Comment sécuriser l’emploi des professionnels du spectacle ?

Emploi

Après la crise qui touche les intermittents depuis 2003, et plus généralement face aux difficultés liées à l’emploi dans le spectacle, la CPNEF-SV, la DGEFP et la DMDTS ont commandé une étude-action sur les orientations et les dispositifs à mettre en place pour sécuriser et accompagner ces parcours professionnels.

Début 2007, la CPNEF-SV (Commission paritaire nationale de l’emploi et de la formation dans le spectacle vivant), la DGEFP (ministère de l’emploi) et la DMDTS (ministère de la culture) ont décidé de lancer un appui technique se donnant pour objectif d’établir un plan d’action Etat/Profession visant à sécuriser les parcours professionnels et à améliorer la gestion des âges.

En effet, le spectacle vivant connaissant une crise sociale sans précédent, il s’agissait d’identifier des leviers permettant d’agir en faveur des professionnels particulièrement fragilisés dans leur emploi. Depuis une vingtaine d’années la branche connait des évolutions artistiques, techniques, réglementaires, sociales, organisationnelles, mais aussi des politiques publiques, qui ont des conséquences majeures sur l’emploi. La renégociation du régime spécifique d’assurance chômage des professions du spectacle en 2003 (confirmée en 2006), a encore bouleversé les équilibres économiques de l’activité.

Aussi, après une partie diagnostic, ce rapport repère des publics prioritaires et propose des axes d’intervention impliquant les organisations professionnelles mais aussi les ministères, les collectivités territoriales et acteurs régionaux, les institutions sociales du spectacle vivant, les centres de ressources, les organismes de formation…


Extraits : Volet consacré aux profils de professionnels à sécuriser dans le secteur des musiques actuelles

- Les artistes (en particulier les chanteurs) seniors sont les plus touchés (« jeunisme » le plus
caractérisé du spectacle vivant). On constate en outre une difficulté plus marquée que dans d’autres secteurs (comme le théâtre) de passer d’artiste à administratif. Parmi les explications
avancées le plus fréquemment, on relève le niveau de base (niveau scolaire et culture
générale) de ces catégories de musiciens, souvent plus faible que celui des comédiens.
- Le développement des technologies de pointe fait également apparaître un fossé
générationnel entre les techniciens les plus anciens, qui rencontrent parfois des difficultés à 
s’adapter à ces nouvelles technologies, et les nouveaux venus.
- Les troubles musculo-squelettiques (TMS) liés à la pratique régulière d’un instrument de
musique contraignent également à des reconversions précoces, y compris des « musiciens
d’arrière » ou « side man » dont la carrière devrait en principe être moins soumise à l’avancée
en âge et plus dépendante de la maîtrise d’une technicité musicale (moindre problématique du
« jeunisme »).
- Enfin, dans ce secteur encore trop peu sensibilisé aux risques encourus, le problème de
l’usure physique touche les musiciens mais également les techniciens (usure liée au poids des
équipements manipulés, à l’exposition à de hauts volumes sonores, à la fatigue liée à 
l’amplitude des horaires...).

Cette étude-action a été réalisée dans le cadre d’un accord EDEC (engagement de développement de l’emploi et des compétences) passé entre la CPNEF-SV et la DGEFP. Elle a été conduite par le cabinet Interface après lancement d’un appel d’offre. Un comité de pilotage (regroupant les commanditaires et les organisations syndicales), l’AFDAS, l’ANPE spectacle et AUDIENS ont également participé à ce travail.

Désormais, la CPNEF-SV souhaite que "les partenaires sociaux et les acteurs concernés s’emparent des résultats de cette étude afin d’en débattre et de mettre en œuvre les recommandations qui leur paraitront pertinentes".


Extraits : Les axes de sécurisation des parcours

Volet 1 : les axes relatifs à la gestion et aux politiques de l’emploi
Axe 1 : Agir sur l’entrée de nouveaux arrivants dans le secteur au regard des opportunités d’embauche par une réflexion sur les dispositifs de formation initiale et continue
Axe 2 : Renforcer la stabilité professionnelle et limiter la précarité par le développement des pratiques de mutualisation de l’emploi
Axe 3 : Responsabiliser les employeurs en matière de GRH et de management par une subordination des subventions et contrats aidés à des exigences dans ces domaines et par des actions de développement de leurs compétences managériales
Axe 4 : Favoriser le maintien dans l’emploi par une sensibilisation des professionnels « artistes et techniciens en particulier « à la construction d’un réseau solide et diversifié

Volet 2 : les axes relatifs à l’orientation et à l’accompagnement des professionnels
Axe 5 : Prévenir l’exclusion du système et anticiper les reconversions des professionnels dès le début de carrière
Axe 6 : Développer les outils de positionnement et d’appréciation des compétences afin de renforcer la capacité des professionnels du secteur à se projeter dans un autre emploi
Axe 7 : Favoriser l’accès aux différents dispositifs existants en améliorant la lisibilité des structures et services institutionnels

Volet 3 : les axes relatifs à la formation et au développement des compétences
Axe 8 : Valoriser la logique de polycompétence et élargir les horizons de reconversion
Axe 9 : Encourager la professionnalisation tout au long de la vie en renforçant l’adéquation du système formation aux pratiques et exigences du secteur
Axe 10 : Valoriser les diplômes et les filières professionnelles afin de favoriser les évolutions de carrière dans le secteur et les reconversions extérieures
Axe 11 : Favoriser la réorientation sur des secteurs d’activités porteurs et limiter les risques de
formation longue sans débouché

Volet transversal relatif à la santé et à la prévention des risques corporels
Axe 12 : Prévenir les risques corporels par la formation des professionnels et par des soins réguliers adaptés aux métiers à haute intensité physique

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