ÉLÉMENTS SUR LES MUSIQUES METAL EN FRANCE :
La France aime-t-elle le metal ?

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Les musiques metal ont tendance à être stigmatisées et décrédibilisées, folklorisées. Pourtant, depuis quelques années, inspirés par le Hellfest, qui a lieu ce mois-ci, les événements populaires se multiplient, la production fait preuve d’un regain de vitalité, et le public, souvent fidèle et engagé, s’élargit. Quelles sont les spécificités de la scène française ? Pour quelles raisons le metal n’a-t-il pas le même succès que sur le continent américain ou chez nos voisins européens, depuis longtemps convertis ? Si la situation n’est pas initialement des plus favorables, il se pourrait que le vent soit en train de tourner.

ÉLÉMENTS SUR LES MUSIQUES METAL EN FRANCE : La France aime-t-elle le metal (...)Les musiques metal occupent une place singulière en France. Rares sont les esthétiques présentant un caractère aussi clivant. En clair, pour les musiques extrêmes, pas de demi-mesure, soit on les aime soit on les déteste, elles ne laissent pas indifférent. Chaque génération, depuis leur apparition, a compté des fans, fidèles, et a subi, sinon la réprobation et la stigmatisation, du moins la moquerie du grand public et l’indifférence des professionnels et des médias.

Entre stigmatisation et clichés

Satanistes qui égorgent des poulets pour invoquer les forces occultes ou nounours chevelus qui montrent leurs fesses aux caméras en poussant des cris, détestables ou sympathiques, les clichés sont souvent au rendez-vous quand il s’agit de parler des musiques metal et de leurs publics. Au risque de ne pas en saisir l’essence et les spécificités, et de ne pas les considérer simplement pour ce qu’elles sont : des expressions artistiques dignes d’intérêt. Au mieux elles font rire, au pire elles font peur. Ces musiques, pourtant déjà quarantenaires, et largement reconnues sur le continent américain ou chez nos voisins européens, semblent toujours être, en France, marginalisées, ignorées ou méprisées, malgré l’existence d’un public réel.

Frappé d’indignité culturelle, il faut dire que le metal présente des caractéristiques à double tranchant. Looks, thématiques évoquées, imagerie, ce qui en fait la spécificité est aussi un facteur important de rejet. Et le premier est la musique elle-même. Pas directement accessible, elle nécessite de se faire l’oreille : guitares saturées, batteries violentes, chants criés ou hurlés, pour un non-initié, ce n’est pas de la musique, juste du bruit, un bruit infernal…

Arrogance et élitisme ?

Comme une réaction à cet ostracisme, les milieux des musiques metal se sont organisés et structurés dans un "entre-soi", au point de développer, dans les esthétiques les plus extrêmes, un comportement réflexe de différenciation. « Le milieu des musiques metal est effectivement dans un paradoxe : il se plaint d’un manque de reconnaissance, et en même temps l’apprécie et le revendique », explique ainsi Nicolas Ramaget, des Éditions hurlantes. Pour Florent Bécognée, rédacteur en chef de Metallian, c’est un élément important, surtout pour les mouvements les plus extrêmes. . « Il y a un côté très élitiste, voire arrogant. C’est une image qui vient peut-être de groupes comme Mayhem ou Dark Throne, dont la posture a mal été interprétée. On s’identifie à quelque chose d’occulte, de secret, de dark… Mais c’est aussi ce qui fait l’identité du style, une vision un peu froide et distante, nihiliste et élitiste » (Ces éléments peuvent aussi expliquer la relative difficulté à obtenir des interviews, les acteurs du metal se montrant peu enclins à parler de leur activité).

