Chiffres Snep : Daft Punk et Stromae, locomotives d’un marché qui renoue avec la croissance

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Musique enregistrée

La conférence de presse de rentrée du Syndicat national de l’édition phonographique était placée sous le signe de l’optimisme, avec une progression du marché français de 6,1% sur le premier semestre 2013. Ventes numériques et physiques sont en hausse, grâce à des sorties très attendues. L’occasion aussi d’aborder l’actualité du syndicat : après Lescure, mission Phéline, étude sur la répartition de la valeur.

Chiffres Snep : Daft Punk et Stromae, locomotives d'un marché qui renoue avec (...)Après un premier trimestre 2013 en baisse de 6.7%, le marché s’est nettement redressé au cours du second trimestre avec une croissance de 22.7% (dont +25% pour le marché physique et +17.7% pour le marché numérique). C’est la bonne nouvelle annoncée par le Snep, le Syndicat national de l’édition phonographique, lors de sa conférence de presse de rentrée, ce mercredi 18 septembre.

Daft Punk et Stromae, locomotives du marché

Au 1er semestre 2013, avec un chiffre d’affaires de 217,8M€, le marché français est en progression de 6,1%. Cette hausse concerne à la fois les ventes physiques (+6,4%) et les ventes numériques (+5,5%). Le net redressement du marché au 2ème trimestre (+ 22.7%) compense largement la baisse observée au 1er trimestre (- 6.7%) et confirme le ralentissement de la chute du marché constaté depuis 2009. Les raisons de ce regain de vitalité, une hausse des ventes d’albums, physiques et numériques (+9%), et une hausse des revenus du streaming (+11%). ILlfaut dire que des sorties de poids, attendues depuis longtemps, sont venues booster le marché : nouvel album de Daft Punk, de Stromae, album des Enfoirés...Comme l’a rappelé Stéphan Le Tavernier, président du Snep, "des artistes comme Daft Punk ou Stromae sont des locomotives pour le marché. Daft Punk, c’est plus de 500 000 albums vendus, en physique et en digital".

Le numérique représente 1/3 du marché

Le numérique représente aujourd’hui 30% en valeur du marché de la musique enregistrée (18% au 1er semestre 2010). Un marché qui n’est plus ralenti par la chute des sonneries de téléphone (- 30,2 %), et marqué par une perte de 2 points pour le téléchargement (52% en 2013 contre 54% en 2012) au profit du streaming par abonnement (27% en 2013 contre 25% en 2012). Là aussi, Stéphan Le Tavernier insiste : "les sorties d’albums d’artistes majeurs stimulent aussi les abonnements aux offres de streaming". Offres qui séduisent de plus en plus de Français,. Plus d’1 million sont en effet abonnés.

Des revenus numériques encore trop faibles

Guillaume Le Blanc, délégué général du syndicat, a tenu à rappeler la concurrence déloyale du piratage, "en recrudescence ces derniers mois". En cause, le message politique brouillé sur le sujet : "le flou autour de l’avenir de l’Hadopi, les messages contradictoires sur le mécanisme de réponse graduée et les sanctions ont relâché la pression sur la lutte contre le piratage". Dans le même temps, les revenus issus du streaming sont inférieurs à ce qu’ils pourraient être. Ils représentent 40% des revenus numériques et 12% du marché total. Cependant, la concurrence accrue avec l’arrivée de nouveaux acteurs et nouvelles offres devrait, selon le syndicat, être un facteur de progression des revenus en ligne, au bénéfice aussi des consommateurs.

Après-Lescure, mission Phéline et place dans les médias

Sans surprise, le Snep a rappelé son attachement à la nécessité de pérenniser un mécanisme efficace de réponse graduée et une lutte contre la contrefaçon commerciale, quel que soit l’organisme porteur. Pour rappel, le transfert des compétences de la Hadopi vers le CSA est repoussé à 2015. De même, le report de la taxe sur les appareils connectés, préconisée par le rapport Lescure, n’est pas envisagé comme pénalisant, le Snep n’ayant "jamais trouvé ce mécanisme de taxe sur l’innovation et la consommation pérenne". En revanche, Guillaume Le Blanc souligne l’intérêt de se pencher sur une idée de taxe sur les recettes publicitaires des moteurs de recherche.

Pour ce qui est de la mission confiée à Christian Phéline, sur le partage de la valeur sur la musique en ligne, le syndicat annonce attendre sereinement son audition. Celle-ci doit, selon Guillaume Le Blanc, "faire la lumière sur les questions de rémunération et rétablir la vérité, en toute transparence". Pour contrer l’étude de l’Adami, à l’origine de la controverse ayant entraîné la mission Phéline, le Snep dévoilera début octobre les conclusions de l’audit confié au cabinet Ernst&Young sur le sujet. 117 contrats, uniquement de majors (alors qu’initialement, des contrats de labels indépendants devaient aussi être examinés) ont ainsi été épluchés. Il s’agit de tous les contrats francophones de 2011 avec prise en compte des revenus jusqu’à mars 2013.

Enfin, dernier dossier permanent pour le syndicat, la place de la musique dans les médias. En rappelant que la musique ne représente que 1% des prime time, avec une concentration extrême sur un très faible nombre de titres, le constat est amer. Cependant, "le Snep se réjouit de l’annonce prochaine par la ministre Aurélie Filippetti de la mise en place d’une mission dédiée".


Consulter

les chiffres du marché de la musique enregistrée du 1er semestre 2013



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