Chiffres de la diffusion 2012 : le CNV pointe une baisse de la fréquentation

Publié le lundi 23 septembre 2013

Spectacle

Comme chaque année en septembre, le Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV) présente les chiffres de la diffusion de spectacles. L’année 2012 s’est caractérisée par une hausse du nombre de représentations payantes et une légère augmentation des recettes de billetterie, mais surtout par une baisse de la fréquentation.

L’année 2012 a connu une évolution préoccupante de la fréquentation des spectacles de musiques actuelles et de variétés. C’est ce qu’a annoncé le Centre national de la chanson, du jazz et des variétés lors de sa conférence de presse de présentation de ce lundi 23 septembre. En effet, malgré une hausse globale du nombre de représentations (55 000 représentations, soit +9% par rapport à l’année précédente , et même +11% pour les représentations payantes) et une légère augmentation des recettes de billetterie (656 millions d’euros de recettes, soit +1%), le public rassemblé est moins nombreux.

Ainsi, si la fréquentation globale enregistre une légère baisse (-1%, avec 21,4 millions de spectateurs), la fréquentation moyenne par représentation enregistre une baisse significative de 11%. Comme le rappelle Jacques Renard, directeur du CNV, "ce tassement de la fréquentation n’est pas un phénomène totalement nouveau, ni même surprenant dans le contexte général dans lequel notre pays se trouve, et à cet égard bien d’autres secteurs culturels sont aussi rattrapés par la crise". Mais la tendance est à son accentuation : à périmètre constant, la fréquentation était demeurée en hausse de 3% entre 2010 et 2011.

Pas de grand chamboulement en 2012, le spectacle vivant de variétés reste un secteur concentré. Ainsi, les 10 premiers spectacles concentrent 24% des recettes totales de billetterie, pour 4% du nombre total de représentations payantes. Les 10 premiers lieux de diffusion concentrent 33% des recettes totales de billetterie pour 4% du nombre total de représentations payantes. De même, les 10 premiers déclarants concentrent 37% des recettes totales de billetterie pour 5% du nombre total de représentations.

Baisse : les petites jauges les plus touchées

Si l’on considère la taille des jauges, le bilan 2012 est plus contrasté. En effet, les petites jauges accusent une baisse plus conséquente. Ainsi, la fréquentation moyenne des représentations de moins de 200 entrées s’est réduite de 10%, celle des représentations réunissant de 200 à 1 500 de 2%, et celle des représentations situées au-delà de 1 500 entrées a diminué de 3%. Pour les jauges de plus de 6 000 entrées, on observe aussi une baisse du nombre de représentations et de la fréquentation totale, mais sans baisse de la fréquentation moyenne, et avec une hausse de la billetterie, en raison de la hausse du prix moyen du billet de 11%.

Pareillement les festivals ont connu une fréquentation globale en baisse, mais modérée (-3%), compensée par une hausse du prix moyen du billet (+7%). Ces derniers représentent 20% de la fréquentation totale, 16% de la billetterie, 11% des représentations payantes, alors que la fréquentation moyenne par représentation, 809 entrées, est supérieure de plus du double à celle de la fréquentation moyenne hors festivals, 398 entrées.

La chanson en recul

En 2012, en dépit de tournées importantes d’artistes français, la chanson a connu une baisse du nombre de représentations et d’entrées, bien que les rapports entre les différents genres musicaux restent stables. S’agissant de l’humour, le nombre des représentations s’est nettement accru, mais surtout dans les petites salles, ce qui explique la stabilité de ses entrées et de ses recettes. le pop-rock a été lui aussi plutôt stable en nombre de représentations et d’entrées, mais a progressé en billetterie (+9%), en raison des concerts d’artistes internationaux (+10% de hausse du prix du billet) et de la croissance des représentations dans les jauges de 1 500 à 6 000 entrées. le jazz et les musiques improvisées sont en hausse sur l’ensemble des indicateurs. il en va de même pour les musiques électroniques, notamment grâce au succès d’évènements et de festivals importants. Le rap, le hip hop et le reggae en revanche sont en recul sur le plan de la billetterie, les grosses productions, présentes en 2011, ayant été absentes en 2012.

La concentration s’accentue sur l’Ile-de-France et Paris

La France est un pays jacobin capitalocentré... c’est un fait... Et ce n’est pas la répartition par région du spectacle de musiques actuelles et de variétés qui va le contredire. Ainsi, la concentration de la diffusion des spectacles est toujours fortement favorable à la région Île-de-France, et a même eu tendance à s’accentuer en 2012. L’Ile-de-France totalise 51% des représentations payantes pour 38% de la fréquentation et 45% des recettes de billetterie. C’est à Paris que le nombre de représentations a progressé le plus (+24%), sans pour autant générer davantage de recettes ou d’entrées (légère baisse de 2%). La situation parisienne confirme ainsi un constat plus général. Hors Île-de-France, trois régions ont progressé en nombre de représentations, en billetterie et pour partie en fréquentation : Provence-alpes- côte d’azur, Aquitaine et Picardie.

Enfin, pour ce qui est des tournées, celles d’ampleur et les grosses productions (en augmentation), ont permis de soutenir la diffusion — de même que la bonne tenue des cabarets — mais les tournées moyennes ont enregistré des résultats plutôt décevants.


LES CHIFFRES CLÉS 2012 :

- 55 608 représentations de spectacles de musiques actuelles et de variétés en 2012 (+9% par rapport à 2011, +11% pour les seules représentations payantes).
- 21, 4 millions de spectacteurs (en baisse de 1%)
- 3309 exploitants de salles, producteurs, ou diffuseurs de spectacles (stable)
- 656 millions d’euros de recettes (+1%)
- 3 309 exploitants de salles, producteurs ou diffuseurs de spectacles déclarants


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Les chiffres de la diffusion 2012



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