Une famille fragmentée

Cette relative arrogance de certains courants et la propension à se construire une identité exclusive sont également renforcées par la fragmentation en plus d’une centaine de genres et sous-genres des musiques metal, qui entraîne une fragmentation des scènes et des publics. À l’intérieur même de cette "grande famille", tout le monde ne s’entend pas, ni ne s’apprécie forcément. « De même qu’un fan de black metal n’ira pas à un concert de reggae, il n’ira pas non plus à un concert de crustcore, car les discours ultra-gauchistes peuvent le déranger », précise ainsi Fabien Hein, maître de conférences en sociologie à l’université de Lorraine. D’où, aussi, la délicatesse à généraliser des propos à l’ensemble des esthétiques recouvertes par le terme de metal.

En France, les musiques metal se sont donc développées en construisant leurs propres réseaux, en pouvant compter sur un public pas toujours très nombreux, mais réel et impliqué.

Un public fidèle et engagé

Le metalleux, un primitif écervelé, le metal, une musique d’ouvrier (représentation qui pourrait aussi participer du dédain affiché par les élites culturelles) ? Là encore, le cliché est… un cliché. S’il existe aux États-Unis un lien historique entre musiques metal et classes populaires, ce n’est pas du tout le cas en France, ni même en Allemagne. Fabien Hein le montre dans son ouvrage Hard rock, heavy metal, metal, histoire, cultures et pratiquants, les amateurs de gros son sont sociologiquement très divers. « On trouve dans les publics du metal des ouvriers, des cadres supérieurs, des instituteurs, des médecins, des infirmières, et même des professeurs d’université ! Les études montrent même plutôt un profil de type bac + 2 ou 3, inséré socialement, en emploi, donc disposant d’un capital économique », précise-t-il.

Ce public, divers par ses origines sociales, met également en avant des codes vestimentaires. La couleur dominante est le noir évidemment, mais surtout, la volonté d’afficher ostensiblement ses groupes préférés est très forte. Ce qui fait des metalleux des consommateurs de merchandising de premier ordre.

Ce rapport à l’objet siglé des groupes que l’on apprécie trouve également son prolongement dans la façon d’écouter la musique. Les fans de guitares saturées semblent en effet porter un attachement aux supports physiques. Comme le souligne Nicolas Ramaget, « les ventes de disques ont évidemment baissé, mais proportionnellement beaucoup moins que dans d’autres styles ». Le problème réside dans la difficulté à séduire au-delà des cercles initiés, même pour les têtes d’affiche françaises. Ainsi Gojira, qui a aujourd’hui atteint une notoriété de premier plan, vend entre 15 et 20 000 albums, ce qui est un très bon score, surtout en pleine crise du disque, mais qui ne balaye pas plus large que leur cœur de cible. Le constat est le même pour la presse spécialisée. Si elle subit aussi les effets entraînés par la mutation numérique, la presse papier metal est foisonnante, la base de données de l’Irma recensant 60 titres papier ou en ligne. Pour Florent Bécognée, « un public qui a besoin d’avoir l’objet produit par le groupe, CD ou vinyle, avec les visuels, est sûrement plus enclin à être attaché au support papier pour son magazine. Il y a un côté un peu fétichiste, on collectionne les anciens numéros ».

Les metalleux, même s‘il est toujours abusif de généraliser, présentent également des spécificités notoires dans leurs façons de vivre leurs musiques. Public globalement plus fidèle que la moyenne, il se déplace aux concerts. Engagé, il est plus enclin à prolonger sa passion dans l’écriture, via des blogs, ou autres webzines (on en compte des centaines, d’importance, de pertinence et de fréquence de publication très variées). De même, le nombre de pratiquants d’instruments semble plus important que chez les auditeurs d’autres styles, expliquant en partie la surreprésentation de ces musiques dans les studios de répétition. Pour tempérer ce dernier point, les décibels envoyés expliquent aussi la quasi-obligation de jouer en studio.

