Chiffres Snep : dans un marché qui rebondit, le streaming "aurait besoin de vitamines"

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Musique enregistrée

Le marché de la musique enregistrée a progresssé de 7,2% lors des 9 premiers mois de 2013. C’est ce qu’a annoncé le Snep lors de son point presse de jeudi dernier. L’occasion également d’aborder l’actualité du syndicat, et notamment le débat sur le partage de la valeur.

Chiffres Snep : dans un marché qui rebondit, le streaming "aurait besoin de (...)Le Syndicat national de l’édition phonographique faisait jeudi 14 un point sur les 3 premiers trimestres de l’année en cours. L’occasion de confirmer, dans les chiffres, le rebond déjà présent à la rentrée de septembre. Ainsi, au terme des 9 premiers mois de l’année, le marché français réalise un chiffre d’affaires de 316,9 millions d’euros, et progresse de 7,2%. Fait marquant, cette hausse concerne aussi bien les ventes physiques (+8,2%), que les ventes numériques (+4,9%). Cette progression succède à celle du 1er semestre (+6%), mais il s’agit seulement du deuxième trimestre positif depuis le début de l’année.

Le streaming, un avenir qui peut mieux faire

Les ventes numériques, en hausse de 4,9%, se maintiennent à hauteur de 30% des revenus de la musique enregistrée. Alors que le téléchargement est en léger recul (-3%), c’est bien le streaming qui boostent la croissance des ventes numériques, en progression de 13%. C’est d’ailleurs le téléchargement au titre (-6,6%) et plus fortement le téléchargement de vidéos musicales (-41,6%) qui subissent le plus fortement la concurrence des plateformes de streaming. Des chiffres qui vont dans le sens de l’hypothèse défendue la veille par l’Upfi, faisant du streaming un modèle de consommation de la musique appelé à devenir central. Guillaume Leblanc, secrétaire général du Snep, affirme ainsi : "le modèle iTunes, basé sur le download, est en train de se tasser, et va même probablement baisser."

Cependant, Stephane Le Tavernier, président du Snep, y est allé de sa critique vis à vis des offres de streaming : "le numérique aurait besoin de vitamines. Le potentiel de développement est important, mais il semble comme anémié en ce moment". En cause, le manque de communication sur les offres, encore peu connues du grand public pour le syndicat, et un taux de conversion encore faible. Pour pallier cela, le syndicat encourage les plateformes à travailler plus leurs offres de services, en développant un véritable marketing de l’abonnement, comme ont pu le faire par exemple, les opérateurs de téléphonie. Stéphane Le Tavernier poursuit : "communiquer sur la disponibilité de 20 millions de titres ne parle pas au grand public. Il faut créer le point d’entrée pour les plateformes, un équivalent du vendeur spécialisé et disponible du disquaire physique".

Le partage de la valeur

Autre sujet fort sur lequel le syndicat s’est exprimé, le débat actuel sur le partage de la valeur, lancé lors du Midem en janvier dernier par l’Adami. Pour le Snep, "les missions intervenues depuis se sont toutes basées sur des chiffres faux, ceux de l’Adami". Le syndicat a donc produit sa propre contre-expertise, confiée au cabinet Ernst&Young. 117 contrats des 3 majors ont ainsi été audités, uniquement sur la production locale, et sur une durée d’exploitation d’environ 27 mois. L’étude a été remise à la mission Phéline, qui planche actuellement sur le sujet, mais ne sera pas rendue publique. Raison invoquée : la confidentialité des informations contenues dans les contrats de travail. Seuls chiffres communiqués, le taux net de royautés, qui représente 14% du chiffre d’affaire net. Le taux net de royauté représente, après abattements, 13% sur le numérique, et 8% sur le physique, loin des 4% évoqués par l’Adami. Et tout en rappelant que "la production des nouveautés locales se fait à perte, les avances sont rarement recoupées" (Stéphane Le Tavernier).

Enfin, le syndicat en a profité pour rappeler ses deux autres axes prioritaires de travail, à savoir la lutte contre le piratage, et la place de la musique dans les médias. A ce sujet, la mission confiée à Jean-Marc Bordes devrait rendre ses conclusions lors du prochain Midem.


Lire le dossier de presse du marché de la musique enregistrée pour le 9 premiers mois 2013.



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