Chiffres Snep : en 2014, le marché de la musique enregistrée rechute de 5,3%

Musique enregistrée

Après l’embellie de l’année 2013, le marché de la musique enregistrée à rechuté en 2014 (-5,3%), selon les chiffres annuels du Snep dévoilés mardi 3 février. En cause, la baisse continue du marché physique, mais aussi, pour la première fois, des ventes de téléchargement à l’acte. Le streaming confirme sa place de premier revenu du marché numérique.

En 2013, le marché de la musique enregistrée avait connu une hausse de 2,3%, rompant avec 12 année de dépression. Mais l’année 2014 n’a pas confirmé cet élan, repartant à la baisse (-5,3%), pour un montant global de 570,6 millions d’euros. C’est ce qu’a dévoilé le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) mari 3 février, lors de la présentation de ses chiffres annuels.

Cette baisse générale s’explique par la baisse continue des ventes physiques (-11,5%), qui représentent toujours 71% du marché. Seule embellie pour le physique, la croissance du support vinyle, qui enregistre une hausse de 42%, avec 672 000 exemplaires vendus, mais ne représente que 2,7% du marché. Mais la baisse globale s’explique aussi par la chute des ventes de téléchargement à l’acte (-14%). Le marché numérique (download + streaming), reste en croissance de 6%, grâce à la progression de 34% des revenus du streaming.

Le streaming : relais de croissance du marché ?

En 2014, le streaming est devenu le premier revenu du marché numérique (55% du marché numérique), dépassant pour la première fois le téléchargement (40%). Il représente désormais 16% du marché global. Pour le syndicat, il s’agit là d’une confirmation des changements d’usages en cours chez les consommateurs. Pour Guillaume Le Blanc, secrétaire généra du Snep, "le streaming gagne progressivement tous les foyers de France. L’année 2015 s’annonce excitante pour le streaming, parfaitement adapté aux nouveaux usages en mobilité". En 2014, 12 milliards de titres ont été écoutés sur les plateformes de streaming audio (Deezer, Spotify, Qobuz et autres Google Play Musique), soit une progression de 40% par rapport à 2013. Avec près de 11 millions de streamers (hors streaming vidéo), c’est 16% de la population française qui aurait déjà basculé.

S’il continue de progresser, le streaming est encore loin de pouvoir remettre à flot le marché de la musique enregistrée, qui a perdu 65% de sa valeur depuis 2002. POur Stepahan Le Tavernier, président du Snep, "il faut que les courbes s’inversent le plus rapidement possible, mais il est très difficile d’estimer si cela se fera dans 1, 2 ou 5 ans. Cela dépend de la vitesse d’éducation du public à ces nouveaux usages, mais aussi du comportement des nouveaux acteurs sur ce marché. L’arrivée d’Apple, dont on entend parler, peut être un élément de nature à améliorer la communication autour du streaming, et sa diffusion". Même son de cloche pour Pascal Nègre, qui s’affirme "très optimiste pour le moyen terme, très prudent sur le court terme".

La conférence de presse a aussi été l’occasion de revenir sur l’opposition avec l’Adami sur la répartition des revenus liés au numérique. Le Snep a ainsi proposé un détail de la répartition sur les 9,99 euros d’un abonnement mensuel à un service de streaming, en distinguant chiffre d’affaire et profit : 41% (soit 0,68 euros) pour les artistes interprètes, 37% pour les auteurs-compositeurs (soit 0,60 euros), 16% pour les producteurs (soit 0,26%) et 6% pour les plateformes (soit 0,1%).

Lutte contre le piratage et exposition dans les médias

Autre sujet abordé lors de la conférence, la lutte contre les usages illicites sur Internet. En cohérence avec l’évolution des usages, le Snep appelle désormais à s’intéresser à l’écosystème du piratage, en posant la question de la responsabilité des moteurs de recherche. Rappelant qu’en 2014, l’Ifpi a adressé 80 millions de notifications à Google, cela revient, pour Guillaume Le Blanc à "vider l’océan à la petite cuillère". Du côté des points positifs, le Snep s’est dit satisfait qu’aucune loi ne soit venue "détricoter ce qui a été fait en la matière", en évoquant le statu quo sur l’Hadopi et le mécanisme de réponse graduée.

Autre cheval de bataille du Snep, l’exposition de la musique dans les médias. Sur ce point, le syndicat appelle les chaînes musicales à respecter leurs engagements. Pour Bertrand Burgalat, vice-président, "il ne s’agit pas de dire aux médias ce qu’ils doivent diffuser. Il fat les mettre face à leurs obligations de respect des cahiers des charges".


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