Centre national de la musique : c’est parti

Publié le lundi 11 avril 2011

Politique culturelle

(MàJ) Le projet de Centre national de la musique (CNM), évoqué par le ministre de la Culture et de la Communication en janvier, est entré dans sa phase conceptuelle. Une mission d’étude a été confiée à Marc Thonon, Daniel Colling, Alain Chamfort, Didier Selles et au député Franck Riester, pour un rendu de conclusion à la mi-juin.

L’idée d’un Centre national de la musique « sur le modèle du CNC » ne date pas d’aujourd’hui, mais les débats orchestrés ces dernières années (mission Zelnik, mission Hoog) en ont petit à petit fait un enjeu de filière. Les producteurs indépendants (UPFI) en ont notamment fait un cheval de bataille, tandis que le Snep évoquait récemment « l’étape majeure » que constituerait « la mise en place d’un fonds de soutien destiné à la filière musicale ».

Après que le site "Ecrans" de Libération ait donné de premières indications mercredi, un communiqué du ministère de la Culture et de la Communication en a apporté confirmation vendredi en évoquant "une réflexion portant sur la modernisation du cadre juridique du soutien à la filière musicale et des ressources que les acteurs du secteur tirent de leurs activités" et "la possibilité de créer un outil de soutien dédié à ce secteur".

Le calendrier de cette nouvelle mission semble très volontariste avec un objectif de remise du rapport « d’ici la mi-juin ». Se profile évidemment l’idée d’une taxation qui ne concernerait pas forcément que les FAI. C’est ce sur quoi vont plancher cinq rapporteurs : Marc Thonon, président de la SPPF, Daniel Colling, ancien président du CNV, Alain Chamfort, Didier Selles (conseiller-maître à la Cour des comptes) et Franck Riester, ancien rapporteur de la Loi Hadopi.

Au-delà de cet objectif d’abondement d’un système de financement, le rôle exact de ce CNM est encore loin d’être établi. La question de son articulation avec les dispositifs existants (FCM, CNV…) devrait nécessairement se poser. De même que ses ambitions d’intérêt général et de prise en considération des “chantiers collectifs” de la filière.

On se rappellera à ce sujet les conclusions, données en 2007, par la commission « avenir de la filière et numérique » du CSMA (Conseil supérieur des musiques actuelles) :
« Refusant de s’enfermer dans une logique de stagnation, l’analyse portée par la commission conclut au besoin de reconsidérer les contours de la filière et d’associer des nouveaux acteurs dans les processus de solidarisation (consommateurs, plateformes et opérateurs de diffusion numérique, entreprises de communication, etc.). Il apparaît nécessaire de définir un nouveau périmètre de filière et de faire en sorte qu’il soit impliqué sur le partage d’un intérêt général basé sur des enjeux artistiques, culturels et de diversité. […] Dans cette optique, les chantiers ne manquent pas. Certains sont déjà connus (export, hybridation des arts numériques, soutien aux productions “difficiles” et à la professionnalisation…), mais d’autres restent encore à envisager (veille technologique, mutualisation des prises de risques nécessaires à la mutation, formations aux nouveaux modèles d’exploitations et aux nouveaux métiers, financement de la R&D et des ressources sectorielles…).
Leur intégration dans un plan d’ensemble apparaît donc comme une piste incontournable pour la reconstruction de cette nouvelle filière et la préservation des enjeux et des savoir-faire culturels.
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