Une scène française diversifiée

En France, il y a donc un vrai public pour les musiques métal. Mais qu’en est-il des groupes ? Comme évoqué plus haut, les metalleux sont des pratiquants d’instruments, il devrait donc y avoir une proposition artistique significative, au moins quantitativement. Et c’est le cas. La production métal hexagonale se caractérise d’ailleurs par son éclectisme. Tous les styles sont produits, heavy, black, death, thrash, avec des groupes reconnus dans chacun. Pour Nicolas Ramaget, « il faut saluer là le travail des nombreux labels indépendants, qui font un travail colossal pour permettre aux groupes français d’exister sur la scène nationale et internationale ». Pour Florent Bécognée, « la musique très efficace, type thrash, fonctionne bien, peut-être même un peu trop, du coup les productions finissent par se ressembler. Le black metal aussi fonctionne bien, avec ses côtés froids, bruts et nihilistes, avec des groupes comme Otargos ou Deathspell Omega. Le côté un peu crade du son, enregistré sur des 4 pistes, revient aussi à la mode. Il y a aussi de nouvelles scènes qui émergent, avec des groupes comme Moonreich, Lutece, Seide… »

Les groupes de l’hexagone, comme dans les autres styles, rencontrent des difficultés à l’export, a fortiori s’ils chantent dans la langue de Molière. Le marché français, jusqu’au début des années 2000, n’était pas obligé de se tourner vers l’international, sauf pour les musiques les plus extrêmes. Leur public domestique étant plus restreint, les labels misent généralement dès le départ sur l’étranger.
Le metal, parent pauvre des programmations ?

De la difficulté de tourner pour les groupes metal

Résumons : il existe un public, engagé et fidèle, une scène diversifiée, des groupes qui fréquentent les studios, il doit donc y avoir une programmation non négligeable dans les salles de concerts… Malheureusement, c’est là que le bât blesse. Les artistes metal, hors pointures internationales, se font discrets, rares, voire inexistants dans les programmations. Même dans les Smacs (scènes de musiques actuelles), les gros riffs ont du mal à passer du studio à la scène… Comme le rappelle Fabien Hein, « les programmateurs donnent l’impression de ne pas être familiers de ces musiques. Certes, il y a une dimension économique dans les choix de programmation, mais la sensibilité des programmateurs joue beaucoup. Et elle a tendance à jouer en faveur d’autres esthétiques ». Un autre élément significatif, il est difficile d’obtenir des données précises sur le metal en matière de spectacle. En effet, les nomenclatures ne le font pas apparaître en tant que tel. Il se retrouve dispatché entre les catégories "pop rock" et "variétés internationales".

Si les réseaux traditionnels de diffusion du spectacle vivant musical (Smacs, grands festivals et autres salles de spectacles) programment du metal, ils le font avec une relative parcimonie, variable en fonction des régions. Les difficultés d’accès aux salles, mais aussi une volonté prononcée de fonctionner en do it yourself ont entraîné la constitution de réseaux alternatifs spécialisés, faits de petites associations, de petits comités d’organisation de festivals, d’acteurs locaux… Comme le précise Nicolas Giraudet, de Rage Tour, « C’est ce réseau qui fait notre plus-value, mais il nécessite un suivi et une actualisation permanente. Ces petits acteurs ont une durée de vie très courte, de quelques années, quand ils ne font pas des one shot sur un an… Si l’on s’éloigne quelques années du milieu, on perd les ¾ de ce tissu. C’est un vivier en renouvellement permanent. »

Spécialités régionales

Si l’on représentait la diffusion des musiques metal en France sous forme de carte anamorphique, l’hexagone n’en serait plus un, et serait boursouflé au nord de la Loire. En effet, Nicolas Giraudet est catégorique sur ce point : « 80% des concerts se passent dans la moitié Nord du pays, avec une forte représentation de l’Est de la France. C’est probablement une influence de l’Allemagne et du Bénélux, beaucoup plus adeptes de métal, et depuis plus longtemps que la France. La Bretagne est aussi réceptive, car il y a une tradition du live plus importante qu’ailleurs ». Si le Sud de la Loire est à la traîne, il existe tout de même une scène, avec des groupes et des acteurs locaux.

