Calif/SDLC : les disquaires interpellent Aurélie Filippetti

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Dans une lettre ouverte, le Calif (Club action des labels indépendants français) et le SDLC (Syndicat des distributeurs de loisirs culturels) interpellent la ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti pour réclamer des mesures d’urgence pour la vente des supports physiques.


Calif/SDLC : les disquaires interpellent Aurélie Filippetti

Lettre ouverte à Madame Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture et de la Communication.

Paris, le 19 juin 2013

Madame La Ministre

Face à la crise du disque qui dure depuis près de dix ans entrainant avec elle la disparition d’une bonne moitié des acteurs de la filière musicale et dont les dernières conséquences amènent à la fermeture des magasins Virgin et une partie des magasins Harmonia mundi.

Face à un immobilisme, un manque de cohérence et d’unité de la filière musicale ceci malgré l’ampleur et l’ancienneté du phénomène.

Face à la disproportion gigantesque des aides à la production phonographique au regard des aides à la diffusion physique du disque.

Face à l’abandon du projet de Centre National de la Musique et à l’absence quasi totale de propositions du Rapport Lescure pour les commerces culturels.

Les disquaires indépendants, à travers le CALIF, s’associent aux disquaires des enseignes culturelles pour rappeler que la vente physique de musique enregistrée continue d’avoir un avenir, le succès du Disquaire Day est là pour en témoigner. Elle représente encore la grande majorité du chiffre d’affaires de la production phonographique et restera encore longtemps pour le moins complémentaire aux ventes numériques.

Nous affirmons donc que le réseau national des disquaires est indispensable :

Pour l’accès du public à la diversité musicale.

Pour la survie économique de la filière musicale.

Pour la diffusion de la création musicale indépendante et l’assurance d’une complémentarité réussie avec la diffusion numérique.

Pour l’animation commerciale des territoires.

En conséquence, le CALIF et le SDLC en appellent à vous, Madame la Ministre, pour la mise en place urgente de quatre mesures nécessaires à la préservation des disquaires de proximité.

Ces mesures sont les suivantes :

- Soutenir la diversité des stocks dans les magasins et leur maintien à moyen terme grâce à divers mécanismes d’aides dont un crédit d’impôt.
- Aider les performances d’artistes réalisées chez les disquaires en permettant aux disquaires d’être éligibles à une partie des aides issues de la copie privée qui aujourd’hui ne sont disponibles qu’aux seuls producteurs.
- Remettre en place le FISAC culturel abandonné par le précédent gouvernement en y élargissant son champ d’intervention.
- Encadrer les usages commerciaux en vigueur en prenant exemple sur les règles et les usages dans les autres industries culturelles pour redonner une cohérence au prix du disque qui à force de soldes à répétition est devenu incompréhensible pour le public.

Enfin nous tenons à rappeler, en cette période incertaine pour les finances publiques, que la vente physique de disques génère chaque année plus de cent million € de TVA pour l’état français à comparer avec l’absence de recette fiscale de la part des sites de ventes numériques internationaux.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, nous vous prions Madame la Ministre, d’accepter nos sincères salutations.

David Godevais, Directeur du CALIF
Jean-Luc Treutenaere. Président du SDLC

Le Club action des labels indépendants français - le CALIF - soutient les disquaires et commerces culturels indépendants. Il organise le Disquaire Day.

Le Syndicat des distributeurs de loisirs culturels – le SDLC - représente les grandes enseignes culturelles Chapitre, Cultura, Decitre, Furet du Nord, Virgin Megastore et Starter.



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