant sur la ville, le département, la région ?
Quels types de dialogues entretiennent acteurs locaux et collectivités territoriales : quels systèmes de réseau, de solidarité, de concertation du côté des professionnels comme des collectivités ? Quels rapports entre les différents échelons de collectivités (de la ville à la région en passant par la communauté urbaine et le département) ?
Comment définir l’identité du territoire par rapport au dynamisme des secteurs et à l’implication de chacun ? (quelle place notamment pour le marketing urbain ? les structures intermédiaires ?).
La définition des quatre cas pratiques bordelais fait-elle écho au territoire comparant ?

Intervenant :
M Sautreau : directeur général adjoint en charge de la culture de Toulouse. Ayant travaillé au ministère de la culture, il peut donner une vue d’ensemble intéressante et introduire le débat suivant.

16H30- 18H30 : DEBAT : DIALOGUE ENTRE LES COLLECTIVITES TERRITORIALES ET LES ACTEURS CULTURELS : QUELLES SOLUTIONS ET QUELLES PERSPECTIVES POUR LE SECTEUR CULTUREL ?
La Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), la réforme territoriale, la suppression de la taxe professionnelle, la crise économique aussi, sont autant de facteurs (aggravants) qui vont avoir des répercussions importantes sur le secteur culturel, répercussions sur le long terme participant à l’effet de précarisation et d’incertitude des acteurs (qu’ils soient artistes, acteurs associatifs, techniciens...), de leurs activités et emploi et de manière plus large de la politique culturelle territoriale. En effet, avec le désengagement notoire de l’Etat ces dernières années, qui semble plus qu’être confirmé aujourd’hui, et la perte d’autonomie fiscale des collectivités locales, c’est la logique de décentralisation qui est remise en cause et toute l’identité d’une certaine politique culturelle. Cette période de mutations et de crises concerne donc tout autant les acteurs du terrain mais également les élus et techniciens de la culture, les artistes et les publics, de tous les milieux et de tous les territoires, à tous les échelons institutionnels. Le contexte difficile dans lequel s’engage tout le monde de la culture, malgré lui, nécessite de reposer le débat, de repolitiser la question de l’art et de la culture entre tous les acteurs concernés. Au niveau national comme au niveau local, les répercussions de ces réformes vont conditionner la manière de construire une politique culturelle locale, de faire vivre un territoire par le biais de projets artistiques ambitieux et novateurs essentiels et indispensables au développement des individus. La culture n’est pas que symbolique, n’est pas qu’un enjeu de communication, d’image et de rayonnement, et certains se perdent/se trompent à défendre cette vision trop éloignée de ce que la culture peut permettre.
Après l’étude des problématiques propres à notre territoire et leurs mises en perspectives, force est de constater les multiples disparités propres au secteur culturel et
donc la complexité du contexte actuel. Afin de dépasser ce constat plutôt pessimiste, l’ouverture de ce débat sur les perspectives se propose de réunir universitaires, membres de collectivités et représentants du milieu artistique autour de solutions envisagées et de leur viabilité face aux réalités socio-économiques. Il sera question de dégager de ces différents points de vue les valeurs et les savoirs partagés mais aussi d’échanger les valeurs et les savoirs qui ne le seraient pas :
-  Dans quelle mesure les différents acteurs peuvent s’adapter à ce contexte ? La pérennisation des politiques culturelles est-elle envisageable ? (dynamique de l’appel à projets, manque de professionnalisation des structures, disparités des territoires et des outils)
- L’application à grande échelle des nouvelles économies est-elle réalisableou utopique ?
-  En bref, quels écarts existe-il entre le discours et la pratique dans le secteur culturel ? Les collectivités ont-elles les moyens d’appliquer leurs politiques culturelles à un territoire défini ?

Plénière de deux heures entre les intervenants suivants :
M Vilcocq (ancien conseiller à la Région), Mme Taliano(universitaire), M Rathier (Responsable de l’association Script) M Sautreau (directeur général adjoint en charge de la culture de Toulouse) ou/et M Lajuzan (directeur des affaires culturelles de Tournefeuille)

18H30-19H : QUESTIONS
Si l’on considère l’approche prospective du débat, il apparaît comme cohérent de poursuivre ces réflexions au niveau de la formation des professionnels de la culture. Se préparant à entrer dans le monde du travail dans un secteur en mutation, les étudiants peuvent logiquement s’interroger sur l’avenir qui leur est réservé. Le manque de vision à long terme conduit les structures, souvent associatives, à ne pas pouvoir donner la chance aux futurs acteurs de s’inscrire de manière pérenne (c’est-à -dire au-delà d’un simple stage, d’un service civil ou d’un CAE) sur un territoire choisi. De ce fait, ce temps sera consacré à donner la parole à l’assistance afin de mettre en relief des clefs pour optimiser cette professionnalisation.
19H : pot de clôture

Informations et réservations :
cultivactions@gmail.com ou par téléphone, Hélène au 06 30 49 82 76


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