La France à la traîne

C’est un constat largement partagé. Le manque de considération en France pour les musiques metal entraîne un retard par rapport à nos voisins européens. Que ce soit en Allemagne, dans les pays d’Europe de l’Est ou du Nord, les musiques métal font partie du paysage. Et la création et la tenue d’un événement comme le Hellfest ne feraient probablement pas parler autant que ce fut le cas en France. De même, les collectivités, bien que sensibles à la dimension économique d’un festival et à sa participation au renforcement de l’attractivité de leur territoire, ne sont pas encore complètement à l’aise avec les événements metal, comme en témoignent les changements de site du Motocultor festival depuis sa création en 2007, ou encore le faible montant des subventions dont bénéficie le Hellfest (environ 10% du budget total, qui tourne autour de 8 millions d’euros).

Un retard qui se matérialise aussi par la moindre présence des groupes internationaux. Leurs tournées européennes ne font que quelques haltes en France, quand elles ne se contentent pas d’une escale à Paris. « Il n’y a qu’à regarder les tournées des groupes internationaux », explique Nicolas Giraudet. « Une grande partie de leurs dates européennes se font en Allemagne. Parce qu’il y a plus de public, donc de plus gros cachets, etc. L’Angleterre est un peu à part, ces musiques viennent de l’ère culturelle anglo-saxonne. Quant à l’Europe du Nord, c’est encore autre chose : ce sont les musiques les plus extrêmes qui fonctionnent dans ces pays. » Les pays scandinaves sont traditionnellement plus ouverts sur l’export et la culture anglo-saxonne.

Pourquoi la France est-elle moins portée sur les musiques metal ? Les raisons peuvent être multiples : promotion des expressions musicales de langue française face à la prédominance culturelle de l’anglais, valorisation d’autres esthétiques... De plus, pour Nicolas Ramaget, « il y a des raisons socioculturelles, mais aussi historiques. L’Allemagne, de par la présence longue des troupes américaines après la seconde guerre mondiale, a été beaucoup plus sensibilisée que la France au rock. »

Promotion et diffusion

Une des explications avancées, et qui revient souvent parmi les acteurs et observateurs pour expliquer ces freins et difficultés, c’est la faiblesse de la promotion dont bénéficient ces musiques. Leur absence ou, au mieux, leur présence anecdotique ou folklorisée dans les médias traditionnels n’est effectivement pas de nature à favoriser leur essor. Pas ou peu de metal dans les journaux, très peu à la radio, quasiment pas sur les chaînes de télévision... Mais le metal a toujours pu compter sur « un réseau important de titres de presse spécialisée et de webzines », comme le rappelle Christian Bivel, d’Adipocere (VPC, disquaire et label).

Un tournant pour le metal ?

Si la situation n’est pas des plus favorables pour le metal en France, il semblerait que les choses commencent à changer, et que les facteurs soient réunis pour favoriser une diffusion plus large. Premier élément, il ne faut pas oublier que ces musiques sont relativement jeunes, elles sont quarantenaires. Un effet générationnel pourrait ainsi jouer en leur faveur. Il y a désormais deux, voire trois générations d’amateurs de metal, ou qui ont grandi avec. Elles commencent donc à s’inscrire dans l’inconscient collectif. Elles ne choquent plus, et, sauf pour les franges les plus traditionalistes de la population, ne suscitent quasiment plus de rejet catégorique. En la matière, le Hellfest a essuyé les plâtres, et le combat pour ces musiques de feu le député Patrick Roy a vu sa célèbre veste rouge attirer les invectives autant que la lumière. Pour Christian Bivel, « ces dernières années, le metal rentre un peu plus dans les mœurs. Mais ça n’est plus le même état d’esprit qu’au début des années 1980, quand le metal était souvent exclusif. A présent des jeunes en écoutent, mais sont aussi ouverts sur d’autres styles ».

