En direct du Midem : l’UPFI, pour un outil de soutien global à la filière musicale

Publié le mardi 25 janvier 2011

Musique enregistrée

L’UPFI s’est prêtée au rite annuel de la conférence de presse. Commentant l’état du secteur, l’UPFI s’est montrée intéressée par un outil proche du CNC, tout en affirmant que 2011 sera une année utile du point de vue de l’engagement des pouvoirs publics.

Les principales déclarations

L’UPFI a tenu sa conférence de presse au Midem, en commentant les chiffres, l’actualité et en affirmant des positions :

- A propos de la carte musique, un certain nombre de faits n’ont pas été pris en compte par l’industrie... Pour Jérôme Roger, « il faut permettre de jouer sur tous les curseurs du dispositif carte musique pour qu’il soit pleinement utilisé par les professionnels. »

- Commentant les chiffres, l’UPFI s’est inquiétée d’un marché toujours à la baisse malgré les initiatives mises en place en 2010. Les conséquences sont importantes, avec comme interrogation de fond : à quel moment le marché va revenir à la hausse ?

- La crainte de la baisse prévisible pour les années à venir conduit l’UPFI à envisager des mécanismes qui pourraient pallier à la difficulté des opérateurs. Principalement, le chantier sur un outil de soutien global à la filière musicale : "au-delà de l’outil, il conviendra de savoir quels sont les dispositifs qui vont le nourrir.".

- Le rapprochement avec l’outil CNC, outil structurant, est qualifié de très intéressant selon l’UPFI.

- Il est important que le ministre de la Culture veuille lancer une réflexion à court terme sur des propositions qui pourraient être reprises par le gouvernement.

- Pour Stéphan Bourdoiseau, "un financement intéressant de nos activités serait de 100 Millions pour financer de nouveaux outils…" [...] "10 millions d’euros représentant l’endettement d’un gros indépendant pour financer lui-même ses activités."

- Début 2011, l’UPFI compte redoubler d’ambitions alors que certains résultats n’ont pas été "impactants" sur le secteur phonographique, les producteurs ont affirmé qu’ils espèrent des effets suivis à ces engagements au risque d’entraîner une forte déception pour 2012, année particulière s’il en est.

- Jérôme Roger : « Pour la 8ème année consécutive, le marché connaît une baisse compensée de façon légère par le téléchargement. […] La période de transition risque de durer pendant très longtemps avant que le marché du numérique devienne un vrai relais de croissance. Plus que jamais, cette période de transition justifie un accompagnement de la part des pouvoirs publics. »

- S’exprimant sur le financement de la création, on a pu entendre : " l’apport d’un producteur de cinéma via le CNC est de l’ordre de 30 % alors que pour un producteur phonographique, c’est de l’ordre de 55% et ce, dans un contexte de baisse des ventes. "

- 2011 sera une année utile pour notre secteur du point de vue de l’engagement des pouvoirs publics.

- Jérôme Roger a terminé en évoquant l’inquiétude de la profession des producteurs face à l’absence de diversité musicale à la radio (cf. communiqué ci-dessous).


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

"Paris, le 24 janvier 2011

BILAN RADIO 2010 : L’UPFI INQUIÈTE DE L’ABSENCE DE DIVERSITÉ MUSICALE

LES PRODUCTEURS INDEPENDANTS EN APPELLENT AU MINISTERE DE LA CULTURE POUR PRENDRE LES DISPOSITIONS LEGISLATIVES PROPRES A RENVERSER UNE TENDANCE LOURDE.

Alors que la radio traditionnelle continue d’être le support privilégié d’écoute de la musique, l’UPFI déplore le manque de diversité musicale sur les principales radios privées.

L’augmentation, en 2010, du nombre d’artistes et de titres différents programmés en radio* (85 000 titres, + 15 % vs 2009) ne doit pas masquer un constat très inquiétant : La progression a profité essentiellement aux titres golds et aux découvertes d’albums ou de singles joués moins de 3 fois. Le nombre de nouveautés ayant bénéficié de plus de 3 rotations sur l’année a chuté de 34 %.

Le nombre des nouvelles entrées en play-list a suivi cette même tendance (- de 2 700 nouveautés programmées, 10 % de moins qu’en 2009)

Pour les 100 titres les plus diffusés, 30 seulement ont été interprétés en français et ce chiffre tombe à 23 en y retirant les duos franco-anglais, le plus souvent produits sous la pression des radios. Du jamais vu depuis 1994 ! Le nombre de nouveaux talents francophones classés dans le Top 100 s’est également effondré (18 titres contre 25 l’an passé, 27 en 2008 et 31 en 2007)

La part du Top 40 dans les réseaux musicaux continue d’occuper la majeure partie de la programmation musicale.

Face à cette situation, l’UPFI en appelle au Ministère de la Culture afin qu’il procède à un bilan de l’application des quotas radios et qu’il prenne les dispositions législatives et réglementaires nécessaires pour renverser cette tendance lourde. En effet, l’on assiste, depuis plusieurs années, à un dévoiement des quotas de la part des radios et à une impuissance de la part du CSA à faire respecter les obligations de diversité en matière de programmation musicale qui figurent pourtant dans la loi.

Dans un souci de transparence, les producteurs indépendants souhaitent également que soient dorénavant affichées les coproductions et les co-exploitations de titres programmés en radio et à la télévision dans le cadre de l’Observatoire de la Diversité Musicale dans les médias.

Par ailleurs, l’UPFI souhaite que la modification du contrat d’objectifs et de moyens entre France Télévisions et l’Etat conduise à une amélioration tant qualitative que quantitative de la place de la musique et des variétés sur les antennes du service public de la télévision."

* Bilan radio 2010 : Source Yacast / SNEP

Contact : Jérôme Roger – Directeur Général Tel : 01 53 77 66 40

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