Deezer entre le marteau et l’enclume ?

Publié le vendredi 10 juin 2011

Musique enregistrée

Le 06 juin, Deezer lançait la nouvelle version de son site (nouvelle interface) limitée à cinq heures par mois pour l’écoute gratuite. Mais cette nouveauté ne remporte pas tous les suffrages...

Dans un communiqué de presse, Deezer annonçait le 6 juin dernier : "une nouvelle expérience musicale en ligne avec un site 5 fois plus
rapide, incitateur à la découverte et au partage de musique."

Avec 1,2 million d’abonnés payants à l’offre Premium, Deezer justifie cette proposition affirmant ainsi accélérer "la conversion des utilisateurs les plus actifs vers des offres payantes" aidé en cela par le partenariat avec Orange qui aurait permis d’atteindre 1 million d’abonnés. Et ce, dans un contexte fortement concurrentiel alors que SFR se rapproche de Spotify.

Axel Dauchez, PDG de Deezer, interviewé par Christophe Alix de Libération [1] précisait que la nouvelle offre doit permettre de ne pas s’en prendre : "à ce public qui est dans une sorte de sas entre piratage et modèle payant, auquel il n’est pas encore forcément converti, mais vers lequel il migre progressivement. C’est pourquoi nous avons décidé, après en avoir longtemps discuté avec les maisons de disques, de limiter à cinq heures par mois l’écoute gratuite".

Mais le lendemain de cette annonce, le site Electronlibre titrait : "Deezer et Universal music : Clash sur menace de retrait", la norme, selon les grands de l’industrie, étant la limitation à cinq écoutes d’un titre, pas à cinq heures. Aujourd’hui, Universal Music porte plainte contre Deezer pour contrefaçon annonce L’Express sur son blog : Universal "a décidé de porter plainte en référé devant le tribunal de grande instance de Paris pour contrefaçon. En effet, Deezer continue de proposer le catalogue de la maison de disque sur son service gratuit alors que l’accord d’exploitation n’a pas été renouvelé depuis le mois de janvier. La menace de retrait du catalogue ne porte pas sur le service payant de Deezer."

Et la grogne monte aussi du côté des usagers de la partie gratuite du service, qui a dû se fendre d’un communiqué sur son blog pour justifier du changement : "Face au mécontentement : Deezer vous répond" : "Un certain nombre d’entre vous ont réagi (parfois même violemment) à la limitation à 5h de l’écoute de musique à la demande. Nous souhaitons ici vous expliquer ce qui nous a conduits à cette décision difficile. Nous n’espérons pas vous convaincre mais au moins vous donner les moyens de vous faire votre propre opinion.
Permettre l’accès gratuit et légal à 10 millions de titres a été pour nous depuis quatre ans un investissement gigantesque : nous rémunérons les producteurs et les artistes sur chacune de vos écoutes. Malheureusement les revenus publicitaires n’étaient pas suffisants pour couvrir ce coût.
Aujourd’hui, malheureusement nous n’avons plus les moyens de continuer à investir sur un service gratuit illimité alors que les attentes des artistes, des auteurs et des maisons de disque sont croissantes. Chaque année, nous devons trouver un nouvel équilibre avec tous ces acteurs, c’est la seule solution pour pouvoir continuer à vous proposer un service gratuit et légal.
" [...]

[1« Deezer pourrait compenser l’érosion du marché du disque »


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