Depuis quelques années, une conjonction de facteurs permettant de penser à un avenir plus dégagé sont venus s’ajouter à l’écho suscité par cet événement au succès grandissant (Llédition 2012 a battu son record de fréquentation, avec 112 000 billets vendus), et qui fait des émules. Premier élément souligné par Nicolas Ramaget, la montée en qualité artistique et la professionnalisation des groupes français. « Le sursaut créatif date d’il y a environ 7-8 ans, avec des groupes comme Anorexia Nervosa, Gojira, Scarve… Il y a eu aussi un changement de mentalité : les groupes voulaient réussir, pas forcément au sens marketing du terme, mais d’un point de vue artistique. Ils ont pris conscience que pour faire une carrière, il fallait réfléchir, planifier, travailler, se pencher sur tous les détails, travailler le son, etc. » Une production française qui, depuis quelques années également, ne se contente plus de suivre les modes et vagues venues d’ailleurs, d’Allemagne et d’Europe du Nord notamment. « Quand Dimmu Borgir et Cradle of Filth sont arrivés, il y a eu une quantité d’ersatz. Depuis quelques années, 7-8 ans je dirais, les choses ont évolué. Les artistes français suivent moins les modes, et vont vers quelque chose de plus personnel, de plus travaillé », complète Florent Bécognée.

L’exigence a également augmenté chez les acteurs spécifiques : labels, tourneurs, managers… Illustration de la reconnaissance de leur professionnalisation, des groupes étrangers signent sur des labels français. Season of Mist compte ainsi à son catalogue des groupes comme Morbid Angel ou encore Dillinger Escape Plan. Comme le rappelle Nicolas Ramaget, « à part en électro, il n’y a pas beaucoup de labels français qui peuvent se prévaloir d’avoir signé des pointures internationales ». La France se met également à niveau en ce qui concerne les réalisateurs artistiques et les studios d’enregistrement, dont la réputation grandit : Stéphane Buriez (Loudblast) dans le Nord, Mobo à Toulouse, le studio Drudenhaus…

Tous ces facteurs ne sont pas étrangers à la récente ouverture, certes relative, des médias. Davantage de journalistes traitent du metal avec un peu plus de recul. Les quotidiens nationaux commencent à parler du Hellfest en abordant aussi l’aspect artistique. Des groupes comme Motörhead ou dans un autre registre Rammstein font l’objet d’articles. De même, quelques-unes des grandes figures de ces musiques accèdent à une reconnaissance médiatique qui dépasse le cercle des seuls fans. Les grands quotidiens nationaux ont par exemple évoqué le décès de Ronnie James Dio (chanteur et auteur-compositeur, ex-Black Sabbath, entre autres, NDLR), et plus récemment celui de Jeff Hanneman, le guitariste de Slayer. Notons également le succès de la nouvelle émission hebdomadaire animée par Stéphane Buriez, Une dose 2 metal, sur l’Enôrme TV.

Ces éléments sont-ils de nature à permettre au metal d’accéder à une reconnaissance pleine et entière ? Il y a peu de chances que le grand public, sauf effet de mode passager, ne se convertisse en masse aux guitares saturées. En revanche, pour Fabien Hein, le regard sur ces musiques est en train de changer : « à bien des égards, elles sont déjà devenues des musiques comme les autres. En réalité, elles ne font plus peur à grand monde. On finira bientôt par parler du Hellfest comme l’on parle du Printemps de Bourges ou de la Route du rock. La dynamique est clairement enclenchée, même si, à l’intérieur de ces musiques, des artistes trouveront aussi des formes plus radicales d’expression, en termes techniques, esthétiques ou thématiques. Peut-être que l’on entendra du death métal sur France culture dans quelques années. J’en doute un peu, mais sait-on jamais… »


Dossier réalisé par Romain Bigay


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